Tes 45 minutes de liberté

baby sleeping

Quand tu es revenue à la maison avec ton nouveau-né qui dormait paisiblement dans tes bras, tu étais fatiguée et en manque d’un bon bain chaud, mais c’était secondaire. Tu voulais t’assurer que bébé s’acclimate bien à sa nouvelle demeure, et comme tout le monde t’avait dit, tu pourrais profiter de ses nombreuses siestes pour te reposer toi aussi au cours des prochaines semaines. Après tout, un nourrisson, ça dort seize à vingt heures par jour, non ?

Bien sûr. Alors durant lesdites semaines, tu as fait coucou à Morphée aussi souvent que possible (c’est-à-dire pas autant que tu en avais besoin), mais somme toute, bébé et toi avez trouvé une belle cadence qui vous permettait de terminer vos journées tous les deux heureux et bien nourris.

Puis un jour, une marraine-la-bonne-fée est passée au-dessus de son berceau et il a commencé à faire ses nuits. Hourra ! Hourra ?

Fille, laisse-moi te parler du cycle du sommeil du nourrisson et te dire la vérité sur ce qui t’attend à partir de maintenant. Es-tu bien assise sur ta chaise ? Ok. Durant la journée, ton p’tit, il va te faire des siestes de quarante-cinq minutes. What ?? T’as bien compris. Quarante-cinq «micros» petites minutes consécutives. Probablement trois fois par jour, des fois quatre.

Mais attends avant de déclarer que t’auras pu de vie. Tes quarante-cinq minutes de liberté, tu vas quand même les apprécier !

D’abord, ton gros projet cette année, c’est la maternité. Alors oublie tout de suite les autres, ça va juste te décourager. C’est pas le temps de rénover ta maison, te lancer dans l’entretien d’un potager pour nourrir le quartier ou commencer tes études postdoctorales.

Trouve-toi des activités plus simples qui te feront apprécier tes moments solitaires. Un manucure/pédicure maison, par exemple. Ça se peut que tu aies besoin de deux-trois siestes pour le terminer, mais on s’en fout parce que ça te fait sentir belle même quand t’es habillée en mou. Tu veux repousser les limites de la zénitude ? Prends une longue douche et gâte-toi en t’exfoliant jusqu’aux orteils et en te lavant les cheveux. Je te le dis tout de suite, t’auras pas le temps de les sécher, mais au moins tu vas sentir bon et t’auras la peau douce. Tu peux tenter ta chance et vivre dangereusement en prenant un bain, mais je te le dis tout de suite, c’est souvent dans ces moments-là que la loi de maman Murphy fait de toi sa victime, en réveillant ton p’tit au moment où tu ouvres un roman et que tes fesses glissent dans l’eau…

Si tu es le moindrement créative, tu pourras utiliser ces trois quarts d’heure pour te découvrir de nouveaux talents, comme la peinture, le tricot ou le scrapbooking. Ben oui, c’est peut-être un peu quétaine comme suggestions, mais ça reste le fun pareil, surtout quand il fait gris dehors.

Une sieste te donnera aussi le temps de regarder un épisode de ta série préférée. Sans les pauses, ça te donne environ quarante-deux minutes de plaisir coupable. Il t’en restera donc trois (de préférence avant de t’installer confortablement) pour aller faire pipi, te faire un café ou te cuire un sac de pop-corn.

Si tu abuses un peu trop du pop-corn et que tu réussis à t’ouvrir une canne de motivation, tu trouveras peut-être le temps d’enfiler tes vieilles espadrilles et te (re)mettre en forme. T’iras pas courir le marathon, mais tu pourras faire quelques exercices dans ton sous-sol en te visualisant dans tes p’tits shorts d’été. Et si jamais tu as peur de manquer de temps durant la journée, tu peux t’entraîner en même temps que tu regardes ton émission. #MamanMultitâche

Bon, je m’excuse d’avance, mais je t’ai gardé le plus plate pour la fin. C’est fort possible (voire plutôt inévitable) que tu ‘’profiteras’’  d’une sieste de bébé pour effectuer quelques tâches ménagères, comme une brassée de lavage ou un frottage de plancher. C’est un mal nécessaire et même si c’est à refaire chaque semaine, tu apprécieras davantage  le moment où, assise dans ton divan, un café presque chaud à la main, le désordre de ta maison ne te regardera pas du coin de l’œil en souriant.

Et si, par le plus grand des hasards, ton enfant dort plus de quarante-cinq minutes d’affilée, ne saute pas de joie trop fort pour ne pas le réveiller et fais juste apprécier cette période de prolongation. Tu l’as bien méritée.

 

Mlle B.
MLLE B.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *