Parce que y’a pas juste ton poids, il y a aussi le sien

little girl looking at herself

La question ne se pose même pas. Il va de soi que un plus un, ça donne trois. Même chose pour ton poids, fille. Un bébé plus un bébé, sans perte de poids entre les deux, ça donne une bedaine, des vergetures, des pantalons trop petits, bref, une garde-rode à revoir au complet. Ça donne aussi un coup sur l’estime de soi.

La maudite image qu’on projette.

Quand tu y penses, le miroir peut facilement devenir ton ennemi. Une mèche de cheveux à replacer, un petit coup de peigne pour agrémenter ton visage et il peut te torturer l’esprit sur les rondeurs de tes joues, sur le petit coussin de ton ventre, sur l’étroitesse de ton jeans préféré qui veut te péter sur le dos.

C’est certain que l’hiver, tu peux camoufler ta petite bedaine sous ton manteau et quand tu vas te prélasser dans le sud, tu connais personne, alors au diable le maillot une pièce.

Au bureau, il y a tes collègues, celles qui sont bien roulées, qui ont eu quatre enfants et qui habillent du zéro. Pis y’a toi. Ben oui, toi. Toi qui as adopté le style noir. Celui qui permet de ne pas trop exhiber tes courbes. Tu mets des chandails mous, tu joues avec les symétries, avec les formes, pas trop de couleurs. Il ne faudrait pas trop te déballer, trop en montrer.

Un jour, drette comme ça, tu te rappelles que tu t’étais promis de ne jamais avoir ce poids-là. Celui que tu n’aimes pas voir sur ta balance. Ton chum, dans toute sa splendeur, te dit qu’il t’aime comme tu es, que t’es belle, mais y’a quand même cette pensée, ce besoin de perdre du poids qui vient te chercher chaque jour. Tu feuillettes les magazines dans l’espérance de dénicher une recette miracle, pas de régime particulier, ni de gaine étouffante, juste quelque chose qui te permettrait de maigrir. Parce que, disons-le, ton estime de madame traîne parfois à terre et tu veux pas juste être la maman de beaux enfants, mais tu veux être aussi une femme.

Puis, la vie te frappe en plein visage; tu regardes ta fille. Tu ne veux pas lui enseigner à se regarder continuellement dans le miroir, à se juger sur son apparence, son poids, son habillement. Tu veux lui montrer le meilleur en elle, tu veux que ce soit ce qu’elle voit au quotidien.

Et c’est là que tu te fais la promesse infinie de ne plus te porter de jugement, d’apprendre à t’accepter comme tu es et de ne pas fondre en larmes quand elle te dit en toute honnêteté que « tu es belle maman ».

Crédit : LVStock/Shutterstock.com
Isabelle Gagnon
ISABELLE GAGNON

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