Je n’ai pas su te protéger

mother protect daughter

Quand je t’ai tenue dans mes bras pour la première fois, ma chérie, je t’ai trouvée si petite, si fragile. Le cœur plein d’amour, investie de ma nouvelle mission de maman, je t’ai fait la promesse que je ne laisserais rien t’arriver. Que je te protégerais. De la douleur, de la peur, de la tristesse. De tout ce qui se mettrait sur la route de ton bonheur.

Ma fille, je dois te l’avouer, je n’ai pas tenu cette promesse. Je n’ai pas su te protéger.

Quand un vilain virus s’est attaqué à toi, alors que tu n’avais que deux mois. J’ai bien tout essayé, HydraSense, mouche-bébé, une tonne de câlins, Tempra. Mais je n’ai pas réussi à l’empêcher de s’attaquer à toi, pas plus que je n’ai été capable de te guérir, et tu as dû être hospitalisée. Une longue semaine, qui m’a parue une éternité.

Quand tu as perdu ta doudou préférée. Tu as pleuré toutes les larmes de ton corps; j’ai cherché et cherché encore, mais je ne l’ai pas retrouvée. Pendant plusieurs jours, tu n’arrivais plus à t’endormir. Je t’ai bien offert une nouvelle doudou qui lui ressemblait beaucoup, mais ça n’a servi qu’à raviver ta peine.

Quand tu es tombée au parc. Il était encore tôt cet avant-midi-là, et je n’ai pas vu que le module était encore couvert de rosée. Mon cœur s’est serré quand je t’ai vue perdre pied et débouler les marches. Ta lèvre fendue et la prune sur ton front me rappelaient sans cesse que je n’avais pu empêcher ta chute.

Quand tu es revenue de l’école, inconsolable, parce qu’une amie a ri de tes lunettes dans la cour de récré, devant toute ta classe. Je t’ai dit et répété que tu étais magnifique et que tu devais ignorer ces mots méchants, mais le mal était fait.

Ma petite princesse, ce que je réalise avec le recul, c’est que malgré les meilleures intentions du monde, cette promesse que je t’ai faite, elle est impossible à tenir. Je t’aime à l’infini, et je donnerais ma vie pour toi. Mais je ne peux pas te protéger de tout. Et tu sais quoi, j’ai appris à l’accepter. La douleur, la peur, la tristesse, ça fait partie de la vie. Ça nous aide à grandir, à devenir meilleurs. Ça fait de nous des êtres plus forts.

Aujourd’hui, j’aimerais te faire une nouvelle promesse. Je te promets d’être toujours à tes côtés. Pour te protéger, quand c’est possible. Pour écouter tes chagrins, petits et grands. Pour te conseiller, si tu en as besoin. Pour sécher tes pleurs, quand il n’aura que ça que je pourrai faire.

Je ne pourrai pas te protéger de ton premier deuil. De la peine que tu ressentiras quand un être cher nous quittera et de la douleur quand tu réaliseras que tu ne le reverras plus jamais. Mais, je te promets, tu pourras venir pleurer dans mes bras des heures durant, s’il le faut. Ensemble, nous trouverons de beaux souvenirs qui viendront combler le vide laissé par ce départ.

Je ne pourrai pas non plus te protéger de ta première peine d’amour. Quand tu penseras avoir trouvé le bon, le seul, l’unique. Et qu’au final, tu réaliseras que ce n’était pas lui. Je ne pourrai pas empêcher ton cœur de se briser en mille morceaux. Mais, je te promets, je t’aiderai à recoller les morceaux et guérir ton cœur afin qu’il puisse battre au rythme d’une toute nouvelle histoire d’amour.

Ma fille, je te promets, peu importe ce qui arrivera dans ta vie, que je serai toujours là pour toi.

Marie-Ève Piché
MARIE-ÈVE PICHÉ

4 thoughts on “Je n’ai pas su te protéger

  1. Karine Boileau Répondre

    Wow!!❤???

  2. Josyanne Répondre

    Bonjour j’aimerais savoir où je peux trouver le texte au sujet de la lettre du tuteur légal! Celle ou on comprend que la mère est décédée et qu’elle déteste la personne qui s’occupera de s’occuper de ses enfants !

    Je ne la trouve nul part

  3. Lamj Répondre

    Wow.. Effectivement. On veut toujours le meilleur pour nos enfants… et on ne contôle pas toujours ce qui leurs arrivent.. Mais d’un autre côté, je crois qu’ils doivent apprendre de leur erreures comme de leurs mauvais coups.. lol

    Mais oui, je serais toujours là pour eux.. Comme mes parents ont toujours été là pour moi et là, c’est le retour du balancier.. C’est nous, les trois filles que mes parents ont eu qui s’occupont d’eux.. et j’en suis très contente… À chacun son tour de prendre soins des autres… Je prends donc soins de mes parents avec mes deux soeurs et prends soins de mes trois enfants et de mon mari.. comme lui le fait envers nous..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *