Le revanche de papa : la Saint-Valentin

couple man with flowers

Enfin la Saint-Valentin! Cette soirée où les esseulées désespérées deviennent prêtes à toutes les bassesses possibles afin d’avoir de la compagnie. Leurs critères de sélection chutent si drastiquement que les portes fermées ainsi que les cuisses réticentes s’ouvrent aisément, même pour les Indignes Alpha comme moi.

Il y a cette fille que j’ai rencontrée sur Tinder. Après m’être assuré qu’elle était sans enfants (les vergetures désenchantent ma verge dure), j’ai poussé la discussion un peu plus. J’ai dû me faire insistant mais elle a fini par m’envoyer des photos en privé d’elle en petite tenue. Elle ne comprenait pas qu’en 2017, la séduction fonctionne ainsi. À quoi bon rencontrer une femme si on ne sait pas d’avance à quoi elle ressemble toute nue!?

Par chance, c’était jour de paye hier. Je peux donc l’emmener dans un bon restaurant et payer comptant en évitant le stress de me demander si mes cartes de crédit passeront lors du fatidique moment. J’hésite entre chocolats ou fleurs mais, gentleman dans l’âme, je décide de ne pas être complice de l’éventuel élargissement de son postérieur donc j’opte pour les fleurs. Il faut penser à son prochain qui, un jour, utilisera la marchandise après notre passage sur celle-ci. Elle me remercie de cette délicate attention en déposant ses lèvres charnues sur ma joue.

Arrivés au restaurant, de longues chandelles presque toutes allumées trônent au centre de la table et nous attendent fièrement. Tel un Wayne Gretzky de l’amour, je marque des points tôt dans la rencontre. Je lui suggère de prendre ce qu’elle veut au menu en autant que ce ne soit pas du filet mignon et des fruits de mer. Comme le vin que je m’enfile pratiquement seul, la discussion coule à flots sauf qu’elle parle beaucoup de l’inégalité des sexes dans la société, des rares femmes gravitant aux positions de cadres, de la femme souvent vendue pour ses formes plutôt que sa matière grise et de toutes ces sottises dont nous n’avons rien à faire. Je fais semblant de l’écouter et, alors que mon regard s’égare dans son décolleté, il me vient une grande idée. Au nom du féminisme, lorsque vient le temps de régler la note, je lui fais croire que j’ai oublié mon portefeuille, l’obligeant donc à payer la salée facture. Celle-ci se sent assurément valorisée voyant que je prône l’équité librement. Même si elle me le démontre timidement, je crois qu’elle apprécie beaucoup le fait que je la traite comme mon égal et que je lui donne la chance d’affirmer la femme moderne qu’elle est.

Nous nous dirigeons chez elle car je veux pouvoir quitter quand je le veux et, ayant placé stratégiquement mes pions sur l’échiquier de la sexualité, il ne me reste qu’à coucher la reine. Même si elle a peu bu, elle est quelque peu enivrée et elle ne résiste pas à mes avances. Je l’embrasse un peu mais je passe rapidement aux préliminaires car nous ne sommes pas dans The Notebook. J’accède à son unique zone érogène et je lui offre mon fameux tourbillon lingual digne des grands balais canayens. La renommée de ma grande habileté me précède et son haletante respiration témoigne du grand bien que je lui procure. Après sûrement quatre ou cinq orgasmes offerts, je me dis que c’est assez et je remonte en lui disant que c’est mon tour. Je dois avouer qu’elle sait y faire et, tout en lui promettant une deuxième ronde qui n’aura jamais lieu, j’explose et j’expulse aux tréfonds de son œsophage. Je ne l’ai pas prévenue de ce hâtif dépôt mais toutes les femmes modernes aiment cette pratique de nos jours. J’aimerais bien m’en aller chez moi mais je lis dans ses yeux que ma présence la rend bien suite à cette soirée mémorable. Je dépose donc ma tête sur l’oreiller et deux minutes plus tard, je rejoins Morphée, la berçant de mes ronflements inégaux et décuplés par la boisson.

Une semaine passe et, n’ayant pas de retour à mes appels téléphoniques, je comprends que Koofido lui a probablement coupé la ligne faute de paiement; une semaine passe et, ne la trouvant plus sur Facebook, je conclus que Mark Zuckerberg l’a possiblement bannie à vie pour les indécentes photos qu’elle m’avait préalablement envoyées; une semaine passe et, me butant constamment à une porte fermée lorsque je cogne à sa demeure en passant par hasard dans son quartier, je déduis qu’elle a fui le pays de peur que Donald Trump influence la condition de la femme jusqu’ici et la rabaisse à l’état de ce qu’elle fut jadis.

Je la plains mais je me console en me disant qu’il ne reste que 358 jours avant la Saint-Valentin.

Michael Melvin
MICHAEL MELVIN

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