À toi, qui as fait appel à la DPJ

mother crying with daughter

Être parent ne s’apprend pas dans les livres. Être parent, c’est apprendre sur le tas, par essais et erreurs. Des fois, on reprend avec le deuxième les ratés du premier et parfois, ce qui a fonctionné avec les deux plus vieux s’avère un fiasco total avec le troisième, sixième ou dixième. C’est normal; tous les enfants sont différents.

Être un bon parent, c’est un grand défi. Parce qu’on n’a jamais le contrôle sur absolument tout et parce que la vie est parsemée d’embûches, il arrive parfois que même le meilleur des parents frappe son mur.

Être un bon parent pour son enfant, c’est savoir quand on est à bout, quand on a touché le fond. Ça arrive qu’on essaye tant bien que mal de remonter à la surface, mais que tous les cailloux accumulés dans nos poches nous fassent couler, même si on se débat vivement pour vivre. Ou juste survivre.

Quand les parents arrivent au bout du rouleau, plusieurs sont gênés de le dire. Peut-être parce que c’est tabou d’admettre qu’on n’y arrive pas dans une tâche qui semble si naturelle pour les autres. Peut-être aussi que dans une société où la performance et les apparences sont si importantes, s’avouer dépassés est mal vu. Les parents, mères et pères, ont bien souvent honte d’appeler à l’aide. Et ceux qui le font se font parfois juger. Parce que demander de l’aide à la DPJ parce que tu te sens tellement au bord du gouffre, que tu as peur pour ta sécurité et pour celle de tes enfants, ça fait sensationnaliste. Parce qu’on dirait que DPJ rime automatiquement avec grossière incompétence parentale. Parce que quand l’État doit intervenir dans ta famille pour t’aider à passer au travers de la tempête, toi pis ta gang qui êtes dans une chaloupe qui menace de fendre, ça fait drôle.

Laisse-moi te dire que toi, le parent qui a su demander de l’aide en frappant aux portes des ressources qui t’entourent, tu es un bon parent. Toi, la maman complètement dépassée par le manque total de sommeil qui te suit depuis deux ans et qui t’a fait perdre ton équilibre mental, je veux te dire que tu es tellement forte d’admettre que tu n’en peux plus. Toi, le papa qui a les poings serrés après quatre heures de pleurs incessants et qui ne se sent jamais bien loin de secouer son bébé, je veux te dire que tu es renversant dans ta sagesse et ta prise de conscience.

Tu sais, tout ce qui sort dans les médias concernant la Direction de la Protection de la Jeunesse n’est jamais rose. Peut-être que c’est parce qu’on aime tant le sensationnalisme qu’on ne fait que raconter que les histoires épouvantables du laisser-aller dans certains dossiers? Je crois que c’est surtout parce que les histoires qui finissent bien appartiennent à des gens qui ont vécu une époque malheureuse et qui choisissent d’avancer vers l’avenir d’un pas déterminé, chanceux qu’ils sont d’avoir eu un cheminement plus heureux que ce qui s’écrivait auparavant dans le livre de leur vie. Parce qu’avec l’énorme quantité de dossiers ouverts à la DPJ, une minorité se trouve médiatisés.

Au travers de tous ces dossiers se trouvent aussi ceux d’excellents parents un peu déboussolés, en quête de conseils et de trucs pour être encore meilleurs avec leurs enfants. Ils désirent être aiguillés, certains manquant de ressources, d’autres tout simplement dépassés par la vie.

À toi, le parent qui a fait appel à la DPJ pour le bien-être de ta famille, peu importe la raison, je te trouve courageux et intelligent. Ne mets pas en doute tes compétences parentales. Ça prend quelqu’un de sensé pour reconnaître ses limites. Ça prend quelqu’un d’humble pour recourir à l’aide mise à sa disposition. Et ça prend surtout un parent vraiment aimant pour vouloir à tout prix donner le meilleur à ses enfants.

Catherine I.
CATHERINE I.

5 thoughts on “À toi, qui as fait appel à la DPJ

  1. Manon Répondre

    merci !!!!

  2. catherine M Répondre

    Merci beaucoup ce texte fait énormément de bien 🙂

  3. Val Répondre

    Merci
    Ce message a le don d’arriver au bon moment dans une vie familiale difficile

  4. Julie Répondre

    J’ aurais aimé lire ce texte au mois d’ octobre car j’ai fais appel à la dpj car j’ étais dépassé par les événements et je me suis senti tellement démunie…déchiré…incompétente…car j’ aurais aimé traverser cette épreuve seule mais j’ en étais incapable. Tout le monde autour de moi réussissent bien avec leur enfant alors que moi depuis qu’ il est petit je vais chercher de l’ aide et au moment de l’ adolescence où tout semblait bien aller, bang! Après trois mois, nous sommes en mesure de dire que ce fut la meilleure chose à faire car notre fils de 15 ans à fait un énorme progrès et si nous n’ avions pas crié à l’ aide à ce moment, je n’ ose même pas penser à ce qui serait arrivé.

  5. Mel Répondre

    Fiston de 8 ans est violent, impoli, explosif… Il règne à la maison. Comme je suis monoparentale, je trouve difficile d’y faire face seule.
    Ailleurs ça va, à l’école, chez papa un weekend sur 2…
    Mais avec moi… OUF…
    Arriver à en avoir peur de son fils de 8 ans, c’est gênant…
    Rentrer travailler avec des bleus, et en pleurant, c’est déchirant…

    Lire ce texte ce matin me rapproche un tout petit peu du pas que je pense devoir faire.
    Après 2 suivis avec une travailleuse sociale, 1 suivi avec un psychologue qui a trouvé une piste de diagnostique (trouble intermittent explosif…)… et une situation qui ne fait qu’empirer malgré tous les efforts possibles… Je pense que je vais devoir me rendre à l’évidence 🙁

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