À la femme normale avec un poids santé standard

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D’aussi loin que tu te souviennes, tes cuisses, ton ventre, tes fesses, tes bras et même tes mollets ne font pas ton affaire. Tu jouais encore à la poupée quand tu as commencé à te trouver grosse. Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé, ton poids est dans la norme ou peut-être un tout petit peu plus, mais rien d’alarmant.

Malgré cela, tu passes plusieurs minutes/heures par jour à te critiquer. Je t’entends te traiter de grosse vache lorsque tu passes devant un miroir. Au lieu de te regarder en un tout, un corps entier avec des bras, des jambes et un tronc, tu te concentres sur une ou deux parties de ton anatomie. Tu es obsédée par ta culotte de cheval ou ton bourrelet dans le dos.

Montignac, 21 Day Fix, Weightwatchers, Minçavi, régime protéiné, diète faible en glucides, jeûne, bref, tu les as tous essayés. Certains ont duré quatre minutes, d’autres presqu’une année. Il y a même eu des périodes où tu broutais juste de la salade pour dîner. Tu pouvais bien avoir des étourdissements et des nausées lorsque quinze heures sonnait. Des résultats? Tu as bien réussi à chaque fois à faire baisser le chiffre sur la balance d’une dizaine de livres mais à quel prix ?

Tu n’es même pas en surpoids, mais tu agis comme si on allait te brocher l’estomac demain matin.

Soyons mélodramatique. Lorsque tu es au régime, la vie perd son sens. Je te vois, la veille de la diète (cette date ultime), t’empiffrer de tout ce qui commence par choco et se termine par frit. S’ensuivent maux de têtes, hypoglycémie, tournis, faiblesses et je te parle seulement de ce que le corps ressent. Tu perds toute envie de socialiser et tout devient sans intérêt et noir. Tu te fais du mal pour quelques kilos. Pourquoi? Pour ce corps de rêve. Celui que tu souhaites avoir depuis que tu as douze ans avec ces jambes effilées, cette taille de guêpe et ce cul juste bien bombé.

Pour rendre la chose encore plus difficile, tu passes tellement d’heures à planifier et organiser ton panier d’épicerie. Tu regardes des émissions culinaires et feuillettes des livres de recettes, tu fais des listes d’épicerie, tu vas au marché deux à trois fois par semaine, tu cuisines et enfin tu manges trois repas par jour. La bouffe est omniprésente. Alors, si tu as juste quatre carottes à te mettre sous la dent, évidemment que ta vie semble vite vide de sens. Le comble du malheur, c’est qu’on proscrit l’alcool dans tous les régimes. Il ne pourrait pas y avoir une diète à base de vino un peu comme chez nos cousins, les français ?

Blague à part, pendant que tu es obsédée par la bouffe et ton apparence, ton esprit ne fait rien de créatif ou de très constructif. Quand ça ne se transforme pas en troubles alimentaires.

Mais il y a espoir.

Depuis que tu joues ton rôle de mère, je te vois faire plus attention. Tu manges maintenant trois repas par jour et tu prends même une petite collation de temps à autre avec ta marmaille. Tu cuisines des repas équilibrés et succulents pour tes enfants et tu en profites. Je te vois saliver autour de la table le dimanche soir. Est-ce la bonne bouffe qui a cet effet ou tout simplement le fait de partager un repas avec tes êtres chers?

Une chose est certaine, ton rapport avec la nourriture s’améliore ainsi que celui que tu entretiens avec ton corps. Tu es maintenant plus connectée avec les choses qui comptent vraiment. Disons que tes priorités ont changé et que yes , petits kilos en trop – et ça c’est toi qui le penses – empoisonnent de moins en moins tes pensées.

À mes sœurs, amies, collègues, je dis vive le muffin top, les fesses un peu rondes et les bras qui ballottent.

Prenons donc exemple sur ces belles femmes enrobées des tableaux du XIXe siècle, symbole de fertilité et de santé.

Cheers !

Pis si t’as le goût de dire haut et fort que t’as l’intention d’accepter ton corps pour de bon, viens signer la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée ici !

Roselle Simard
ROSELLE SIMARD

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