À toi, la pionnière qui a fondé sa famille loin des siens

baby woman legs and suitcase

Tu as choisi de fonder ta famille éloignée de ta propre famille. Volontairement ou non, consciemment ou pas, physiquement ou émotionnellement, il y a 550 km voire 2000 km qui te séparent de tes parents, de ta famille, de tes racines. C’est la job, ton conjoint, le besoin d’aller voir ailleurs si tu y étais qui t’a fait atterrir ici. Tu le savais quand tu es débarquée avec ton quatre et demi dans le trailer ou ton pack sac sur l’épaule. Tu savais que tu serais seule avec ton chum pis un jour, peut-être, avec une ribambelle d’enfants autour. Tu savais que tu faisais bande à part et c’était ben correct de même. Tu sautais sans filet dans la vie, dans le vide.

Ça fait que te voilà, une douzaine d’années plus tard, avec ton troupeau ta ribambelle de petites créatures gluantes et bruyantes adorables qui courent autour, comme prévu.

Le jour où l’absence de ta famille t’a rentré dedans comme un enfant entre les pieds mouillés pleins de gazon sur ton plancher fraîchement propre, tu n’as d’abord rien compris à ce qui te gossait autant.

Pourtant, c’est venu te chercher quand ta collègue s’est plainte de ne pas avoir pu aller voir le dernier film au cinéma parce que ses beaux-parents sont en voyage. Toi, le dernier film que tu as vu au cinéma, c’est Histoire de jouets 3 avec ta marmaille pis ton chum.

Ça a aussi donné un grand coup quand tu as téléphoné à ta chum de fille un samedi après-midi et qu’elle t’a avoué être encore en pyjama, à bruncher avec son homme pendant que sa mère gardait les marmots pour le week-end. Toi, ton brunch du samedi, c’est un spécial crêpes pour tous (aussi bon que collant pour ton plancher) pis si t’es chanceuse, tu auras droit à une crêpe tiède, un verre de lait presque froid ou un café pas glacé quand tout le monde aura quitté la table.

Et là, je ne te parle pas de ta sœur et de ton frère qui débarquent chez les parents un vendredi soir ben crevés et qui ramassent Trésor dimanche après-midi. Parce que ça, c’est de la jalousie il paraît, pis la jalousie entre frères et sœurs, c’est pas beau, tu le répètes toi-même à tes rejetons à cœur de journée.

Toi, dans ta bulle de vivre loin de tes géniteurs, dans ton choix d’être partie, tu payes pour ta liberté.

Mais rappelle-toi que tout le monde fait des choix et que personne n’a une vie parfaite.

Ça fait que, lâche pas ma belle pionnière, l’aventure tu voulais, l’aventure tu as.

La p'tite mère
LA P’TITE MÈRE

10 thoughts on “À toi, la pionnière qui a fondé sa famille loin des siens

  1. Christine Répondre

    Avec le temps, j’envie surtout la chance de mes neveux et nièces de pouvoir profiter de la présence de grand-maman et grand-papa quasi quotidiennement alors que mes enfants ne les voient que 4-5 fois par année…

  2. Lou gilbert Répondre

    MAis chère toi, si tu n’étais dans nos vies, que ferions-nous? Tu as une capacité d’écoute, tu sais nous conseiller, tout cela en douceur… et quand c’est l’heure de notre super bon moment avec toi, nous volons. Je sais que tu n’as pas de famille ici, mais j’ai vécu aussi cette situation….. les gens d’ici savent nous accueillir , nous sommes venus enrichir cette région de ce que nous sommes et eux en retour font progresser…. Bien des fois , lors d’un rendez-vous, j’ai voulu de demander que je sois votre grand-mère , votre gardienne,….. enfin l’offre est là…. Merci d’être dans ma vie. Lou Xoxoxoxox

  3. DJ Répondre

    Ouf! Ton texte vient de me résonner dans le corps bord en bord. Merci pour ce moment d’émotions, (saveur aigre-douce…;-)

  4. Marie Répondre

    Ayoyeu…c’est moi ça! 😉

  5. Nancy Répondre

    Je nous retrouve dans ce texte. J’envie mes amis et mes collègues qui sont proches de leurs parents. Moi, c’est lors des fêtes comme celle des pères ou celle des mères où je nous trouve tellement loin.

  6. Lèna Répondre

    1 continent ou un océan entre la famille…y’a bien près de 9000km, je vois trop bien ce que tu veux dire sur le ciné et autre ! Bon pas jalouse de mon frère, il est àa 2 heures d’avion de ma mère quand même ( moi à 11h d’avion d’elle), et pour mon père, il est 12/15h de vol pour moi et quasi autant pour mon frère..
    On a le chic !

  7. Audrey Nouméa Répondre

    Je lâche pas merci! Mais nouvelle maman depuis 6 mois, à 22 000 km de mes parents, mon frère. ..1 fois tous les 2 ou 3 ans…c’est dur, et ça me tombe dessus…il y a l âge aussi, le besoin de ses racines…mais mon homme est d’ici lui…et sa famille ma nouvelle famille…plein de force à nous les guerieres de lumière!

  8. Gen Répondre

    Ah ah un film au cinéma …. Ça me préoccupe moins que les nombreux virus qui nous attaquent de semaines en semaines. Et que dire du manque d’une épaule chaleureuse ou chaude d’une maman ! Je vis a 400 km de mes parents ! J’ai deux enfants et je suis monoparentale ! Je tente de relever le défi mais ce n’est pas toujours évident !cette semaine j’ai vécu une situation difficile au travail pendant que mon fils était limité fiévreux et que ma fille avait des maux de coeur ! Disons j’aurais vraiment aimé avoir ma mère a mes côtés !

  9. Séverine Répondre

    Que ma ch’tite soeur poste cette lettre….et elle dit ce que je peux ressentir, des fois… mais pas de là à être jalouse de ceux qui Ont choisi de rester auorès des leurs. Je sais que j’aimerais être tout prêt d’elle en ce moment parce qu’elle en a besoi. Si forte et incroyable qu’elle est, La’ route est parsemé d’embûches et de doute sur qui peuvent faire perdre Les pedales.

  10. Charly Répondre

    Je me reconnais beaucoup dans ce texte. Oui j’ai fait le choix de suivre mon conjoint, nous avons un enfant ensemble. Mais tant qu’on ne le vit pas, on ne l’anticipe pas…
    Ce manque des parents et beaux-parents pour nous “soulager” un soir ou un week-end. Pouvoir s’offrir une soirée en amoureux, un week-end, se reposer, ne rien faire, ou au contraire faire les tâches et travaux qu’on ne peut pas faire en temps normal. Ou encore quand il est malade, nous devons prendre congé du travail pour rester avec lui tandis que d’autres laissent l’enfant chez grand-père/grand-mère.
    Certes nous avons des amis qui peuvent garder notre fils mais on est moins à l’aise à l’idée de demander de l’aide aux amis qu’à ses propres parents. Ce qui me peine aussi c’est de ne pas pouvoir passer les fêtes d’anniversaire et de Noël avec eux, et l’idée que notre fils ne puisse pas voir ses grands-parents autant que s’il vivait proche d’eux. Il les voit 1-2 semaines tous les 1 ou 2 ans. 
    Mais c’est le choix que nous avons fait, il faut jongler avec, et l’assumer… On arrive toujours à se débrouiller mais c’est sûr qu’on a toujours ce pincement au cœur en se disant que ce serait tellement plus simple avec eux à nos côtés…

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