4 bogues des espaces de stationnement pour jeunes familles

woman angry drive car

Un beau jour, Dieu créa Ève, puis Adam (dans cet ordre, c’est certain). Un autre beau jour, pour une raison obscure, Adam a eu le goût de manger une pomme. On présume qu’il avait faim ou qu’il s’embêtait à force d’écouter Ève radoter ses sornettes. Quoi qu’il en soit, un bébé naquit neuf mois plus tard. Et un pis deux autres suivirent. Les allées et venues devinrent un tantinet plus compliquées par la suite. Puis, plusieurs siècles plus tard, Kekkun Kekkpart eut l’idée fabuleuse de créer les espaces de stationnement pour jeunes familles. Et le bordel fut.

Dans un monde parfait utopique plein de gens civilisés et courtois, une telle invention aurait eu des répercussions on ne peut plus positives. Mais malheureusement, ce monde-là n’existe pas. Même pas au vingt-et-unième siècle. Et en tant que mère-de-jeune-famille qui cadre parfaitement dans le créneau visé par lesdits espaces de stationnement révolutionnaires, tu te réjouis probablement de ce privilège qui s’offre dorénavant à toi et à ta progéniture.

Je suis désolée d’être celle qui pétera ta bulle en t’énumérant quelques bogues avec ce système de privilèges à deux faces.

#1  La notion de “jeune” 

Tout d’abord, il faut savoir que plusieurs personnes se considèrent «jeunes» très longtemps. Ce terme quelque peu vague peut même inclure à l’occasion des espèces méconnues et douteuses telles le Papi-à-la-pipe-à-la-bouche qui attend Mamie-frêle, l’ado-branché-aux-bras-trop-longs ou bien encore la madame-fringuée-au-look-branché. Faut pas leur en vouloir, le terme « jeune » peut porter à confusion, pis c’est beau d’être jeune dans son coeur, t’sais.

#2  La notion de “famille”

Il y a aussi le terme « famille » qui n’est pas nécessairement bien défini. Ça prend combien d’humains pour constituer une famille? La madame qui sort de sa BM avec son chihuahua dans sa sacoche, est-ce que ça compte ?  En tout cas, il est petit-petit. Et le papa top-shape avec un ti-gars semi-imberbe qui va faire une commission du genre urgente, lui ? T’sais, c’est tout de même sa seule sortie « familiale » du mois, c’est à prendre en considération, non?

#3  La largeur dudit espace

Kekkun Kekkpart a bien pensé à son affaire quand il a créé les espaces de stationnement pour jeunes familles. En prenant soin, par exemple, d’augmenter la largeur requise entre les lignes pour permettre à maman-ourse-pas-contente d’extirper son seize-mois-pogné-dans-sa-suit-ou-sa-coquille (ou les deux) sans poquer le véhicule voisin. (Alléluia!) Par contre, après un dur hiver québécois, quand lesdites lignes sont repeintes, l’employé délégué au pinceau ne reçoit pas toujours les informations dimensionnelles relatives à ces espaces dorés et prisés. Fait que comme un chandail 100% coton mis dans la sécheuse à high, l’espace rétrécit pas pour rire.

#4  La proximité de la porte

L’aspect proximité-de-la-porte-d’entrée rend les spots-familles aussi alléchants qu’un six-pack de pompier huilé, faut se le dire. Être enceinte, ce n’est pas une maladie. Mais une méga-bedaine qui écrase les sacro-iliaques, un terrible-two en crise de bacon et un fucking-four bocké comme dix (ou la combinaison de tous ces éléments) sont quelques-unes des raisons à la base de la création des aires de parking familiales. Fait à souligner, les stickers de cinq marmots collés sur le pare-brise ne justifient pas à eux seuls l’utilisation d’un espace privilège. Lesdits marmots doivent être présents dans ladite voiture au moment de l’accaparement dudit espace de stationnement.

Alors, quand tu auras la chance d’apercevoir un espace « jeune famille » sur le point de se libérer, tu as le droit de jubiler, de taper des mains intérieurement, de da-da-da-danser dans ta tête ou de chanter We are the Champions debout sur ton hood, selon ton humeur du moment.

Mais, de grâce, prends ton mal en patience si tu vois ta consoeur prendre 2-3-4-5 minutes pour changer la couche explosive imprévue de son ptit d’un an ou se contorsionner pour attacher son milieu – avant de quitter son spot jaune. Si tu es vraiment pressée, dirige-toi plutôt vers un espace conçu pour le commun des mortels à l’autre bout du stationnement.

Ton prix de consolation : tu seras juste à côté du rack à paniers.

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

3 thoughts on “4 bogues des espaces de stationnement pour jeunes familles

  1. Imelda Répondre

    Loooool. C tellement vrai. Ca me frustre à chaque fois car on croirait que les gens ne savent pas lire. Anyway si un homme bien poetant se gare sur une place pour handicapé pourquoi se gènerait-il sur une place de jeune famille???? Merci d’avoir mis des mots dessus ?

  2. MamanSimplifiée Répondre

    Je suis tellement d’accord.

    Je trouve que c’est aussi une question de sécurité … quand t’as une grossesse a risque, faire quelques mètres, dixaines de moins sur la glace ça peut éviter une chute.

    La même distance, avec un marmot qui n’est pas vu par les voitures peu éviter qu’il se fasse reculer dessus.

    Je comprendrai jamais comment le monde peuvent prendre ces places quand elles ne sont pas pour elles. On dirait en plus qu’ils le font, comme si c’était une protestation. Watch out quand tu leurs dit … c’est clairement TOI qui est dans le tord!

  3. Annie Legault Répondre

    Hahaha.. moi je ne me gêne pas pour passer des commentaires aux idiots genre: “C’est pour quand? ” quand un monsieur arrive ou part de son auto, seul dans un espace réservé. ..ou encore de dire à une femme :” avouez que c’est pratique quand on a des enfants….ahhh vous ne le sauriez pas, vous en avez pas!!!!”

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