Pourquoi j’ai dit non à ton invitation du temps des fêtes

woman upset xmas gifts

J’ai senti ta déception quand je t’ai dit non. J’imagine que tu ne comprends pas pourquoi je refuse ton invitation. T’aurais donc aimé ça voir mes petits-qui-doivent-avoir-tellement-grandi. T’aurais donc aimé ça qu’on se jase en personne, qu’on prenne des nouvelles autrement que via nos statuts Facebook pis par téléphone. Moi aussi j’aurais aimé ça, malgré ce que tu crois.

Fait que pour que tu comprennes ma position, permets-moi de te dresser un petit portrait de ma situation entre le 24 décembre et le 2 janvier.

D’abord, le nerf de la guerre, c’est le nombre d’invitations. La famille de mon bord, la famille du bord de mon chum. Additionne à ça la famille élargie de tout ce beau monde. T’sais les oncles/tantes/cousins/cousines du bord de mon père, de ma mère, du bord de… bon je pense que tu comprends le concept. Ajoute mes amis, pis multiplie par deux, pour ceux de mon chum.

Ensuite, parlons du temps dont je dispose. Compte le deux heures de route qu’il faut que je me tape pour aller voir mon monde. Ajoute au moins le même temps pour préparer le minimum requis pour survivre loin de la maison avec des petits. Pis vu que c’est l’hiver pis que c’est Noël, ajoute au kit de survie la poche de cadeaux, les habits de neige pis la moitié de la pharmacie, parce que tu le sais peut-être pas, mais les microbes attendent qu’on soit en visite pour attaquer les enfants. Pis soustrais à ça les journées où je dois aller travailler, parce que deux semaines de congés payés à Noël, c’est pas un droit acquis de la maternité.

Finalement, y’a aussi l’énergie que ça me prend. Enlève au moins trois heures de sommeil par nuit loin de mon nid. Parce que quand ma gang pis moi on dort cordés dans un sous-sol, qu’on se couche ben tard pis qu’on se réveille à l’unisson à 5h30, grâce à petit-dernier qui veut jouer avec ses nouvelles bébelles, le sommeil devient plus-que-déficient. Rajoute à ça la gestion nocturne de la fièvre de petit-deuxième qui s’est fait attaquer par un microbe (ah ben!) au moment où il a mis les pieds dans la maison de tonton. Pis à l’énergie qui me reste, soustrais mon mal de bloc de lendemain de veille, pis la fatigue que j’accumule depuis la fin de mes vacances d’été. Ou depuis le début de ma maternité? Je sais plus trop pour ça, mais anyway, retiens que je suis ben fatiguée.

Bon, tu vois un peu le portrait? Si je contrôle pas les invitations, ça devient com-plè-te-ment fou pis je me repose pas pan-tou-te pendant les fêtes. Je deviens même ben impatiente avec mes petits pis mon chum, pour cause de tout ce dont je viens de te parler. Pis j’aime pas ça. Je suis pas mal impatiente à longueur d’année, ça fait que j’ai envie de prendre un break de moi pendant les congés.

J’ai envie de retrouver mon clan, de jouer avec eux dans la neige pis de rentrer me coller en buvant un chocolat-chaud-extra-guimauve-café-Baileys-pour-les-parents devant Ciné-Cadeau. C’est ça, pour moi, la magie des fêtes. Sauf que justement, je ne fais pas de magie. J’ai ben essayé les autres années, mais Luc Langevin n’a pas besoin d’aller se rhabiller, j’ai échoué.

Fait que si je veux pouvoir faire ça, il faut que je refuse des invitations, des fois. Pis cette année, c’est tombé sur toi. C’est juste ça. C’est rien contre toi. C’est plus pour moi. J’essaye de penser un peu à moi pis à mes petits. C’est pas que je veux pas te voir, c’est que je veux voir mes enfants avant.

Je me sens coupable de t’avoir dit non, mais je reste sur ma position.

Merci de ta compréhension.

Meliane
MELIANE
Crédit : wavebreakmediamicro / 123RF Stock Photo

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