La malternité

unhappy mother dressed for work holding baby in bedroom

Je suis en mal de maternité. J’aime mes enfants plus que tout au monde. Ce n’est pas là que je veux en venir, ça n’a rien à voir avec l’amour. C’est ailleurs, c’est dans le rôle. C’est là que ça va croche, je crois que ce n’était pas fait pour moi. Que si c’était à refaire, je ne le referais pas. Oui, c’est de ça dont je veux te parler. Je crois que je ne suis pas faite pour être mère. Si c’était à recommencer je ne recommencerais pas. Si je pouvais reculer dans le temps, je ferais le choix de ne pas avoir d’enfants.

Je me sens prise dans mon rôle de mère comme dans un travail qu’on n’aime pas. Cette impression que jour après jour, j’assure un rôle dans lequel je ne me valorise pas tant, dans lequel j’ai de la difficulté à me sentir compétente. Comment exprimer avec des mots le délicat constat qu’on aime pas ça tant que ça être maman ? Comment le dire sans que les gens autour pense qu’on n’aime pas nos enfants ?

J’ose affirmer que la maternité, c’est loin d’être une révélation pour moi. Au contraire, je me sens prise, j’étouffe, je ne suis pas à l’aise. Ça m’angoisse d’avoir la responsabilité de d’autres êtres humains. Ça me frustre souvent de ne pas pouvoir faire ce que je veux, quand je veux. Oui, c’est égoïste, oui, je le sais. Je me sens souvent privée de ma liberté, je me sens en cage, comme si ça m’avait coupé les ailes au lieu de m’en donner. Avoir des enfants, ça ancre. Je l’accepte, je vis avec et je comprends. Je veux être là pour eux, leur offrir un environnement stable, je veux leur donner ce qu’il y a de meilleur. Quand je suis dans mon rôle de mère, je l’assume à 100%, je ne fais pas les choses à moitié pour eux, je veux être là parce que je les aime tellement.

C’est juste que je trouve ça lourd. Que le constat que je fais dans ma vie, c’est que je préfère être femme plutôt que mère. Je vais être une maman toute ma vie, c’est un rôle irréversible, ça ne se change pas. Je peux changer de carrière, de maison, de ville, de style de vêtements, de coiffure, d’auto, de chums. Mais je ne peux pas cesser d’être mère. Je ne peux pas dire : « Finalement j’aime pas ça, alors je vais arrêter d’être maman ». Je suis et je demeure mère. Peu importe mes choix, peu importe ce qui arrive dans ma vie, je vais être maman jusqu’à la fin. Ça me rend triste, je ne m’attendais pas à ça, je croyais que j’étais fait pour être mère. Enfant, je voulais déjà des enfants. Je me disais que c’était ça le but de ma vie. Que j’étais en vie pour ça justement, donner la vie à mon tour.

Je suis en mal de maternité. Est-ce que je suis la seule à qui ça fait ça ? Est-ce que ça existe, d’autres femmes qui n’aiment pas vraiment être mère ? J’aimerais le savoir, savoir si je dois me sentir vraiment seule, ou si ce que j’ose aujourd’hui partager, en toute confiance, humilité et honnêteté rejoint certaines d’entre vous. Peut-être que oui, peut-être que non et c’est très bien comme ça.

Soyons douces avec nous-mêmes et envers les autres. C’est avec amour et non dans le jugement que l’on peut se comprendre, se reconnaître, s’aimer.

C’est ce que je nous souhaite peu importe la façon dont on vit notre rapport à la maternité.

Marie-Ève Baillargeon
MARIE-ÈVE BAILLARGEON

49 thoughts on “La malternité

  1. Une maman qui adore sa fille plus que tout xxx Répondre

    Mettre des mots si juste sur ce que je pensais être là seule à vivre. Je n’aurais pas pu mieux expliquer la malternité. Merci !

    1. nayla Répondre

      J’élève mon fils seule depuis 3 ans et demi maintenant et je ne pensais pas que ce serait si dur. le père nous a abandonné. C’est très dur et parfois, je regrette d’être mère, souvent même. C’est pas constant et j’aime mon fils, mais je ne pensais pas que ce serait si dur. je suis si seule et si fatiguée. Malheureusement, il n’y a pas de pause ni de répit. J’espère que mon fils ne sera pas trop malheureux…

      1. Pascale

        Bonsoir,
        Tout d’abord je remercie l’auteur de cet article, qui a mis en mots ce que je ressens “en maux” depuis que je suis mère. J’aime ma fille de manière inconditionnelle, mais je suis extrêmement malheureuse dans mon rôle de mère. D’autant plus que j’assume seule depuis plus de dix ans. Comme toi Nayla je me sens seule et fatiguée, de plus en plus, et jamais je n’aurais imaginé que la vie puisse être si dure. Même s’il y a forcément des jours meilleurs que d’autres (ouf!) j’ai l’impression d’avoir été engloutie dans une spirale qui me dévore. J’espère que ma fille s’en sortira mieux, qu’elle aura une vie qui lui correspond. Et surtout que si elle est mère elle acceptera avec joie son statut, et qu’elle ne sera jamais seule pour mener cette mission énorme d’élever un enfant. Car s’il est difficile d’admettre qu’on n’aie pas être mère de l’être qu’on aime le plus au monde, il est encore plus dur de devoir assumer seule cette responsabilité qui déjà à la base nous pèse. C’est la double peine et on n’ose pas le dire…

  2. Any Répondre

    Oh mon dieu, voilà, tu as mis des mots sur se que je ressent depuis maintenant 2ans! Je suis constamment entrain de douter de moi et surtout de ma compétence de maman, car je me sens prise, aucun moyen d’en échapper de se rôle de mère, pourtant je fait tout pour mon garçon. Je lui prépare s’est plats particulier, car il a plusieurs intolérance alimentaire, je sors dehors à tous les jours, car il est très actif, etc… un grand merci d’avoir écrit se texte, je me sens moins seul…

  3. Isabelle Répondre

    Ayayaye que ça me parle ce que tu partages… je me sens coupable de ressentir ça. Et avec Noël qui arrive, je ne vois que les surplus que ça occasionne. Fréquemment je souhaite me retrouver sur une île déserte, avec seulement mes besoins, pis mes bébelles à gérer… ouffff… ça me parle ce que tu écris…

  4. Lydia Répondre

    Bonsoir,
    Je ne crois pas que tu sois seule, bref sinon nous sommes 2. J’ai les mêmes sentiments que TOI un genre, une bataille constante dans ma tête, un malaise et des pourquois à l’infini. Je suis certaine que nous sommes DE BONNE mère MAIS que dans nos vie juste être définie comme MAman ne nous suffit pas et ne nous satisfait pas. MERCI ! Pour ton texte et heureuse de ne pas porter ce poids seule.

  5. Karine Répondre

    Je ne pourrai jamais comprendre vraiment ce que vous vivez, puisque moi je suis au paradis sur terre depuis les 6 ans que je suis maman, mais je vous admire intensément de faire ce don de soi quotidien tout en n’ayant pas la “paye” de vous sentir épanouie par ce rôle. Moi pour qui ça fait ma joie, je veut démissionner au moins une fois semaine et j enrage au moins une fois par jour!
    Je compatis très très fort avec vous, vous êtes extraordinaire de tenir ce rôle par amour et seulement par amour pour vos enfants. C’est tellement magnifique et triste à la fois.
    Xxxx

  6. Nafissah Répondre

    Lire ce texte était choquant car j’ai traversé ce même période et j’avais ces mêmes idées. Je me sentais comme si on m’avait mis dans une cage, comme si on voulait m’étouffer. Je n’osais dire ces mots forts car je pensais qu’il n’y aurait personne pour me comprendre. Merci!

    1. Ninou Répondre

      Alors… ça peut passer ? C’est pas pour toujours ?

  7. Catherine Répondre

    Voyons dont toi! Tsé aujourd’hui les gens ne font que regarder leur petit nombril ! L’égocentrisme pur et dur! Come on! Si ton intention était de faire des enfants pour flasher, ben là yé juste trop tard! Là t’as une job de parent à faire parce que eux ont besoin de parents sains d’esprit qui l’encouragent, qui l’aiment et qui l’accompagnent dans son développement et dans qui il est. Ok, parfois on peut trouver ça cpntraignant, mais c’est ça avoir des enfants, ça vient avec, c’est un package deal! Tu dois assumer jusqu’à ta mort…pis même encore! J’ai de la peine pour ces enfant-là qui aujourd’hui ne doivent pas se sentir désirés et aimés comme ils le devraient. Ok, je concède que certains jours ne sont pas roses, d’autres à chier ou encore qu’on voudrait oublier, mais être parent ça vient avec du moins beau. Mais c’est aussi notre rôle de mettre en valeur et en lumière tout le beau qui l’entoure !

    1. Myriam Répondre

      On est pas ici pour se juger. Il était certains qu’un commentaire comme le tiens allait arriver. Elle a bien exprimé combien elle aimait ses enfants et ils doivent se sentir aimé. Ce dont elle parle n’a rien à voir avec l’amour, mais avec le rôle et les responsabilités d’être mère dont on sous estime la grandeur. Faisons preuve d’ouverture et d’écoute. Nous sommes tous mère et femme.

    2. Marie-Claude Répondre

      Est-ce que cet engagement empêche quelqu’un d’exprimer qu’il peut être lourd? Pourquoi être si acrimonieuse? Elle dit clairement qu’elle assume son rôle, et je la crois. Elle n’a pas à tenir un discours de lunettes roses. Elle a le droit de trouver ça lourd sans recevoir de jugement. Faire un choix de vie n’implique pas l’absence de doute ou de regret et le croire me semble bien naïf.

    3. Koralie Répondre

      Je trouve vraiment très dommage un commentaire comme le tien. Quel manque d’empathie et d’ouverture… Je vis exactement la même chose que l’auteure et comme elle le souligne et comme je le vis aussi: nous adorons nos enfants. Nous faisons tout pour eux. Ils sont au centre de notre vie et la priorité dans celle-ci. Tout ce que nous faisons est fait en fonction d’eux. Malgré tout, nous n’aimons pas les responsabilités qui entoure la maternité et nous trouvons ça difficile. C’est pour des gens comme toi que malheureusement les mères qui ont de la difficulté ne le disent pas et vivent beaucoup de détresse. Elles ont peur d’être jugés. J’espère que tu trouveras un peu d’empathie dans ton coeur pour aider les mamans autour de toi qui pourraient vivre des difficultés.

    4. Katy Répondre

      Rectifications elle n’a jamais ecrit qu’elle n’aimait pas ses enfants,,,,cest comme d’avoir un diplome pour un metier qui pourtant t’avais tellement attirer…sauf que finalement cest tout le contraire…alors tu peux aller a l’ecole et changer de job ….mais maman cest pour la vie …et bien que je les aimes plus qe tout au monde, et oui il le savent ….jaurais certes pas eu 2 enfants mais voila je fais du mieux que je peux et je men sors bien sauf que moi j’etouffe et chapeeau pour la personne qui a oser enfin reveler tout haut ce que d’autre vivaienten silence et meme honteuse de penser une tel chose……alors jarretons les jugements, tu je sais jamais par quel obstacle, epreuves elle sont passer….alors je crous quil est important d’en parler pour enfin se sentir moins seule..,

    5. Marie Répondre

      Ce n’est pas du tout ce qu”elle explique… tu as le jugement facile, relis le texte comme il faut, même si elle ne se sent pas à l’aise dans son rôle elle l’assume et le vie à 100%. C’est de la méchanceté gratuite ton texte..

    6. Caro Répondre

      Je crois que tu n’as pas bien compris … Elle n’a pas dit qu’elle ne les aimait pas ces enfants, mais qu’elle trouve difficile son rôle de mére….

  8. Koralie Répondre

    Tu n’es pas seule! Je vis exactement la même chose! C’est difficile d’en parler, car beaucoup de personnes nous jugent et pensent que nous n’aimons pas notre enfant. Merci d’avoir le courage de le dire afin que d’autres mamans vivant ces sentiments ne se sentent pas seules.

  9. Maude Répondre

    Amen. Merci de me faire sentir moins seule dans mon mal de maternité.

  10. Melanie Répondre

    J’ai ressenti ça et le ressens encore parfois. On le ressens encore plus lorsque le conjoint ne voit plus que cette partie là de nous et cherche à l’imposer directement ou non. Par contre, il y a des pères qui le ressentent aussi. Mon conjoint vit présentement une dure crise car il se sent pris entre sa présence de père et son travail prenant…il s’est mis à travailler de plus en plus pour avoir de l’air mais finalement ça l’a mené à alcool et à la drogue rapidement cet été pour continuer “d’assurer”…nous ne vivions pas ensemble et tout a pris le bord de son côté, malgré que je voyais qu’il n’allait pas et que je lui disais qu’il devait plutôt essayer d’équilibrer. Moi je me suis séparée il y 3 ans et malgré la peine que ça me faisait car elle était petite, j’ai préféré une garde partagée pour que ce soit plus facile à gerer pour tout le monde…moi aussi je me sentais une mauvais mère et mon ex a fait exprès de me dénigrer là dessus en plus d’aller me rabaisser auprès de ma famille…tout ça parce que ma fille est née avec des allergies alimentaires et que j’ai été 15 mois sans dormir pratiquement et que je n’avais pas l’énergie de retourner travailler tout de suite…mais de l’autre côté mon ex s’en ait pris à moi ensuite parce que je travaillais…double contrainte, dépression, burn-out et séparation suivie d’une agression par mon ex…alors aujourd’hui j’ai commencé à me reconstruire, et tant pis ceux qui me trouve lâche de faire le ménage quand ça me tente, tant pis ce que les autres pensent. Ma relation avec moi-même, ma fille le monde et les autres me met plus à l’aise. Non je ne suis pas parfaite mais non, je ne suis pas une mauvaise mère pour autant. Ça a rééquilibré des choses, je me connais mieux et je m’affirme mieux. Mon conjoint va sûrement sortir de thérapie plus équilibré lui aussi. Le fait d’avoir nos enfants plus tard fait aussi que les remises en question de la trentaine et de la quarantaine sont plus difficiles à gérer, les enfants étant plus jeunes. Courage, il faut se donner du bon et ne pas s’oublier.

  11. Odrey Ayotte-Lavoie Répondre

    Je crois que le problème en soit n’est pas la maternité mais l’image et l’idéal que nous en avons. Pour être bien dans notre rôle de mère, il faut trouver l’équilibre qui nous correspond. Actuellement, l’image que la société véhicule de la mère ne représente peut-être pas la réalité que toutes les femmes souhaites. Et nous pouvons être de très bonne mère sans adhérer complètement à cette image.
    Je crois que lorsqu’on ressent cet état d’esprit, il est important de prendre le temps de regarder ce qui nous fait sentir comme ça: Est-ce nos croyances, notre perfectionnisme, nos peurs, nos valeurs, un sentiment de culpabilité ou d’incompétence… Après seulement, nous pouvons faire des changements qui nous permettrons souvent d’être une mère comblée (car n’est-ce pas ce que l’on désir fondamentalement)
    Que veut dire être présente à 100% pour vous? Si ça veut dire complètement vous oubliez dès que les enfants sont présents mais le faire à contre coeur, je pense que ce n’est pas tellement sain. De toute façon, les enfants le ressentent. Je crois qu’il vaut mieux répondre entièrement à leur besoin en respectant qui nous sommes. Oui, les enfants ont besoin de jouer avec nous. Mais est-ce qu’ils ont besoin que l’on soit en train de jouer avec eux du matin au soir? Non, Vous avez le droit de fixer des moments pour vous où ils doivent s’occuper seul. C’est excellent pour leur développement. Vous avez aussi le droit de prioriser certains activités plus que d’autres, en respectant aussi les goûts de vos enfants. Il ne faut pas oublier que le temps partagé, c’est primordiale mais que c’est très important que ça respect TOUS les membres de la famille. Ça inclut maman ça. Et être une maman respecté dans ce qu’elle est, c’est beaucoup plus facile d’apprécier sa maternité..

  12. Julie M Répondre

    Ca fait du bien de ne pas se sentir seul. Cet article me rejoint tellement, c’est comme si j’avais pu l’écrire moi meme, dans les mêmes mots. Pour ma derniere grossesse, je pensais avoir fait une fausse couche, j’avais fais une grosse hémorragie… j’étais un peu soulagée… mais une semaine après, on s’est rendu compte qu’il était toujours la, j’étais encore enceinte et un peu déçue. La vie n’est pas facile avec des enfants.

  13. Wahiba Répondre

    Deux enfants, et la Malternité… je souffre car ds la culture (dominante) ds laquelle je baigne “m’impose” de taire encore plus mon mal être – je me sens tellement seule même s’ils sont là. justement sont trop là… et qd bien même l’amour que j’ai pr eux, j’expose que les enfants c fini pr moi…

  14. Mylène St-Laurent Répondre

    Ouf, ce texte m’interpelle beaucoup. Je me sens comme toi, en cage. Je vois pas liberté s’envoler pour de longues années et ça n’étouffe un peu. Dire qu’au départ j’en voulais 3, maintenant je ne suis plus certaine d’en vouloir un deuxième, parce que juste d’imaginer mon emploi du temps se contraindre encore plus me fait angoisser… Sans parler de la grossesse que je déteste et l’accouchement (et surtout l’après) qui m’ont traumatisé…

    Peut être que ma vision des choses va changer et que je vais éventuellement me sentir mieux là dedans, mais pour l’instant j’ai l’impression qu’on m’a coupé les ailes, et que même la société ne me considère plus comme une femme mais seulement comme une maman… Comme si la vie s’arrêtait à ça dès que tu enfantais…

    1. Celle qui aime son fils par dessus tout Répondre

      Je te comprend tellement!!! Je me sent exactement pareil!! Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule! Et pourtant je donnerais tout et je deplacerais mer et montagne pour mon gars!! Ce n’est pas comme on se l’imagine et avec la pression extérieur et intérieur a nous cela n’aide vraiment pas! Fait du bien de ne pas se sentir seul la dedans❤

  15. Lolotte Répondre

    J ai lu tous ces messages et cela est rassurant d entendre que l on est pas seule a ressentir ce mal de la maternite. En fait je me ressens dans ces mots car pour ma part, le devenir mere n a pas ete simple et ne l est toujours pas. Comme si je regrettais parfois…j aime mon fils et je pense faire au mieux depuis sa naissance . Mais un papa peu present qui jugeait ma detresse, separation alors que le petit avait a peine deux ans…j espere trouver a un moment l equilibre…

  16. Pikasumi Répondre

    Je me sens bien moins seule. Ça ne m’empêche pas de continuer à culpabiliser, de savoir que je ne suis pas seule dans ce cas là. Mais ça réconforte un tout petit peu.
    Je les aime. Tellement ! Ils sont toute ma vie. Si demain je ne les ai plus, mes enfants, je n’ai plus rien. Je les aime plus que moi-même,et si je devais donner ma vie pour sauver la leur, je le ferai sans hésiter.
    Mais alors d’où vient cette sensation d’être prise au piège ? Je ne me sens pas épanouie. Jai même du mal à me sentir maman, au bout de pourtant 4 enfants. Je me sens comme une adolescente dans le fond.
    Jai eu mon premier enfant à 17 ans. Et j’ai l’impression que depuis, je suis anesthésiée du reste du monde et robotisée dans un rôle de maman. Et les seules toutes petites et brèves fois où je me retrouve seule face à la femme que je suis, et bien je ne me sens pas femme mais adolescente.
    Puis les enfants sont de nouveau la et je remet mon masque de maman et je ne suis plus l’ado joyeuse, qui chante, qui danse sur son lit, qui fait des selfie, qui a envie de jouer à plein de choses, voir ses copines, etc…
    Je suis la maman, qui s’occupe de ses enfants, qui les écoute, qui les occupe, qui les éduque, qui leur raconte des histoire, les toilette, leur fait à manger, aide à leur devoirs, les emmene à l’école, participe aux kermesse et spectacles, attentives à leur besoins, qui contrôle le budget, qui fait les courses et l’administration, qui rencontre les profs, rend leur Noël et anniversaire les plus magiques possibles. Prévoit leur vacances, supporte avec des larmes plein le coeur qu’ils soient mécontents de ce que je fais ou ne peux pas faire pour eux… Mais en les aimant toujours infiniment.
    Ce masque…. Jai tant de mal à le porter. Jai fini par comprendre moi aussi qu’on ne peut plus jamais faire machine arrière quand on est maman, on l’est pour la vie. Et c’est bien cette idée qui est angoissante. Qui fait qu’on se sente comme piégée. Claustrophobe par moment…
    Beaucoup de femmes jugeront, parce qu’elles ne comprendront pas. Soit parce que elles, elles se sentent épanouie en tant que maman, soit parce qu’elles en pensent tout autant mais qu’elles ne l’admettront jamais et du couo prefereront juger car il est plus facile d’attaquer que de se regarder en face.. Soit parce que tout simplement elles n’ont pas encore d’enfants, ou sont des “bien pensantes” de la société pour qui tout doit toujours être dit et même pensé bien au carré et selon les normes qu’on tente de nous imposer.
    Mais je fais partie de ces femmes qui n’ont pas la chance d’être pleinement accomplies en tant que mères et qui ose le dire. Qui affirme haut et fort aussi que ce mal être de maternité n’influe en rien sur l’amour qu’on porte à nos enfants cheris, ni même sur notre rôle à tenir,qu’on s’efforce même, je crois,de tenir encore mieux que les autres justement pour camoufler un peu cette culpabilité, mais qu’il influe uniquement sur le regard qu’on pose sur nous-mêmes en tant que femmes. Ce n’est pas facile. C’est très tabou. Et du coup difficilement surmontable. Les choses qu’on peut confier,et sur lesquelles on peut donc se faire aider, peuvent se surmonter. Mais pas les choses qui doivent autant être tues.

  17. Nyala Répondre

    Je me retrouve totalement dans votre texte. J’en étais à me demander si je ne devais pas aller voir un psy pour m’accomoder de ça… mais peut-on vraiment s’en sortir ? Vais-je un jour pouvoir revenir d’un weekend en me disant “ah ouais, là j’ai passé un super weekend!” ? Est-ce que c’est parce que mes enfants sont petits, ou est-ce que c’est pour toujours ? J’ai peur, peur de ne vivre plus que ça. Je deviens quelqu’un que je vais finir par détester…

  18. Geraldine Répondre

    Ca me soulage de voir que je ne suis pas la seule….
    Pour ma part cest avec la naissance de mon 2eme que tout cela a commence…. pour mon premier je ne posais aucunes questions, cetait comme ca et voila.
    Jai eu mon 2eme et la… ca va bientot faire un an que je vis ce que tu decris… des crises dangoisses a me dire comment je vais faire pour la suite? Tout me szmble tres dur, l’avenir, leur adolescence et tout… le seul truc qui me semble le moins dur cest le jour où ils partiront de la maison… et encore jai peur de mal le vivre!
    Je suis totalement perdue et jen peux plus…

  19. Maliwa Répondre

    La parole se libère, enfin!
    Merci pour le courage de ton témoignage.
    Si on imposait la vie de “femme au foyer” aux mecs, ils finiraient tous tablards. Aucune valeur n’est au-dessus de la liberté alors quand celle-ci se fait rare, certaines mamans acculées, non-valorisées, vont aller jusqu’à penser au suicide.
    Ajoutons à cela la destruction des liens humains et sociaux à une époque où le tout-pour-ma-gueule règne, vous avez un superbe cocktail de DPP.

  20. Casta Répondre

    Bonjour je vit exactement la même chose maman de deux enfants 2 ans et 11 mois je suis très malheureuse je me sent étouffer dans Ce rôle à temps plein avec un mari qui ne m’aide pas toujours la critique je ne fait jamais bien je ne travaille plus pour m occuper de mes enfants je n arrive pas à m’en séparer je l’es aime tellement mais en même temps je n’ai pas une seconde pour moi depuis 2 ans mon mari est super égoïste j’ai toujours cette angoisse qu’il leur arrive un malheur un de mes enfants à u beaucoup de problème de santer du coup je suis toujours angoissée voir dépressif j’ai une boule dans ma gorge elle est invisible c mon stress

  21. Maman de 3 Répondre

    Que ça fait du bien. En même temps ça ne guérit rien. Au moins ça me confirme que je ne suis pas seule. J’ai fait le tour des livres à la bibliothèque et rien sur ce que nous vivons, tellement tabou. Maintenant on fait quoi? On attend qu’ils grandissent, qu’on se sentent de plus en plus coupable, de plus en plus en cage parce que, personnellement, je ne sais trop quoi faire pour améliorer mon état d’esprit, pour avoir du plaisir avec mes enfants, avoir du plaisir en étant maman. Dans la routine de la semaine ça va. Ça va vite, pas le temps de s’attarder à mes feeling, la fin de semaine c’est autre chose. C’est long, qu’est-ce qu’on fait pour passer le temps? Les mêmes films, les mêmes livres, les mêmes chansons, on les habille dans le rouspetage pour aller dehors sans trop savoir si on aura un peu de plaisir. Au moins y’a les câlins, plein de câlins et d’amour, plein d’amour. Mais dans une journée de 24h, parce que la nuit, quel parent dort vraiment bien(?), Ce n’est pas beaucoup.

  22. Jade Répondre

    Merci… Je ne suis pas folle…

  23. Mabire Répondre

    Merci pour ce beau text et tous les commentaires qui en découlent… tellement de femmes qui se retrouvent. Je suis dans le même cas. J’ai jamais voulu avoir d’enfants mais parce que mon mari en voulait un je me suis laissé convaincre et pour lui j’ai sauté le pas. J’ai eu une bonne grossesse et un bel accouchement et j’aime ma fille plus que tout. Mais je n’aime pas du tout mon rôle… surtout à cette période des 2 ans où elle fait caprice crise caprice… je n’en peux plus. Je pense que mon mari a aussi le mal de paternité. Il fait tout ce qu’il peut pour éviter d’être avec notre fille. La crèche n’est que partielle donc ça n’aide pas beaucoup. Enfin je ne me sens pas à ma place, comme dans une prison ne pouvant sortir que avec un bracelet qui pèse. J’ai toujours l’impression qu’il va lui arriver quelque chose ça me stress, quand elle est malade et que je ne peux rien faire ça me fait mal au coeur c’est fatiguant. Et les nuits à se reveiller tout le temps au bout de 2 ans c’est dur.. Enfin merci de permettre de nous exprimer 🙂

  24. Laurianne Répondre

    Je ne sais qui vous êtes toutes, ni où vous êtes mais peut être devrions nous créer un rassemblement? Les larmes ne peuvent s’arreter De couler en lisant vos mots (ou maux)!
    Comment comprendre, sauf pour celles qui le vivent, que le plus bel événement et le plus grand amour de votre vie vous plonge dans une telle situation? Maman de deux bouchons de 2 ans 1/2 et 10 mois… cela me paraissait tellement évident d’avoir des enfants; j’me disais que c’etait Le plus grand projet de ma vie, un désir si profond que j’ai convaincu mon mari….
    je suis incroyablement chanceuse et heureuse de les avoir mais c’est ma personne que je ne reconnais plus!! J’ai l’impression d’etre En permanence sur la défensive, je n’ai pas de patience, pour rien!! Ce soir ils ont hurlé pendant 2h avant de s’endormir, épuisés (nous sortons deja d’une nuit de 3h seulement!) et nous les avons laissé hurler dans leur chambre à cours de solution.
    Le sommeil c’est sacré et je n’aurais JAMAiS imaginé vivre un tel enfer en lien avec la fatigue!
    Je suis angoissée parfois, speed, culpabilisée, à bientôt 30 ans je me demande comment ça se fait’ que j’en sois arrivée là! Physiquement c’est la cata, je n’ai plus le temps de prendre soin de moi, même pour m’habiller!
    Avec mon mari c’est tellement tendu, on s’est éloigné et on se demande quand on va pouvoir se retrouver !!
    J’ai le sentiment de me plaindre tout le temps que j’ai deux piles électriques à la maison mais ils sont superbes et surtout en pleine santé!
    J’ai tapé sur Google ce soir « et si je n’étais pas faite pour être mère!? » et je suis tombée sur vous! D’ordinaire j’aurais écrit sur les réseaux sociaux mais il y a des femmes enceintes qui me lisent, d’autres qui ont été révélées par leur rôle de mère et d’autres enfin qui désespèrent d’avoir des enfants! Leur incompréhension est à la hauteur de mes interrogations alors je vous écris à vous mesdames …
    Je pense’ a vous toutes et merci!

    1. Lydia Tranquille Répondre

      Mon dieu, j’ai pratiquement pleuré en lisant ton texte!!! On dirait moi-même qui l’ai écrit… c’est tellement dur de ne plus se reconnaître, la relation tendue avec notre âme soeur ahhh 😭

  25. Souris8000 Répondre

    Moi aussi j’ai dû en convenir. Séparée à présent. Je n’ai de cesse de vouloir leur faire plaisir et bien les élever, mais je n’aime pas rire avec eux ni leurs blagues. Leur petit monde ne m’interesse pas… J’essaie mais ils grandissent et ça ne prend plus. J’ai 2 enfants et ils se sont enormément rapprochés, ce qui me fait a la fois plaisir et à la fois le duo est infernal. Je crois qu’ils se sont liés contre maman. Quelle solution? J’essaie de leur dire et leur temoigner mon amour mais en meme temps tout m’agace chez eux… Je dis une chose et manifeste le contraire. Je n’arrive pas a faire mieux. J’ai deja essayé de me faire aider… Sans plus d’amélioration.

  26. Pandora Répondre

    C’est tellement ça !!! Un rôle qui m’étouffe. J’aime ma fille mais je déteste être mère. C’est une énorme responsabilité. Toute mes actions envers elle doivent l’amener à être épanouie à faire en sorte qu’elle ait confiance en elle, de l’estime pour elle pour arriver dans la vie d’adulte dans les meilleures conditions. Donner un modèle de femme quand on a l’impression de pas savoir être une bonne mère (parce qu’on est constamment jugé) de ne pas pouvoir sinvestir dans un projet professionnel et ne pas pouvoir s’accorder du temps pour soi, de prendre du temps pour la femme qui est en nous. Et pourtant je voudrais tellement lui montrer qu’il est important d’être une femme autant qu’être mère, conjointe ou épanouie dans son job. Seulement cest difficilement compatible dans le monde d’aujourd’hui.
    Je suis séparée du père depuis peu (ce qui me donne l’impression de n’avoir plus qu’un enfant au lieu de 2 à gérer), j’ai du arrêté de travailler parce que ma fille ne supportait pas d’être en nourrice (vivement septembre pour l’école), je l’ai donc jour et nuit avec moi (sauf quand son père prend un peu de temps pour la prendre et ma mère veut me dépanner.). Résultat : pas de boulot, pas de temps pour les activités (je suis passionnée par la danse), peu de temps pour les amis en solo. Bref, je me sacrifie pour ma fille. Je le fais parce que je l’aime plud que tout mais une part de moi souffre d’être prisonnière de ce rôle et m’emplit de regrets.
    J’en suis au stade ou jattends avec impatience qu’elle grandisse, qu’elle soit plus autonome et plus dans la crise des 3 ans pour pouvoir faire plus de choses à l’extérieur ensemble.
    En tout cas merci pour ce témoignage et aux reponses qui montrent que l’on est pas seule

  27. Mamanjouraprèsjour Répondre

    Bonjour, ça me rassure de voir que je suis pas seule dans ma détresse.

    Mon histoire est tellement compliqué, depuis l’enfance jusqu’à la naissance de mon enfant qui a maintenant 5 ans.

    En rupture familiale, seule dans une grande ville, j’ai fais une mauvaise rencontre, un homme plus âgée m’a fait croire être là pour m’aider mais au final c’était un “piège”.
    Nous nous sommes mis ensemble sans que je sache réellement si il y avait de l’amour, je voulais juste ne pas être seule.

    Malheureusement sans argent, je n’avais plus de pillule, ne pensant pas que cela pouvait m’arriver je suis tombé enceinte très vite a 18 ans.
    Mon fils est née peu après mes 19 ans.
    Je n’avais pas envie d’être mère maintenant, j’avais tout juste le bac et le permis et des projets.

    C’est avec du chantage que j’ai laissé passer le temps jusqu’à ne plus pouvoir avorté.
    Prête à tout pour ne pas être seule, sous la menace d’être mise a la rue si j’avorte.

    Quelques temps après je découvre qu’il avait de faux papiers, qu’il avait essayé un mariage blanc avec une vieille quelques temps avant, qu’il avait mis enceinte une autre fille qui elle avait avorté dans le même but d’avoir un titre de séjour, c’était trop tard pour moi.
    Je ne l’ai quitté qu’un peu avant les 1 mois de mon fils.

    Il n’a jamais changer une couche, jamais donnée un biberon, pas participer comme je le fais, pas de pension juste au depart pour prouver qu’il participer et avoir les papiers (qu’il a eu suite a ça). J’assume seule toute sa petite enfance et son éducation.
    Je prends seule toutes les remarques qu’on me fait école, entourage, faire comme ci, comme ça,…

    Seule avec mon gros ventre j’ai du préparer la naissance de mon fils en achetant les affaires, parfois d’occasion par manque d’argent.
    Vivant dans un petit studio de 23mc insalubre avec mon ex.

    Suite a ma grossesse je l’ai mal vécu, je n’ai profité de rien, crise urticaire, vomissements, rétention d’eau, malaise a répétition, j’ai fais une pyélonéphrite aigu j’ai failli perdre un rein a cause de cette infection dans les reins et mon bébé qui bloquer en plus le canal.
    Sans couverture j’ai eu pour 1500€ de frais que j’ai mis des années a rembourser.
    Je n’ai pas aimé les changements de mon corps

    Pour moi cette période c’est un cauchemar vivant, une punition pour ma gentillesse et naïveté. Une leçon a vie.

    De là je n’ai pas réussi a avoir ce lien que j’aurais sûrement eu dans d’autres conditions.
    Vivre que pour son enfant, a travers son enfant.
    Actuellement je ne vie même pas pour moi, l’impression de ne pas avoir de but.

    Mais voilà, séparation, retour chez mes parents, babyblues, puis dépression, me voilà fragile a vie, un rien et je replonge.
    S’en suive menace de mon ex, tribunaux, on prends pas en compte sa manipulation, on fait de moi la mauvaise mère qui se sépare.

    Maintenant on reparle mieux, mais la souffrance a enlevé une partie de ma joie de vivre.
    Ensuite signalement durant ma période babyblues par mon beau-père, a cette période je m’occupais de mon fils mais pas de moi, je ne me manger plus, je pleurais nuit et jour, je n’allais plus dehors.

    Ensuite j’ai connu d’autres événements tragiques, des violences conjugales avec un autre compagnon durant 1 an, des accusations, de la souffrance intérieur a tout assumer seule sans travail, enfermer comme petite femme de maison, qui mon fait me décrocher un peu plus de mon enfant par fatigue, par envie de baisser les bras, suivi périodique a domicile, des fouines tout et j’en passe.

    Mais je me bas jour après jour pour faire de mon mieux.
    C’est un combat de chaque instant d’être mère dans de telles conditions.

    Si mon enfant est malade, je ne vie plus de peur qu’il lui arrive quelque chose, je ne peux pas le voir souffrir, je m’inquiète de tout, l’impression parfois qu’il est en sucre alors que c’est un petit garçon épanouie, qui aime sa maman et débrouillard.
    Quand il est pas là il me manque beaucoup mais j’angoisse quand même de son retour, c’est a ne rien comprendre.

    Aujourd’hui je suis dans une période plus heureuse, j’ai un équilibre, mon fils plus grand s’exprime et me permets d’interagir mieux avec lui, il manque de rien, il a une belle chambre, tout les jouets dont il rêve, tout ce qui faut des vêtements impeccable, des repas équilibré chaque jour, j’essaie de répondre a tout.

    Mais voilà, cette période me hante encore, je manque toujours de patience, je crie beaucoup, je suis souvent sur les nerfs car je n’arrive pas a cuisiner dans le calme, a m’occuper sereinement de quelque chose, mon compagnon m’encourage dans ce rôle, mais je n’arrive pas vraiment a être épanouie, sortir n’est pas toujours un plaisir sauf si on m’accompagne, je n’arrive pas toujours a jouer avec lui. J’envie les mamans qui sont épanouie, encore avec le papa dans une relation idyllique, qui font des choses de dingue quotidiennement pour leurs enfants en surpassant bon nombre de parents.
    C’est ce que j’aimerais être, mais je n’y arrive pas.

    Quand je suis en période grise, j’ai envie de partir loin de là, ça me bloque pour le travail, je l’assume seule tout les matins bien que en couple mon compagnon dors jusqu’à tard souvent, je ne peux avoir un travail dans notre coin adapté aux horaires scolaires.
    Je me dis qu’à refaire, j’aurais fais différemment, le travail avant tout, je ne souhaite plus d’enfants.

    Je dois m’occuper de la maison, faire tout, bosser a mi-temps, et m’occuper de mon enfant.
    Avec bien-sûr de reproches si je ne lui lit pas une histoire tout les soirs, si je faiblit, si je me plains.

  28. Shirley Répondre

    Maman depuis seulement un mois d’un petit bonhomme et je me retrouve déjà totalement dans vos ressentis … À lire les différents commentaires je constate que nous sommes très nombreuses dans ce cas et ce qui m’inquiète c’est que n’étant qu’au début de mon rôle je pensais que ça passerait, je pensais à une sorte de bouleversement hormonal, la très connu ” dépression post-partum ” … Mais finalement ce ressenti d’être seule et prisonnière ne disparaîtra probablement jamais…
    Cela ne changera en rien le déroulement de ma vie mais merci pour ce post qui me rassure sur le fait que je ne suis pas anormale…
    Merci.

  29. Juju Répondre

    Juste merci, je me sens moins seule quand je te lis.. C’est pas facile tout les jours de penser quelque chose comme ça et encore moins d’en parler alors encore une fois merci 😉

  30. Bosc Répondre

    Je ressent la même choses jai 3 enfants que j’aime plus que n’importent quoi au monde mais voilà j’étouffe tout les jours de cette situation jai juste envie de péter un câble et de crier que je n’en peut plus je suis maman certe mais je veut aussi être une femme mais voilas je nai pas le temps d’être les deux je suis comme en prison je ne peut pas sortir de mon rôle de mère pour prendre un rôle de femme…je me sens étouffer et je ne me sens pas soutenue ni part mon mari qui me dit sans arrêt que c du chichi ni mes parents qui eux a la base m’énerve…comme je te comprend …

  31. Alexandra Répondre

    Etre maman, c’est une sacrée responsabilité. Je l’ai su très vite, je n’ai pas eu de modèle parentale très chaleureux donc j’avais une image négative de la parentalité. Je ne souhaitais pas me marier et avoir des enfants (ce n’était pas mon rêve). J’ai été claire dès le début avec mon futur mari (et oui je me suis mariée finalement), et je me souviens d’avoir choquée la table à côté de nous au restaurant. Et finalement j’ai eu 2 enfants. Et finalement, j’avais raison c’est une vraie galère… Je suis heureuse de ne pas être seule car quand j’en parle on me prend pour une folle, une égoïste. En plus, j’ai un enfant dyslexique (et c’est une vraie galère au quotidien) et ma fille prend le même chemin côté difficulté d’apprentissage, j’ai l’impression que je m’en sortirais pas. Le mariage ne me convient pas non plus. Je n’ai pas suivi ma petite voix intérieure qui me disait que cette vie n’était pas pour moi. Du coup, je fais une méga crise à 40 ans 🙂 Malgré, le ton de mon post et je m’en excuse, je suis plutôt optimiste dans la vie… Mais là, je suis comment dire un peu, beaucoup fatiguée.

  32. Agathe Répondre

    Merci pour ce texte.
    Au moins, je me sens moins seule…
    Je suis maman de deux adorables filles de 8 ans et 2 ans et demi.
    Je m’en occupe beaucoup. Notamment de la petite qui ne va pas encore à l’école et qui est gardée à la maison. J’ai dû aménager mes horaires de boulot pour m’en occuper. Les projets professionnels dans lesquels je pourrais m’investir? On oublie… Je l’ai allaitée le plus longtemps possible. Je fais tout pour que mes filles aillent au mieux mais depuis quelques mois je n’ai plus envie… plus envie de remettre 20 fois de suite le bonhomme playmobil sur son vélo; plus envie de raconter 10 fois de suite le même livre ou de chanter la même chanson, plus envie d’essayer de comprendre les histoires de copines de ma grande ou de retenir les nom des 12 poneys qu’elle voudrait monter…
    Je suis fatiguée. J’en ai marre d’être interrompue sans cesse, de devoir planifier des semaines à l’avance la moindre sortie, de ne même plus pouvoir lire un bouquin car trop de fatigue le soir pour comprendre ce que je lis.
    Je voudrais tellement une pause….
    Bizarrement, personne ne veut me garder la petite (le plus fatigante en ce moment). Il faut dire que je les comprends, derrière son magnifique visage d’ange, il ne faut pas la lâcher des yeux une seconde. Les sorties sont une expédition. Elle court partout. Je passe pour une affreuse mère maltraitante car je suis obligée de l’empoigner ou de la prendre dans les bras alors qu’elle se débat et hurle pour traverser une rue ou même marcher sur un trottoir…
    Je n’ai jamais l’esprit libre. Il faut toujours penser, anticiper, gérer et quand enfin elles sont couchées, je m’effondre terrassée par cette lassitude, me demandant si je m’en sortirai un jour.
    Je voudrais tellement une pause…

  33. Merci Répondre

    Maman de deux enfants 4 ans et 17 mois je passe une journée compliquée et je tombe sur cet article. Quel soulagement ! Je suis prof mais le papa ne l’est pas, résultat : toutes les “vacances” et souvent mes soirées, seule avec les deux loulous parce qu’après tout je n’ai que ça à faire, je préparerai les cours plus tard…ou bien la nuit. J’ai l’impression d’être en prison, je ne peux rien faire que j’aime (lire, du sport, travailler, sortir) et je passe mes journées à faire à manger, changer des couches, mettre à la sieste, nettoyer, entendre des hurlements, sortir en restant en permanence sur le qui vive et attendre que le papa rentre pour échanger avec un adulte qui malheureusement ne comprend pas trop ce que je vis.
    Non, je n’aime décidément pas être mère même si j’aime plus que tout mes enfants. Les jours sont longs et se ressemblent. J’ai l’impression que j’aime être mère seulement par tranches de 2 ou 3 heures. Au-delà, j’étouffe.
    J’attends la rentrée pour sortir de cette cage et j’angoisse en même temps car rien ne sera prêt et car je ne serai pas aussi compétente dans mon travail que ce que je pourrais l’être, sans la fatigue, la déprime et avec suffisamment de temps.
    Je remarque que beaucoup de mamans qui témoignent sont en fait seules ou quasiment. Il y a clairement un effet solitude dans le rôle de mère encore aujourd’hui qui n’est pas facile à supporter pour certaines d’entre nous.
    Ne pouvant pas retourner en arrière, je m’accroche aux bons moments de rires et de câlins et je serre les dents lors de journées comme celle d’aujourd’hui… Je me dis que les choses changeront avec le temps …

  34. Sonia Répondre

    Bonjour à vous, je tiens à vous dire que je me reconnais dans ces histoires. Je sais que ce que je vais vous raconter n’est peut-être pas à 100% relié au commentaire de l’auteure. Mais j’ai ressenti de la compassion et de la compréhension de votre part. Je me suis dis que peut-être d’autres femmes vivent quelque chose de semblable.

    J’adore mes 2 fils (11 et 14 ans) et depuis maintenant 7 mois, nous sommes déménagés dans la maison de mon nouveau conjoint. Après 1 1/2 an, nous avons décidé de déménager ensemble. Lui a 3 enfants, donc avec les miens, à toutes les 2 semaines, nous avons 5 enfants à gérer. Là où j’ai de la difficulté et où je me reconnais, c’est que j’angoisse à partir du vendredi dans la journée, parce que tous les enfants vont arriver. Je répète, j’aime mes enfants et j’essaie d’être une bonne mère. Là où je trouve un problème et que je sens presque un tabou, c’est que j’ai beaucoup de difficultés à éprouver des sentiments maternels envers les enfants de mon conjoint. Je ne me sens pas normale.

    Je stresse à l’avance parce que je vais avoir les repas à prévoir, à préparer et à faire accepter par les autres enfants. Je stresse parce qu’il est peut-être question que mon conjoint ait ses enfants pendant notre semaine de “liberté “. Où sera notre couple là-dedans? Je sais que c’est le quotidien pour les couples qui ne sont pas séparés. Je sais aussi que quand tous les enfants sont là, j’ai l’impression de passer en dernier et je me dis, accepte le, les enfants de ton conjoint ont besoin de câlins et de son amour. Je me sens égoïste d’avoir ses pensées là, d’être la méchante belle-mère dans l’histoire, moi qui n’est pas du tout méchante dans la vie. Je ne me reconnais pas et j’ai de la misère à accepter toutes ces émotions négatives.

    C’est peut-être juste une question d’adaptation, mais je trouve que c’est long avant que j’y arrive… surtout que lui, son enfants le plus jeune à 5 ans et que je ne vois pas la lumière au bout du tunnel on dirait.

    Merci de m’avoir lu et soyez indulgents avec moi, svp.

    1. Maman dépitée Répondre

      Bonjour Sonia,
      Ton message date un peu, mais je souhaitais y réagir parce que je me reconnais à la fois dans l’article, étant la maman “encagée” d’un bébé “à la personnalité affirmée” de 18 mois, et la belle-maman des deux fils de mon compagnon (7 et 10 ans maintenant).
      Sache que tes sentiments sont parfaitement normaux. Tu n’aimeras jamais tes beaux-enfants comme tes enfants (mon compagnon a mis du temps à le comprendre) et c’est sain, ils ont déjà une maman (du moins je l’espère pour ces loulous). Moi aussi j’ai ressenti l’angoisse de leur retour (une semaine sur 2 ici, où j’avais l’impression de ne plus compter, et ça ne s’est pas arrangé avec l’arrivée de bébé). Je voulais tout faire parfaitement, comme une 2e maman, et je me flagellais à chaque fois que j’échouais. Je faisais les choses sans envie, je comptais les jours jusqu’à leur départ. Ce qui est déjà déprimant quand on est maman mais qu’on accomplit héroïquement grâce à cet amour dont les commentatrices parlent si bien, devient intolérable quand les enfants sont ceux d’une autre.
      Et puis j’en ai eu marre et j’ai posé des limites. J’ai laissé mon conjoint gérer lui même ses enfants et j’ai exigé plus de discipline à la maison. Mes interventions étaient à considérer comme des bonus, des grâces de ma part, que le papa et les enfants à la fois ont du coup cessé de tenir pour allant de soi. 3 ans plus tard, les points de friction se sont peu à peu aplanis et l’ambiance est bien meilleure, même agréable la plupart du temps (en ce qui concerne les grands en tout cas, mon bébé étant en pleine phase d’opposition! Mais c’est une autre histoire). Je m’investis davantage dans leur éducation et nous partageons de super moments. Nous regardons tous ensemble un film le soir sans que je me sente dépouillée de mon temps de couple. (Il faut pour cela je crois avoir passé le cap de la “passion”/couple fusionnel)
      C’est en effet très tabou comme sentiment, et sur le sujet l’hypocrisie est encore plus écrasante que pour la maternité ! C’est dire.
      Courage, on dit qu’il faut 6-7 ans avant qu’une famille recomposée se “stabilise”, et je pense que ce n’est pas exagéré. Je crois aussi que si la perspective d’accueillir les enfants plus souvent t’est très angoissante, il faut le dire sans colère à ton compagnon. C’est très difficile à comprendre pour les papas, mais mettre tes sentiments en bouteille risque de faire vaciller ton couple.

      Je vais être honnête : si j’avais eu une boule de cristal pour voir comme tout ça serait DUR, et le bébé, et le rôle de BM, j’aurais fui en rencontrant mon conjoint!! Pourtant avec le recul et même si je ressens encore régulièrement ce sentiment de ne plus exister en tant qu’individu, je ne me vois pas faire autrement.. bizarre non ??

      Et pour revenir au sujet de l’article, ce dont il est question finalement, n’est ce pas seulement de manque de temps et de soutien ? De ce fameux “village” dont on dit qu’il est nécessaire pour élever un enfant, et qui n’existe plus ? Ne serait ce pas moins déprimant d’être une maman, si on pouvait partager les galères de la journée (et du coup relativiser) avec d’autres mamans, et obtenir grâce à la communauté un répit régulier ?
      Perso dès ma grossesse (difficile) et surtout après mon accouchement (traumatisant) je me suis sentie totalement isolée : famille loin, “amis” égoïstes et déconnectés (maman sur le tard) et conjoint écrasé par toutes ces attentes légitimes mais non comblées que je reportais du coup sur lui. Ça ne pouvait pas fonctionner !
      J’ai donc arrêté d’en attendre autant de lui, mais les besoins étant toujours là, je pète un plomb régulièrement (le plantant sans prévenir avec sa progéniture parce que zut, je suis une personne avec des envies moi aussi!)
      Si vous souhaitez créer un village, écrivez moi, je suis sur Nantes.. 🙂

  35. Marie Kléber Répondre

    Merci du fond du coeur pour cet article. Oui vraiment.
    Quand je tente d’en parler autour de moi je vois bien que personne ne comprend. Je porte cette douleur à l’intérieur de moi. J’ai eu une grossesse compliquée mais j’ai toujours voulu des enfants. Et puis d’un coup la réalité.
    J’élève mon fils seule et comme beaucoup je donnerai tout pour lui. Je ne remets pas en cause son existence ni sa venue au monde. Ni l’amour que j’ai pour lui. Il me change à chaque instant. Mais la maternité est une douleur de tous les instants. Je ne me sens ni compétente ni à la hauteur, bloquée dans mes projets – je me donne tellement au jour le jour.
    Et puis je culpabilise beaucoup parce que j’ai la chance d’être maman quand tant d’autres ne peuvent pas avoir d’enfants.
    C’est dur mais je crois qu’il faut en parler justement. Parce ce que ce mal ronge et fait des dégâts à l’intérieur de nous.
    Alors merci à toutes les mamans qui ont laissé leurs maux ici. Je pense à vous

  36. Julie Répondre

    Depuis que j’ai lu ce texte il y a trois ans, je le relis régulièrement. Ça me fait du bien de me dire que c’est correct de ne pas m’épanouir dans mon rôle de mère. Il m’a fallu longtemps pour l’accepter, mais à force lire vos commentaires, j’accepte mieux. Il y a un an, mon ex et moi avons décidé qu’il aurait la garde complète et moi une fin de semaine sur deux. C’est un grand soulagement et je trouve la vie beaucoup plus douce. Je crois qu’il est très important d’en parler. Nous sommes plusieurs à vivre se sentiment.
    Merci milles fois d’avoir eu le courage d’écrire et de partager ce texte.

  37. Lisa Répondre

    C’est difficile de mettre des mots sur ce que l’on ressent, c’est dur d’admettre que l’on ne s’épanouit pas entièrement dans son rôle de mère. Je suis heureuse d’avoir ma fille mais le quotidien peut etre dur. Même si mon compagnon se montre présent je me sens seule au fond.
    Moi aussi je me sens parfois prisonnière de cette vie, je me sens comme bloqué. S’ajoute à ça mon manque de confiance en moi, mes relations conflictuelles avec ma belle-mère depuis l’arrivée de ma fille alors qu’avant on s’entendait super bien.
    Quand j’essaie d’en parler autour de moi personne ne semble comprendre. Je ne sais plus quoi penser de tout cela.

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