Maman, est-ce que je vais mourir, moi, un jour ?

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Je ne sais pas pourquoi cette question-là hante tes pensées depuis quelque temps mais moi, tu me fais paniquer. Je n’arrive pas à concevoir pour quelles raisons un si p’tit être se pose d’aussi grandes questions. Pourquoi la mort est un sujet qui vient trotter dans ta tête? Pourtant nous n’y sommes pas confrontés présentement, ni même récemment.

Je ne comprends pas ton obsession.

À ton âge, on ne devrait pas se soucier de partir. On ne devrait pas se soucier de ce qui se passera après. On ne devrait pas se dire qu’un jour, on ne fêtera plus sa fête parce qu’on ne veut pas devenir vieux et mourir. On ne devrait pas. Tout simplement pas.

Je ne peux pas te le cacher. Oui, malheureusement, un jour, nous partirons. Nous irons nous asseoir là-haut, aux côtés de tes arrière-grands-parents, tes grands-parents et de tous ceux partis trop vite. Mais, nous serons toujours près de toi. Dans ton cœur, dans ta tête, dans tes souvenirs. Nous t’observerons, bien installés sur notre nuage. Jour après jour, du meilleur angle qui soit, nous te regarderons, grandir, vivre et vieillir jusqu’à ce que tu viennes prendre place sur ton coin de nuage qu’on aura pris soin de réchauffer pendant toutes ces années.

D’ici là, fais-moi plaisir et efface cette idée de ta tête. Tu es si petit. Tu as toute la vie devant toi. Ne te soucie pas du « après ». Ne te soucie pas de ce qui se passera quand nous ne serons plus là. Tu auras, crois-moi, bien assez de temps pour pleurer notre départ.

Profite de la vie. Ris, joue, pleure. Fais de chaque jour qui passe un beau souvenir. Savoure notre présence, savoure la vie, savoure le temps qui passe. La vie est trop courte pour penser à la mort quand on a cinq ans.

Ta maman, qui t’aimera toujours, même après.

Laurianne Loyer-Bernatchez
LAURIANNE LOYER-BERNATCHEZ

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