Mon chum, je veux un autre bébé

newborn with mother's finger

Mon chum, je veux un autre bébé.

Je le sais. On l’a dit. On a statué que c’était terminé. Que la famille était complète. Que la période des couches achevait et qu’on allait certainement pas remettre le couvert. Que les nuits du plus jeune se faisaient de plus en plus longues et qu’on retrouvait enfin nos quatre heures de sommeil d’affilée. Qu’en en ayant un autre, il faudrait envisager de changer de voiture. Potentiellement de maison. Que ce n’était pas envisageable. Que c’était fini. Mais j’ai changé d’idée.

Mon chum, je veux un autre bébé.

C’est viscéral, je te le dis. J’en veux un autre et ce désir-là gronde au plus profond de mes tripes tellement fort que j’en rêve la nuit. Que je l’imagine le jour. Il reste une place dans mon cœur qui n’est comblée par rien d’autre que son absence. Je veux le porter. Je veux trier ses pyjamas à pattes. Je veux compter les jours avant sa rencontre. Je veux me flatter la bedaine et sentir ses coups de pied marteler mes côtes pour me rappeler qu’il verra bientôt le jour.  Je veux le mettre au monde. Je veux le voir grandir.  Je le veux, ce petit être qui pourrait compléter notre famille. Le dernier, promis.

Mon chum, je veux un autre bébé.

C’est irrationnel, je le sais. Ça ne fait pas de sens de revenir sur la décision que nous avons prise d’un commun accord. C’est irrationnel, je le sais. D’être triste que tu ne veuilles pas ouvrir cette porte à un point tel que je me demande comment je pourrai accepter la suite sans ce petit dernier. C’est irrationnel, je le sais. De pleurer dans la salle de bain en me demandant comment je pourrai accepter ton refus sans que mon regard trahisse toute l’amertume qui s’y insinuera possiblement avec le temps malgré moi.

Mais mon chum, je veux un autre bébé

Je ne me suis plus et je crains parfois d’avoir perdu la raison quand le sentiment que je pourrais sacrifier la famille que j’ai et les enfants qui la composent et qui sont bien tangibles au profit du rêve d’en avoir un autre prend le dessus.

Mon chum, je veux un autre bébé.

Je sais que l’un de nous devra plier et qu’il ne peut y avoir deux gagnants. Que si tu me fais un dernier bébé, c’est toi qui en conserveras peut-être un goût amer. Que malgré le fait que tu l’aimeras comme tu aimes tous nos enfants, une partie de toi m’en voudra de lui avoir imposer son choix et que cette rancœur-là pourrait prendre toutes sortes de formes dans l’avenir. Mais à l’inverse si tu refuses, c’est moi qui perdrai et je ne sais pas non plus comment je gérerai ton refus définitif.

Mon chum, je veux un autre bébé.

Mais au-delà de nos choix, au-delà de sa naissance qui viendra peut-être ou qui ne viendra jamais, je veux qu’on parle. Je veux que tu m’expliques pourquoi il serait de trop et je veux t’expliquer pourquoi il ne le serait pas. Je veux que tu comprennes ma peine. Je veux mieux saisir tes craintes. Je veux que tu me parles de ta vision de notre avenir. Je veux te parler de la mienne.

Mon chum, je veux un autre bébé.

Mais avant tout, je veux qu’on se comprenne pour mieux poursuivre notre route.

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