Les droits des grands-parents, oui. Mais à quel prix?

angry grand-mother with mother and kid

Toutes les familles ne sont pas parfaites. Certaines sont tissées plus serrées. Certaines sont envahissantes. Certaines sont poquées. Certaines sont mieux et d’autres sont pires. N’allez pas vous imaginer que c’est plus vert chez le voisin en fouinant sur sa page Facebook, il n’y a rien de plus faux que l’impression que nous laissent les médias sociaux! On a la famille qu’on a, on ne la choisit pas, on peut seulement choisir nos amis.

La loi prévoit que les parents ont le droit et le privilège de prendre les décisions qu’ils jugent nécessaires pour le bien-être de leurs enfants. C’est ce qu’on appelle l’autorité parentale. L’autorité parentale a cependant ses limites! Le Code civil du Québec prévoit que les parents «ne peuvent pas sans motifs graves faire obstacle aux relations personnelles de l’enfant avec ses grands-parents». En mettant au monde des enfants, donc, peu de parents savent qu’ils n’ont pas l’entier contrôle sur leurs petits rejetons et sur leurs fréquentations.

Parce que toutes les familles vivent leurs hauts et leurs bas, avec les années, des conflits peuvent assurément éclater. Quand les grands-parents ont toujours méprisé leurs propres enfants, ont été peu impliqués, peu intéressés, peu disponibles, on pourrait comprendre que des parents choisissent de ne pas exposer leurs enfants à ceux-ci. Il est là, le bémol dans la loi.

Bien que la loi est prévue pour protéger l’enfant de mauvais traitements, physiques ou psychologiques, il est difficile de prouver en Cour que les grands-parents n’ont fait leur apparition, manifesté leur intérêt que pour rajouter de l’huile sur le feu de vieilles chicanes de famille qui durent depuis des années. Parfois, le jugement tombe pile, d’autres fois, pas du tout. Si l’aliénation parentale existe entre deux ex-conjoints, elle existe définitivement aussi entre grands-parents et parents. Dans les deux cas, ce sont les enfants qui sont perdants.

Les grands-parents qui s’intéressent soudainement aux petits-enfants simplement pour se venger de s’être fait tasser; auriez-vous la décence de vous rappeler qu’il y a de jeunes enfants qui ne souhaitent pas être au cœur de vos conflits d’adultes?

Les grands-parents qui souhaitent réparer leurs erreurs du passé en tentant de le faire avec leurs petits-enfants; sachez que vous ne pouvez pas revenir en arrière. Rien ne sert d’insister.

Les grands-parents qui critiquent ouvertement la façon de faire des parents et qui croient pouvoir mieux faire; ne perdez pas de vue qu’il existe plusieurs façons de faire et que celle de vos enfants n’est peut-être pas la même que la vôtre, mais qu’elle peut être la bonne.

Les grands-parents qui souhaitent préserver le précieux lien qu’ils ont avec leurs petits-enfants; tentez de régler vos conflits de façon respectueuse avec vos propres enfants avant d’intenter des procédures judiciaires. Une discussion à cœur ouvert entre adultes est préférable à une lettre d’avocat livrée par huissier. Il est vrai que d’avoir des grands-parents bien présents, c’est enrichissant pour tous les petits-enfants. Ne les privez-pas de votre présence, vos connaissances et votre amour pour une simple question d’orgueil mal placé ou de vieilles histoires du passé qui ne sont pas réglées.

Catherine I.
CATHERINE I.

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