Lettre à ma brassière

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Toi, oui toi. Ma brassière qui a décidé de rendre l’âme ce matin. Tu étais ma favorite et ce, même si tu voulais me perforer les poumons avec l’anneau qui sort sans cesse. Maintenant, je dois te remplacer. Mais par quel type ? Elles ont toutes leur lot de qualités mais aussi de défauts…

Toi, la brassière de sport, celle qui me comprime tellement la poitrine que j’ai du mal à respirer. Tu es la plus solide de toutes, celle qui empêche mes seins de me causer une commotion cérébrale lorsque je fais du jogging en m’évitant de m’assommer moi-même. Tu existes en tout un tas de couleurs, formes et longueurs. Mais dans tous les cas, toi, la brassière de sport, tu me donnes l’air d’une magicienne qui tente de s’évader d’une camisole de force lorsque j’essaie de te retirer après avoir transpiré mon existence.

La bralette… soutien-gorge ou camisole ? Je crois, bralette, que tu as un problème d’identité. Tu n’offres aucun soutien pour une poitrine généreuse. Tu sais par contre comment offrir de la liberté à une fille ayant une poitrine moyenne ou petite qui ne nécessite pas ou très peu de soutien. Tu es somme toute, assez polyvalente. Pour le confort lorsque je vais me coucher ou quand je veux passer la soirée en mou ou tout simplement sous un chandail. Tu es plus raffinée dans tes motifs et couleurs, mais tu sais, ce n’est pas parce que je ne t’utiliserai pas à tous les jours que je ne t’aime pas.

Pis toi, la brassière pas de bretelle, maudit que tu me fais rager. T’es super pratique lorsque, lors d’une soirée, je veux porter une robe sans bretelles. Tu es la plupart du temps équipée de bandes faisant en sorte que tu me colles à la peau, mais ça fonctionne un peu comme un objet venant de la Chine avec un mauvais manuel d’instructions. Je vais passer ma soirée à te remonter, à ajuster mon haut pour ne pas qu’on te voit. Pis les fameuses brassières collantes, la minute que tu as chaud, ça ne sert plus à rien. Je dois donc utiliser de grandes bretelles que je devrai enrouler autour de moi pour ne pas que tu décides de prendre le large en me laissant moi et ma poitrine tenter de trouver une solution pendant plusieurs minutes à la salle de bain. Tu es la reine du ‘’wardrobe malfunction’’.

La brassière d’allaitement, toi, t’es toute qu’une bébelle. Tu offres du soutien, tu es polyvalente, t’es comme une figurine transformer avec tes clips pour descendre le bonnet et en plus, turbo pratique lorsque j’ai besoin de nourrir mon petit dernier sur le pouce. Tu es vraiment confortable. Mais on va s’le dire, t’es pas la plus belle. Blanche, noire ou beige, tu en couvres large en maudit. Y’a pas une parcelle de peau qui sort de là. Ok, mes seins ont un volume plutôt exagéré, mais laisse-moi en profiter un peu de cette poitrine-là. Sans parler de tes bretelles extra-larges qu’on n’a aucun moyen de camoufler. Même si tu es une Cadillac, t’as pas tout pour toi et je ne tiens pas particulièrement à t’utiliser sur une période de temps plus longue que nécessaire.

La brassière push up, la reine qui trône sur son présentoir chez Victoria’s Secrets. Tu m’émerveilles. Tu es colorée, sexy, tu peux te transformer en retirant tes bretelles pour t’adapter à ma tenue, tu me fais une poitrine incroyable et tu peux même me rajouter du volume. Tu fais même en sorte que j’aie envie de matcher ta couleur flyée avec la culotte pareille. Mais, même si tu sembles avoir tout pour toi, tu causes parfois de la déception. Tu jettes de la poudre aux yeux de ceux qui admirent ton travail sous mon chandail. Je peux parfois, (en SPM mettons) avoir un brin de déception lorsque je te retire pour constater que j’aime bien le look que tu me donnes même si (la plupart du temps) je suis à l’aise avec mon corps imparfait.

Ça fait que finalement, j’pense que je vais sortir mon fil à coudre pis mes aiguilles et continuer à t’aimer, toi ma brassière favorite, celle qui connaît mon corps et mes courbes. Je vais faire en sorte que tu ne veuilles plus me perforer un poumon. Comme ça, je ne passerai pas ma paye chez Victoria’s Secrets.

Stéphanie Robinson
STÉPHANIE ROBINSON

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