L’électronique pis tes p’tits

kid with tablet

Depuis ta jeunesse, la technologie a beaucoup évolué.  Ça t’affecte drôlement plus que tu aurais pu le penser, surtout depuis que tu es une maman.  Ben oui dans notre temps, on jouait dehors à la cachette avec les voisins et le samedi soir, quand il n’y avait pas de hockey et que nos parents se sentaient lousses, on pouvait jouer au Atari ou au Nintendo. Des manettes avec fil et deux pitons seulement.  Sur une télé 19 pouces à roulettes loin d’être HD.  Pis on était heureux!  Mais là, la game a changé. Pas mal.  Pis il faut suivre. Tes enfants sont exposés à toutes sortes de bébelles électroniques depuis leur premier souffle, c’est normal que ça les intéresse. Un peu trop selon toi.

Avant deux ans, tu te disais que tes enfants n’avaient pas besoin de ça et que ça ne pouvait pas les intéresser, ils ne peuvent pas comprendre le fonctionnement à cet âge.  Réveille, fille.  Tu as ton cell tatoué dans la main, y’a toujours une tablette qui traîne et tu skype avec ta famille.  Tes enfants s’intéressent à ce qui t’intéresse, et ils vont vouloir t’imiter.  Avant que tu t’en rendes compte, ils vont savoir ton mot de passe et aller jouer à Candy Crush aussitôt que tu auras le dos tourné.

Après ça, il y a une phase où tu te fais chummy-chummy avec l’électronique.  Tu te dis que si ça peut te donner un break, même si c’est juste pour pouvoir aller aux toilettes toute seule, why not?  Et tu te rends compte que ça peut même servir de gardienne, le temps de prendre un bain, de lire un chapitre ou même de faire le souper.  Sans personne qui te crie des MAMAN ou qui s’accroche à toi comme si sa vie en dépendait.  Et ce petit moment-là, de quasi-silence, il est tellement apprécié!  Pis là, ben vient le temps où ta progéniture s’est habituée à avoir accès à la tablette, presque librement, assez pour parler de SA tablette (avec le nombre de p’tits jeux poches qui l’ont envahie, on peut presque dire qu’ils ont raison).  Ce n’est plus spécial, ni une récompense, ça leur est dû.  Et ça, tu commences à trouver ça ordinaire.  Avant, c’était pour éviter une crise de bacon, mais là c’est quand tu dis non que tu provoques la crise.  Tu commences à trouver que ton alliée n’en est plus une.

Tu embarques dans la sphère infernale de la négociation et de la manipulation.  Tu ajoutes ou retires du temps d’écran selon l’humeur, le comportement ou même les résultats de tes p’tits.  Tu provoques de l’injustice, parce que ton huit ans a eu trente secondes de plus que ta cinq ans.  La phrase Maman attends encore deux minutes, il faut que je sauvegarde te sile aux oreilles.

Suite à cette période, tes enfants vieillissent et ont BESOIN d’un accès à un ordinateur ou une tablette pour les devoirs, les recherches, les communications et les amis.  Ils vont finir par avoir chacun une bébelle à eux.  La dynamique change.  Tu te sens un brin dépassée par les connaissances de tes kids et tu trouves leur présence sur les réseaux sociaux un peu too much.  Tu exiges d’avoir leurs mots de passe.  Tu vas espionner zyeuter les comptes SnapChat, Musicali, Facebook, Line, Youtube et compagnie de tes enfants;  ça te fait un peu peur, eux qui sont encore si innocents (bon, pas toujours).  Ça t’oblige à aborder des sujets qui auraient pu attendre.  Tu dois en secret prendre des cours de mise à niveau avec tes collègues GEEK pour pouvoir les suivre.  Et tu dois changer le mot de passe du wifi souvent.

C’est ça, la nouvelle réalité.  Peu importe que tu laisses tes enfants faire à peu près ce qu’ils veulent sur le net ou que tu les encadres étroitement là-dedans (ou tous les entre-deux possibles), l’important c’est de leur faire comprendre que ce qui est sur le net n’est pas toujours vrai, qu’il faut se méfier de ce qui a l’air trop beau et que surtout, la vie ne ressemble pas toujours à ce qu’on voit.  Que ce qui est publié peut être vu par n’importe qui et que même si ça se veut innocent, ça peut un jour jouer contre toi.  La conscientisation et la confiance, dans les deux sens.  Tes enfants doivent comprendre tes craintes et de ton bord, tu dois avoir confiance en leur jugement.  Après tout, c’est toi qui les as élevés!

Sophie Métivier
SOPHIE MÉTIVIER

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