À toi, mon amie qui souffre

depressed mother

Mon amie,

Je suis inquiète. Quand je suis arrivée chez toi lors de ma dernière visite, j’ai tout de suite remarqué ton regard plongé dans le vide. Tu semblais perdue dans tes pensées, les minutes s’écoulant tout doucement par cette belle journée de printemps. Tu semblais à peine remarquer ma présence. Je sais maintenant que tu retenais tout doucement les larmes qui voulaient couler sur tes joues. Je me suis imaginée quelques instants que tu réfléchissais à ton passé, ton présent ou ton avenir.

Et puis, tu as choisi de m’ouvrir ton cœur. Tu m’as raconté, non sans peine, la tristesse qui t’habite depuis longtemps. Ce mal qui te ronge un peu plus chaque jour et qui te laisse un peu plus affaiblie. Comme un boxeur qui mène le combat de sa vie, tu survis jusqu’au round suivant avec la rage prise au fond de la gorge.

J’ai compris autant que j’ai pu ta détresse. Cette porte que tu cherches depuis un long moment à fermer sur ton passé. En te défaisant petit à petit de tes liens qui t’y ramènent sans cesse. Parce que je l’ai senti, tu as choisi de te battre. Non sans difficultés, non sans embûches, tu souhaites avancer. Pour ta famille et pour toi, tu as choisi de te raccrocher à ce que tu as de plus précieux, l’amour de tes proches.

À travers ton partage, tu m’as mentionné comment c’était difficile pour toi. Que cela était demandant, épuisant. Émotivement, physiquement et mentalement. Que souvent tu as eu l’impression que tu allais abandonner, car tu sentais que toute ton énergie allait y passer. Que le pont que tu devais traverser pour te rendre l’autre côté de la rivière te semblait si loin, bien qu’il soit tout juste devant toi dans l’horizon.

Tu m’as alors demandé si je croyais que c’était ça le combat d’une vie? À vrai dire, je n’en ai aucune idée.

Mais je sais qu’à travers ton parcours, tu rencontreras des jours ensoleillés où tu te sentiras en pleine confiance, sereine et d’autres plus nuageux où tu douteras et qui t’amèneront à te questionner sans cesse. L’inégalité du sentier te fera parfois trébucher, mais je sais que tu te relèveras chaque fois pour continuer ta route, car tu as cette force en toi.

Mon amie, je veux que tu saches à quel point tu es une femme exceptionnelle. Je dois te le dire, ta confiance ce jour-là m’a touchée. J’ai essayé de trouver les bons mots pour t’accompagner. De te soutenir du mieux que j’ai pu. Je ne sais pas si cela a fonctionné.

Je ne serai jamais là pour te juger, mais bien pour t’écouter et te supporter. Pour partager tes joies et tes peines. Parce que telle est pour moi, la valeur de l’amitié…

Véronique Martel
VÉRONIQUE MARTEL

Une réflexion sur “À toi, mon amie qui souffre

  1. D’Anjou Répondre

    Quelle belle écriture ….. Chaque mot est à sa place…. Quel ressenti !
    En lisant ce texte,je m’apercois qu’il me va bien….
    Je traîne depuis l’enfance,tellement de non-dit,de chagrins enfouis,de mal-être…..
    J’aurai aimé avoir une amie telle que vous pour poser des mots sur mes maux….
    A bientôt de vous lire à nouveau….
    j’aime !

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