Lettre à ma belle-fille

unhappy woman with little girl

Peut-être que j’aurais du t’écrire cette lettre plus tôt, après tant d’années difficiles entre nous, mais mieux vaut tard que jamais.

Je tiens à te dire que j’aime ton père énormément, que toi et ton frère venez en combo avec lui. Donc je vous aime aussi, d’une façon différente bien sûr, mais je fais tout mon possible pour être une belle-maman acceptable. Malgré tout, il est important que tu comprennes que toi et ton frère serez toujours la priorité de votre père et c’est parfait ainsi.

Mais il y a de la place pour nous tous dans son cœur.

Le rôle de belle-maman est sûrement le plus ingrat que j’ai connu jusqu’ici dans ma vie. J’ai appris, par essais et erreurs, à jongler avec ce rôle et celui de mère avec mes propres enfants. Apprendre à donner du temps, m’assurer que vous ayez vos petites attentions comme mes garçons, vos moments à vous, sans rien attendre en retour.

Aujourd’hui, mon but est surtout de te faire prendre conscience que ça ne sert à rien de me détester. J’ai tellement hâte au jour je pourrai me sentir acceptée, juste acceptée, même pas aimée. Je ne suis pas dans la maison pour prendre TA place, je veux juste la mienne. Je peux être une alliée pour toi auprès de ton père en tant que seule autre fille de la maison. Je peux être une confidente pour toutes ces choses dont tu n’oses pas nécessairement discuter avec ton père ou ta mère. Je suis une adulte en qui tu peux avoir confiance et qui est disponible pour toi. Il faut apprendre à voir le bon côté des choses.

Je n’ai pas toujours été parfaite, je m’en excuse, je n’ai pas encore trouvé le mode d’emploi. Et des erreurs, je vais en refaire, sois-en certaine. Parfois j’ai pu manquer de patience, exactement comme ça aurait pu m’arriver avec mes propres enfants. J’ai compris avec le temps que je ne pouvais pas agir de la même façon avec toi qu’avec mes enfants. J’en suis maintenant consciente et ça me désole que tu aies pu être blessée. Je souhaite de tout cœur réussir à établir une harmonie dans la maison, dans cette famille reconstituée qui t’est imposée. Le jour où tu seras prête à en parler, tu me feras un immense plaisir, mais en attendant, je laisse aller les choses. La balle est dans ton camp maintenant.

Tu es une jeune fille très intelligente avec un bel avenir devant toi. Parfois en grandissant, on cherche notre place et on a plus de difficulté à résoudre les conflits. J’espère que tu réussiras à me dire pourquoi tu me détestes tant, car j’ai beau chercher dans notre histoire, je ne trouve pas ce que j’ai pu faire pour mériter tant de mépris. Je suis désolée que ma présence te dérange autant. Je sens que tu as beaucoup de peine, mais sache que j’en ai aussi.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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