Je suis jalouse des gens qui se font passer en premier

mother on phone with kid

Je suis jalouse. Je suis jalouse. J’aurais aimé accuser Pierre Jean et Jacques, mais je me rends compte que le problème part de moi. Je suis jalouse de la capacité des gens autour de moi à faire passer leurs besoins avant ceux des autres. Pendant un temps, je les ai trouvés égoïstes, mais aujourd’hui, je réalise que c’est simplement plus facile de le croire que d’accepter que c’est moi qui ne sais plus comment écouter mes besoins.

Est-ce que cela vient avec le fait d’être mère ? De devoir apprendre à prioriser les besoins de mes enfants avant les miens aussi souvent ? N’en reste pas moins que j’ai perdu mon équilibre, que dans cet équilibre manquant sont nés un malaise et une frustration.

Devenir parents demande d’être capables de mettre de côté nos besoins pour combler ceux de nos enfants. En les voyant vieillir et devenir moins vulnérables et fragiles, je réalise cependant qu’ils ont aussi besoin d’apprendre à comprendre et reconnaître que les autres ont des besoins, à apprendre à combler par eux-mêmes les leurs parfois. Ils doivent aussi apprendre à patienter, que certains besoins ne seront pas comblés dans l’immédiat.

Toujours se faire passer en dernier n’a rien de sain, tant dans le modèle que l’on veut être pour nos enfants que pour nous personnellement. Et pourtant souvent, en tant que parents, on fait passer nos besoins loin derrière. En tant que mères, c’est même souvent ceux de la famille au complet que l’on fait passer avant les nôtres. Il y a un équilibre, une vigilance à adopter face à nos propres besoins. Vigilance qui m’a fait défaut.

Et là, je ne sais plus. Je ne sais plus ce que j’ai besoin. Je ne sais plus le reconnaître et je deviens frustrée quand quelqu’un comble ses besoins en premier, alors qu’au fond je ne réussis même pas à répondre à cette question … qu’est-ce que j’ai besoin ?

Si tu espérais un texte plein de réponses, je suis désolée de t’apprendre qu’il n’en est rien. C’est vous toutes que j’ai envie d’entendre pour comprendre comment vous vivez cette réalité au quotidien.  Comment faites-vous pour reconnaître vos besoins, pour les prioriser et vivre avec le maudit sentiment de culpabilité que je me coltine souvent quand il est question de me faire plaisir ou de penser à moi.

Suis-je la seule à le vivre ainsi ? Il est où, l’équilibre ? Comment fait-on pour être une bonne mère sans s’oublier en tant que femme ? Et n’est-ce finalement pas cela, être une bonne maman, savoir garder un juste milieu ?

Cyntia Dubé
CYNTIA DUBÉ

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