Chéri, promets-moi qu’on ne se prendra jamais pour acquis

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En réponse à Chéri, on se prend pour acquis pis c’est pas une mauvaise chose en soi publié le 3 mars 2018.

Chéri,

Aujourd’hui, j’ai le goût de t’avouer quelque chose : j’ai peur. J’ai une peur bleue qu’au travers de la routine envahissante, des médias sociaux en ébullition, le noyau de notre famille – notre couple – en prenne pour son rhume (t’sais, un gros rhume d’homme, là). Je crains que nous nous prenions pour acquis. Car oui, je pense que c’est la pire chose qui pourrait nous arriver. Ça sonne peut-être cliché, mais ça n’en est pas moins vrai.

J’ai peur que nous ne nous remettions jamais en question, qu’on se perde de vue. Derrière nos obligations, derrière nos tracas, derrière nos écrans, c’est si facile d’être présents de corps, mais pas d’esprit. Essayons de parler de ce qui nous préoccupe, de nous épauler, de nous écouter l’un l’autre. Éteignons nos téléphones abrutissants et regardons-nous dans les yeux, tendons-nous la main, quelques minutes par jour, le temps de nous retrouver.

J’ai peur que tu cesses de me trouver aussi belle qu’aux premiers jours, que mon visage ne s’efface derrière ses rides et les plis de ma peau qui vieillit. Par-dessus tout, je vis dans le doute qu’un jour je ne sois plus à la hauteur de tes attentes, mon amour. Essayons de prendre le temps de nous susurrer des mots doux chaque jour, de prendre quelques secondes pour nous sexter en plein après-midi afin d’illuminer le visage de l’autre, de nous quitter le matin avec un câlin, un bisou, un sourire. L’amour est dans les petites attentions, mon cœur.

Se prendre pour acquis, c’est croire qu’on ne doit plus faire d’efforts, que tout est gagné. Malgré le fait que nous nous aimions follement, je crois au plus profond de mon cœur qu’on doit toujours raviver la flamme, toujours faire grandir la flore de notre passion, afin que notre essence, ce qui est à la base de notre union, ne s’éteigne jamais.

Afin que nous ne devenions pas de simples amis ou compagnons de vie, des coéquipiers qui s’épaulent au travers des aléas de la vie. Soyons cette team, mais ayons ce petit-quelque-chose-de-plus, cette impression d’être le nec-plus-ultra de l’autre.

J’ai la certitude que nous nous aimons à travers nos défauts, au p’tit matin comme en soirée, dans la maladie et dans l’euphorie, dans les moments doux et les plus rudes, loin des yeux mais jamais loin du cœur. Ma confiance en toi est aveugle, et je sais que la tienne l’est tout autant.

Mais aujourd’hui, je désire coucher sur papier cette peur qui me hante. Ce démon qu’on appelle « prendre pour acquis », il n’est jamais très loin. Ce serait facile de se laisser prendre au jeu de la facilité, du laisser-aller et de la passivité. J’ai peur que, si nous ne faisons pas attention, le feu qui anime notre amour s’éteigne peu à peu.

Dis-moi que toi aussi, tu veux garder ce feu allumé, mon amour, et promets-moi qu’on ne se prendra jamais pour acquis.

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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