À toi, la mère déconnectée

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La vie va vite. Ta vie va vite aussi. Tu cours du matin au soir, tu ne sais plus trop quoi prioriser ni ce qui ne mériterait pas que tu y investisses tant d’énergie. Tout ce bardas la siphonne comme un immense trou noir. Pis un beau jour, tu te rends compte que t’es à terre. Totalement K.O. Ça paraît pas trop parce que t’es quand même fonctionnelle pour l’essentiel, c’est en dedans que les dommages sont les plus grands.

Tu réalises que ça fait des mois que tu n’as pas souri à pleines dents. T’sais, un vrai sourire qui monte jusqu’aux yeux. Un sourire spontané et contagieux. Celui pour lequel tu recevais de beaux commentaires. Non, maintenant quand on te complimente, on te dit que tu es efficace. C’est connu que l’efficacité rend heureux… Not.

Mais t’as beau t’en rendre compte aujourd’hui, il ne te reste pas moins que ton sourire perdu, tu ne sais plus où le retrouver! Reviens sur tes pas ma belle fille pis essaie donc de voir dans quel tournant de la route il aurait pu tomber. Où et quand l’as-tu perdu?

Mais attends… les larmes aussi, tu les as perdues quand tu y réfléchis bien. Tu sais, ces larmes de joie, de tristesse ou de détresse. Quand tu y repenses, toutes les dernières fois où tu as eu envie de pleurer, c’était d’épuisement. Pis à ce moment-là, t’étais même trop brûlée pour pleurer donc tu ne l’as pas fait.

Où sont donc tes émotions? Tu te sens plus déconnectée que jamais. Un gros bloc ben frette. Comme si une immense barricade s’était érigée autour de ton cœur. Une pierre à la fois, le mur est monté un peu plus haut chaque jour de manière insidieuse.

Tu ne ressens plus rien. Ni joie, ni peine, ni colère. Juste un immense vide. Une neutralité désarmante de pathétisme. T’as envie qu’on vienne te brasser la cage pour reconnecter tout ça, mais tu n’arrives plus à crier ton mal-être. Tu te noies, mais personne ne le voit. Personne ne peut te lancer de bouée.

Alors tu continues de couler doucement vers le fond en souhaitant juste y trouver une base assez solide pour te permettre d’y donner un grand coup de pied qui te propulsera vers la surface.

À toi la mère déconnectée, je dis ceci, de tenir bon. Mon cœur, mon corps, ma tête et mon âme sont tout aussi en détresse que toi. Personne n’a encore vu dans mon regard que la flamme y est éteinte. Mais chaque fois que je tiens mes petits dans mes bras, c’est comme une bouffée d’air qui me permet de tenir plus longtemps sous cette masse d’indifférence.

Oui, tiens bon. Tu en vaux la peine. Ta valeur est inestimable.

Alors attache ta couette et mets tes runnings parce qu’on s’en va marcher toi et moi. On retourne ensemble sur nos pas retrouver notre capacité à ressentir. On s’en va prendre le temps de s’émerveiller devant un coucher de soleil, de pleurer en repensant à nos disparus et d’avoir une montée d’adrénaline à l’idée d’entamer de nouveaux défis.

Tu n’es plus toute seule dans ta marée de neutralité. Et ensemble, je te jure qu’on y arrivera.

Es-tu prête?

Amy Bureau
AMY BUREAU

Une réflexion sur “À toi, la mère déconnectée

  1. Annie Répondre

    Merci 😊
    C’est exactement ce que je ressens en se moment, je me sépare d’une relation de 19 ans et je suis a bout de souffle. Je me rattache a mes enfants mais je le sais qu’ils savent que je ne suis plus heureuse ( j’ai une belle relation avec men enfants et une bonne communication )
    Merci

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