J’aurais voulu qu’ils soient MES enfants

sad woman hug kid

Ça fait maintenant plusieurs années que tu partages ton rôle de parent avec moi. Tu m’as laissé prendre ma place au creux du coeur de tes enfants et je fais maintenant partie de leur quotidien. C’est un cadeau précieux que tu n’avais pas à me faire. Après tout, ces enfants avaient déjà un père et une mère. Mais tu l’as fait et je t’en serai toujours reconnaissante. Ceci étant dit, je dois t’avouer quelque chose : malgré chaque minutes passée dans leur vie, je suis accablée de jalousie.

Je suis jalouse de ne pas être leur maman. J’envie si fort ce lien du sang. J’aurais voulu qu’ils soient les miens. Ce n’est pas que j’eusse quoi que ce soit à vous reprocher, vous, les « vrais parents », c’est futile, je sais, mais ça me chamboule en dedans.

J’aurais voulu connaître leurs premiers jours, quand tu les as ramenés à la maison, vivre ce pur moment d’excitation. Je les aurais regardés dormir en me disant qu’ils étaient le summum de la perfection. J’aurais voulu suivre leurs premiers pas, entendre leurs premiers mots, partager leurs premiers éclats de rire, fièrement installée au premier rang. Je sais ce que tu vas me dire, qu’il reste encore plein de beaux moments à venir, mais suis-je si égoïste d’être attristée par ceux que j’ai manqués?

Suis-je égocentrique parce que j’aurais voulu qu’ils me ressemblent ? Retrouver mes traits dans les leurs. Certains parleront d’orgueil mal placé, mais de retrouver dans leurs yeux ma lignée m’aurait procuré une si grande fierté. Je t’envie quand on te vante leur beauté. J’aimerais connaître ce sentiment, quand on se reconnaît dans nos enfants. J’aimerais connaître cette joie orgueilleuse de comparer mes photos aux leurs, avec un sourire au coin des lèvres. Me dire que leur talent vient de moi ou que c’est de mon caractère dont ils ont hérité.

C’est un privilège que vous avez les « vrais parents » et je l’admets : je t’envie tellement. Je continue de savourer chaque instant auprès d’eux. Et pour me faire plaisir, parfois, je les appelle « mes enfants » lorsque je parle d’eux. Je sais, on me l’a dit bien souvent, ce n’est pas le lien du sang qui fait le parent. Certains s’amusent même à me répéter que je pourrais bien reconnaître en eux certains traits de ma personnalité. Pour te dire franchement, je l’espère sincèrement. Parce qu’être le troisième parent, même quand on peut prendre sa place, ça laisse un petit goût déchirant. Mais malgré tout, je reste fière comme une mère de les voir grandir et s’épanouir.

À défaut de me sentir choyée de leur avoir donné la vie, je les aimerai toujours comme mes enfants. Et même si je n’ai pas pu partager leur passé, je savoure chaque jour de leur présent.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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