Donne-toi le droit à l’erreur

depressed mother

Chaque matin, tu te demandes comment tu vas faire. Comment tu peux faire. Comment tu vas réussir. Chaque matin depuis que tu es devenue maman, tu te demandes comment tu vas t’y prendre. Pour ne pas échouer. Pour réussir. À élever ta marmaille avec brio comme tes parents l’ont fait avant toi. À t’accrocher contre vents et marées, même lorsque tu ne t’en sens plus la force. À supporter ce que tu n’aurais jamais supporté avant de devenir mère. À aimer, même lorsque tu te sens à bout de tout, même lorsque tu n’arrives plus à t’aimer toi-même.

T’as peur de l’avouer. De l’admettre. Mais être mère, tu trouves ça dur. Régulièrement. Quotidiennement. Parce que tu ne te donnes pas le droit à l’erreur. Parce que tes batailles, tu ne les choisis pas. Tu les mènes de front. De la première à la dernière. Parce qu’au fond de toi, tu es convaincue que tes enfants méritent le meilleur.

Sauf que ma belle, t’as oublié qu’à force de toujours vouloir leur donner uniquement le meilleur, t’es plus en mesure de leur donner le plus important : le meilleur de toi-même. Parce que tu as l’impression de survivre uniquement. De t’oublier un peu plus chaque jour. De te remettre à plus tard. Ce que tu ne devrais jamais faire. Parce que ce n’est pas la solution.

Si tu veux t’épanouir dans ton rôle de maman, tu dois mettre certaines de tes convictions maternelles de côté. Parce que tu vas t’essouffler à la vitesse grand V. Parce que tes petits loups tout débordants de leur belle énergie d’enfants, eux, ne s’épuisent pas aussi rapidement. Parce que le soir venu, lorsque tu les bordes, eux ne pensent pas à ce qui les attend.  Ils ne pensent pas à préparer le repas pour éviter la course folle du lendemain soir. Ils ne pensent pas que la brassée de lavage doit être transférée dans la sécheuse. Et qu’elle devra éventuellement être pliée et rangée dans les tiroirs… et ça idéalement avant l’arrivée de la prochaine. Ils ne pensent pas au travail et aux responsabilités qui viennent avec. Ils dorment. Sur leurs deux oreilles.

Crois-moi. En vieillissant, tes enfants se souviendront de vos parties de cache-cache. De vos roadtrips improvisés lors des journées de congé. De vos matins collés sous la couette sans horaire à respecter. De vos sorties au parc. De vos après-midi à sortir les jeux de société.

Mais ils ne se souviendront pas que les repas étaient faits maison et toujours équilibrés. Ils ne se souviendront pas que le ménage était toujours fait de façon magistrale. Ils ne se souviendront pas que le panier de lavage était toujours vide. Ils auront tôt fait d’oublier tes cernes qu’ils voyaient se creuser à longueur de semaine. Ils oublieront que le soir venu, ils te surnommaient maman-pieuvre à force de te voir te démener avec le lave-vaisselle, les lunchs à préparer, les devoirs à superviser et le balai à passer.

Et tu sais quoi? S’ils se souviennent un jour de tout ça, c’est qu’ils seront à leur tour parents et qu’ils passeront de longs moments à se demander comment tu as fait.   Comment tu as pu. Ils oseront peut-être te confier qu’ils trouvent la vie de parents difficile à gérer. Et tu réaliseras à ce moment que tu es en partie responsable de leurs difficultés, parce que ma belle, la barre, tu l’auras mise trop haute à ton tour.

Alors pour le bien-être de tous, respire, vis, apprécie.  Le reste peut attendre.

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *