Être monoparentale

single mom with daughter in bed

Être monoparentale, c’est avoir envie de hurler sur la personne qui te dit d’un air consterné « Je suis monoparentale pour quelques jours, mon conjoint est parti avec des amis », et ne pas bien saisir si la colère vient du fait de ne pas pouvoir avoir un moment avec des adultes, de ne pas avoir de conjoint ou de réaliser que le mot monoparentale vient d’être prononcé de façon outrageuse.

Être monoparentale et devoir aller travailler chaque matin, c’est passer une heure à donner des consignes à un enfant dans son fucking four, finir par le faire marcher en chaussettes de la voiture à la garderie parce que ses souliers ont « refusé d’aller dans ses pieds », travailler toute la journée puis arriver à la garderie et encaisser une crise parce que tu es encore arrivée trop tôt, t’asseoir sur une chaise en plastique bleu et te dire que tu as au moins la chance de respirer une minute et que ton enfant est heureux dans cette garderie.

Être monoparentale, c’est aussi rentrer à la maison le soir, préparer le souper, le repas du lendemain et il faut bien trouver le temps de jouer aux autos une fois dans la semaine, faire le lavage, donner le bain, raconter l’histoire et chanter la chanson avant la crise pour aller au lit. Au bord du burn out, c’est aussi regarder ton garçon haut comme trois pommes te défier et soudainement trouver la force de le recadrer encore une fois en te disant que non, tu ne vas pas laisser ton fils devenir un adulte mal élevé parce que tu n’as plus la force de te battre.

Être monoparentale, c’est entendre une petite voix depuis le siège arrière de la voiture te demander « Ça ne va pas maman ? »  après une dure journée au travail et refouler un flot d’émotions imprévues que tu ne sais pas comment gérer.

Être monoparentale, c’est s’endormir dans le lit de ton fils à 8h30 et se réveiller le visage plein de salive à 11h00, sortir de la chambre de mauvaise humeur et tomber nez à nez avec la pinte de lait qui traîne encore sur la table, les assiettes sales qui semblent rire de ta mine déconfite et les casseroles encore pleines de nourriture à mettre au réfrigérateur.

Être monoparentale, c’est apprendre à ton fils à jouer au soccer et au hockey même si tu ne sais pas comment faire toi-même et constamment espérer rencontrer un homme génial qui lui apprendra enfin comment pratiquer des activités de gars.

Être monoparentale, c’est entendre ton petit bonhomme te dire “maman, je t’aime trop” pour soudainement tout oublier ce que la monoparentalité représente.

La mère Gisèle
LA MÈRE GISÈLE

Une réflexion sur “Être monoparentale

  1. Louison Tremblay Répondre

    Faut l’inscrire aux Grands-Frères, votre petit garçon. Un bon organisme qui va le jumeler avec un homme qui lui servira de modèle masculin.

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