Lettre au salaud qui frappe mes enfants

father want to hit kid

Cher ex,

Aujourd’hui, on va se dire les vraies affaires : tu es un salaud. Tu es un salaud et je t’en veux. Je t’en veux énormément parce que tu es en train de scrapper mes enfants. NOS enfants. En plus de leur faire mal physiquement, tu es en train de leur rentrer dans la tête que c’est de leur faute, qu’ils « le méritent ». Existe-t-il un comportement plus lamentable que celui-là? Je me pose la question tous les jours.

Tu es un salaud et je te déteste.

Sais-tu que tu es vraiment un lâche, de t’en prendre à des plus petits que toi? NOS enfants, bordel. Le rôle d’un enfant est de tester les limites imposées par l’autorité. Par contre, « autorité » ne veut pas dire « domination extrême à-la-Hitler ». Tu es supposé être un modèle, un exemple de maturité et de savoir-vivre. Ce dont tu devrais être fier, c’est le lien de confiance que tu peux réussir à créer avec la chair de ta chair. Te rends-tu compte que tu es en train de rompre ce précieux lien? Que tu fais régner un climat de peur et d’insécurité ? Nul besoin de préciser que tu faillis à la tâche de façon misérable.

TU es misérable et je te déteste.

Jadis je t’ai aimé. Beaucoup. Quand nous nous sommes séparés, je te croyais guéri. J’ai même naïvement cru que nous puissions demeurer amis. Ou du moins être cordial, l’un envers l’autre, pour le bien des enfants. Mais au fil du temps, ton humeur explosive a repris le dessus. Tout ce qui t’arrive est de la faute de tout le monde, de tout ce qui se passe. J’ai tenté de t’aider, de te refiler des trucs, t’sais dans le but de faire équipe… Beaucoup d’énergie gaspillée pour trop peu de résultats.

Quand vas-tu arrêter de me voir comme ton ennemie? TU es l’ennemi et je te déteste.

Je suis partie pour sauver ma santé physique et mentale, mais je n’ai pas pu sauver les enfants. 50% du temps, ils ne sont pas sous mon aile et je me ronge les sangs. Tu gruges ma santé mentale à petit feu, en immisçant des scénarios d’horreur dans ma tête featuring mes précieux et leur bourreau – leur propre père. De s’imaginer que le pire peut leur arriver à tout moment, c’est ce qu’il y a de plus horrible en tant que mère. Parfois, je regrette d’être partie simplement parce que je n’ai aucun contrôle sur ce qui se passe sous ton toit. Si j’étais présente, au moins, je pourrais intervenir!

Les membres de ta famille savaient et n’ont pas agi. Pour cela, je les déteste.

Les témoins silencieux, à mon avis, sont aussi complices. Ils regardent, secouent la tête, n’interviennent pas. Du moins, pas réellement. En quelque sorte, ils banalisent, eux aussi. Toi, tu t’excuses et tu recommences. Toi, tu agis comme un enfant et non comme un père de famille. Tu as besoin de te faire réveiller, de te faire shaker pour de vrai. La semaine dernière, j’ai pris les grands moyens. Avec mon lot de preuves, j’ai agi. J’ai porté plainte et je ne cesserai pas. Je ferai tout ce qui se doit d’être fait, par amour pour mes enfants.

Je veux que tu saches que tu ne t’en sortiras pas. Pas cette fois.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Une réflexion sur “Lettre au salaud qui frappe mes enfants

  1. Maman Anonyme Répondre

    Le problème dans cette situation,
    est que nous les mères de ces enfants, sommes les seules à voir réellement ce qui se passe dans la maison du père lorsque la porte est fermée… et nous avons un problème de justice. Le droit du père est plus important que le droit des enfants.
    En tant que mère, et ayant vécu avec l’homme durant plusieurs années, nous comprenons la souffrance que vit notre enfant. Nous avons vécu cette propre souffrance et nous croyions qu’en prenant notre courage à deux mains pour quitter cette violence, nous croyons nous sauver nous, mais avant tout, sauver nos enfants. Hélas, la justice n’est pas celle qu’elle devrait. Elle protège ces pères et nos leurs victimes.
    Plus le temps passe, plus ces enfants changent de comportements. Vivent de l’anxiété. N’ont pas le droit de parler sous menace. Ils vivent l’enfer. L’homme cherche le contrôle et maintenant, seul avec les enfants, il n’y a plus personne pour le modérer. Il a carte blanche et son besoin de tyraniser est comblé.
    Les enfants ne peuvent pas parler. Ils sont menacés et quand la goutte fait déborder le vase et ose en parler à un adulte de confiance, cet adulte dédramatise la situation ou ne sait pas comment agir. Il ne veut pas s’en mêler. Lorsque le père est au courant que l’enfant a osé parler, les conséquences sont terribles pour ces enfants. Ils apprennent donc à se taire et faire croire que tout va bien.
    Les mères, détruites de voir leurs enfants souffrir de cette façon, essaient de chercher de l’aide, de dénoncer. Mais le système ne les appuie pas. Le système ne les croit pas. Le pire, c’est qu’on les menace de même leur faire perdre leurs enfants car leur anxiété déteint sur leurs enfants. Alors, on protège encore ces pères contrôlants et violents.
    C’est beaucoup plus facile de mettre la faute sur le parent qui est déjà ébranlée de la situation et qui souffre de voir ses enfants souffrir par cette homme violent que  »d’affronter » cet être déséquilibré.
    La mère est donc la seule a pouvoir accueillir les propos troublants des enfants. Elle est donc seule à pouvoir les apaiser du mieux qu’elle peut. Les enfants ne comprennent pas pourquoi leur propre maman continue de les envoyer chez leur père. Ils ne comprennent pas pourquoi elle ne les protège pas alors qu’une maman, c’est supposé faire cela…
    La mère est prise sous la loi du silence.
    Après avoir cogné à toutes les portes possibles pour avoir de l’aide afin d’aider ses enfants, on la referme. On ne l’écoute pas ou encore, on la juge. On lui suggère d’arrêter de faire des vagues. Il faut se taire et attendre que les enfants soient en âge de décider eux-mêmes chez quel parent ils souhaitent vivre…

    Ces enfants souffrants seront marqués à tout jamais parce que notre société protège plus les droits des pères que des enfants et que lorsqu’un mère tente de sortir ses enfants d’un milieu malsain, elle est vue comme celle qui ne veut pas laisser de place aux pères, celle qui est hystérique, émotive et dépressif…
    C’est le plus fort qui l’emporte…

    Vous vivez une situation similaire? Peut-être que nous pouvons nous regrouper pour dénoncer et faire changer les choses… vous pouvez m’envoyer votre histoire et vos coordonnées au protegeonsnosenfants@outlook.com
    Ensemble, on va plus loin…

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