Je refuse d’être une maman aigrie

woman in front of window

Ce matin, je me suis levée avec un goût désagréable en bouche. Un goût qui met peu de temps à s’installer, mais qui colle comme une vieille gomme en dessous d’une chaussure.

Je me sens vieille et amère malgré mon âge. Je me sens vide, inintéressante, comme si j’avais déjà offert au monde le meilleur de moi-même. Une vieille has been qui a fait son temps dont l’opinion et la valeur individuelle importent peu. Le genre de personne qui radote les mêmes histoires sans cesse et qu’on se lasse d’écouter parce qu’on trouve qu’elle n’a rien d’intéressant à dire et à nous apporter.

Je suis une maman comblée, aimante, mais trop souvent solitaire à la maison. J’ai un travail agréable qui me satisfait, mais peu de défis pour me stimuler davantage.

Ce matin-là, j’ai frappé un mur de briques en me rendant compte que j’avais si peu d’aspirations personnelles en dehors de celles que j’avais pour ma famille. Que j’avais si peu accompli de choses sur le plan humain au cours des dernières années, autres que la naissance de mes enfants que j’aime plus que tout au monde.

Je me suis perdue en tant que femme après avoir passé des années à travailler beaucoup trop sans apprécier ma propre vie. Je me suis lancée dans la maternité à pieds joints en fermant les yeux sur mes besoins.

D’un côté, j’ai adopté la vie de maman et j’en apprécie chaque minute. Je suis heureuse de passer du temps avec mes amours et de les voir grandir, s’émerveiller sur tout et rien et être témoin de leurs toutes premières fois. Quand je ferme les yeux le soir, je sais que je me suis accomplie dans ma maternité, moi qui voulais tellement des enfants.

Mais j’ai besoin de plus. J’ai besoin de cette petite étincelle qui me rallume tout doucement et qui change un peu mon existence routinière. Je ne cherche pas l’effet d’une bombe ou d’une dynamite explosive. Je ne cherche pas une carrière extraordinaire qui me mènera au bout du monde. Je cherche un petit quelque chose qui m’appartiendra et qui me rendra fière de moi. Qui me donnera envie de parler, de lire, de fouiller un peu plus loin et de m’émerveiller comme mes enfants. Un petit plus à ma vie bien remplie. Je cherche quelque chose qui pourra me démontrer que je suis plus que ce que je pense.

J’en parle peu dans mon entourage car je n’ai pas envie de me faire dire que je veux le beurre et l’argent du beurre. Que je n’apprécie pas la chance et la liberté que j’ai de pouvoir choisir. Parce que la réponse à mon aigreur est beaucoup plus profonde et que ce serait comme juger un livre à sa simple couverture.

Pour mes enfants et pour moi-même, je veux devenir cette femme accomplie dans plusieurs sphères de ma vie. Je sais et je réalise que cet état est temporaire, car je prendrai les moyens pour combler le vide, peu importe le temps et l’énergie que cela prendra. Je ne sais pas encore de quelle façon cela se fera ni quand. Mais je crois que j’ai ce qu’il faut au fond de moi pour changer cela.

En attendant, je reste tout doucement à l’écoute des signes que la vie voudra bien m’envoyer. Parce que le positivisme vaut plus que broyer du noir dans son coin. Parce que je refuse d’être une maman aigrie.

Véronique Martel
VÉRONIQUE MARTEL

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