À toi, la mère qui n’a pas accouché naturellement et qui se sent coupable

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À toi, la mère qui n’a pas accouché naturellement et qui se sent coupable,

À toi, la maman qui perçoit la façon dont son enfant est né comme un échec, un rêve brisé. À toi, qui se sens incompétente de n’avoir su donner naissance à un enfant par tes propres moyens sans l’aide d’une aiguille ni d’un bistouri. À toi dont toutes les attentes ont été déçues, il est grand temps d’arrêter de t’en vouloir et d’entretenir une culpabilité qui, elle, n’aurait jamais dû voir le jour.

Je sais que tu rêvais d’un accouchement naturel. Que tu avais juré que rien ni personne ne parviendrait à te convaincre d’anesthésier ta douleur le moment venu. Que malgré les contractions qui s’intensifieraient de minute en minute, tu n’abdiquerais pas pour vivre pleinement ce moment unique qui ne repasserait pas deux fois et dont tu souhaitais savourer chaque instant. Mais parfois, la souffrance devient une véritable barrière entre le bonheur auquel on aspire et celui qu’on parvient à saisir et l’appel de la longue aiguille t’a permis de reprendre ton souffle puis de graver dans ta mémoire chacun des instants qui ont suivi son passage. N’oublie jamais qu’avec ou sans épidurale, tu as donné la vie.

Je sais que tu rêvais d’un accouchement naturel. Dans un bain. Dans une maison de naissance. Dans une chambre d’hôpital silencieuse en tête-à-tête avec papa. Et qu’au moment où tout a dérapé, tu as eu l’impression de faire un mauvais rêve. Avec ton soluté de Pitocin. Avec ton moniteur cardiaque. Avec cette infirmière qui ne te lâchait plus d’une semelle et cette interdiction formelle de te lever jusqu’à ce que ton bébé vienne finalement au monde. Mais qui sait ce qu’il serait advenu de toi et ce qui serait advenu de lui si les choses s’étaient déroulées autrement ? N’oublie jamais qu’avec ou sans provocation, tu as accouché.

Je sais que tu rêvais d’un accouchement naturel. Que tu craignais le moment de pousser, mais qu’il faisait aussi partie du scénario que tu tournais en boucle pour t’endormir chaque soir en caressant ton ventre arrondi par ton bébé à naître. Après avoir vu toutes ces femmes expulser leur nouveau-né et plonger leur regard amoureux dans le leur dans le confort de leur chambre d’hôpital, tu t’es retrouvée les bras en croix dans une salle d’opération en vue de te faire trancher l’utérus et d’en sortir l’enfant que tu portais depuis neuf mois après quoi on te le présenterait sans que ton regard dans les vapes, sous les effets de la médication, capte que tu serais séparée de lui pour une période indéterminée. Je sais, ce n’était pas ce que tu voulais. C’est ce que bien peu de mamans veulent.

La vérité, maman, c’est que quand tout est parti en vrille, tu as eu l’impression de perdre le contrôle, puis d’échouer. Mais ta véritable erreur est d’avoir cru que tu avais une emprise sur quelque chose qui t’a toujours échappé. On ne contrôle pas la vie; elle ne nous appartient pas. Mais le petit être qui dort dans la chambre d’à côté aujourd’hui confirme que ton accouchement a sans le moindre doute été le plus grand succès de ta vie.

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