À la maman dont l’enfant a une déficience intellectuelle

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Ça y est. Le diagnostic est tombé. Tu t’y attendais depuis des années, tu t’inquiétais depuis sa naissance, tu savais au plus profond de toi que ton enfant n’était pas comme les autres, mais tu espérais quand même. Tu espérais qu’ils se trompent tous, ces spécialistes. Tu espérais que ta fille rattrape ce retard, que ton fils se réveille un beau matin et que tous les doutes sur un possible trouble/syndrome/maladie n’existent plus.

Le médecin t’a annoncé que les derniers tests ont révélé ce que tu craignais le plus. Bien sûr, tu as pleuré et tu pleures encore à tous les jours. Tu crains le regard des autres sur ton enfant, tu as peur qu’il se fasse rejeter. La nouvelle t’est tombée dessus comme un coup de batte de baseball en pleine face. Tu n’étais pas prête à entendre ces mots : déficience intellectuelle. Quel parent le serait ? Tu veux ce que veulent tous les parents, le meilleur, le bonheur, la facilité, les défis oui, mais des défis normaux de la vie, pas l’insurmontable. Ton enfant est différent, il n’y a pas d’issue.

Pendant que ton enfant prend des mois à apprendre ce que les autres enfants font d’eux-mêmes, facilement, sans efforts presque, toi, tu dois aussi apprendre à vivre différemment. Vivre avec des milliers de questions, sur son avenir, entre autres. Ce n’était pas supposé se passer comme ça. Ce n’est pas ce qui est écrit dans les livres de développement de l’enfant, ce n’est pas ce que tu connais de la vie de parent, ça ne ressemble pas au quotidien de tes amis qui ont des enfants. Tu te sens seule, comme si personne ne pouvait comprendre, ni te donner de conseils. Tu devras faire les choses à ta façon. Lui apprendre à se défendre, à faire sa place, encore plus que les autres. À se foutre des méchancetés que ceux qui ignorent lui lanceront. Tu devras prendre des décisions sur ce qui est mieux pour lui ou elle et surtout, tu devras commencer par l’accepter, si tu veux que les autres l’acceptent. Malgré tous les doutes, les peurs et la fatigue. Ton enfant sera fort, tu en fais la promesse. Déficience intellectuelle, ou non. Sa place, il la fera.

Malgré tout, malgré les petits deuils que tu fais au quotidien, grâce à ton enfant différent, tu es une personne plus forte. Et si tu dois montrer au reste du monde que la déficience intellectuelle est aussi « normale » qu’eux le sont, tu en feras ta mission. C’est utopique, le monde restera ce qu’il est. Mais tu es une maman, ou un papa, celle, celui d’un enfant différent et tu pourrais faire bouger des montagnes s’il le fallait.

Avoir une déficience intellectuelle, ce n’est pas la fin du monde, seulement du monde que tu connaissais. Accepter une différence est un processus. Ça ne se fait pas du jour au lendemain.  Et c’est correct de ne pas accepter tout de suite, tu as le droit. Moi, je n’ai pas encore accepté le fait que ma fille devra rusher plus que les autres toute sa vie, mais je suis fière de ma fille. Je suis fière d’être une maman d’un enfant différent, avec tous les défis que ça comporte. Parce que c’est ma fille et qu’elle m’apprend encore plus que moi je le fais pour elle.

Julie Normandin
JULIE NORMANDIN

Une réflexion sur “À la maman dont l’enfant a une déficience intellectuelle

  1. Isabelle Roy Répondre

    À l’âge de 2 ans nous avons appris que notre fille avait une maladie génétique. Pendant des mois, voir des années, J’ai espéré qu’elle serait comme les autres. Je me disais qu’elle serait capable de combler les retards qui ne cessaient de s’accentuer. Avec l’entrée à l’école J’ai du me l’avouer ma fille a une Déficience intellectuelle moyenne. Si je me bats tous les jours pour l’accepter, l’avenir me fait peur. Ton article m’a beaucoup touché. Merci !

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