Lettre ouverte à celui ou celle dont un proche s’est enlevé la vie

woman in cemetery

Le suicide d’un être proche.

Ce mot que personne ne veut jamais avoir à entendre.

Ce mot auquel aucun être humain ne veut avoir à faire face.

Ce mot qui, dès qu’il est prononcé, te ramasse comme un grain de sable sur le bord d’une plage en plein tsunami.

Ce mot composé de sept petites lettres qui te scie les jambes en deux dès qu’il est prononcé.

Ce terme sombre qui témoigne d’une décision fatale qui est irrévocable.

Ce choix auquel tu as dû faire face, toi la mère, l’amie, la conjointe, la femme, la fille, la grand-maman, le papa, le fils ou peu importe qui tu es, celui qui a été touché par cette extrême tragédie.

J’entends ta douleur.

La culpabilité pèse sur tes épaules, toujours, sans cesse, tu te sens coupable de n’avoir pas su déceler les signes, de n’avoir pas su voir la douleur et la tristesse de l’autre. De ne pas avoir pu faire plus pour sauver cet être tant aimé.

Mais tu ne dois pas culpabiliser.

Le sentiment qui t’habite est intensément douloureux, noir. Ça fait juste mal, ben mal.

L’acceptation de ce choix te passe de travers dans la gorge ou il ne passe tout simplement pas.

La mort est une terrible vilaine qui nous enlève les gens que l’on aime, mais elle est encore plus cruelle quand elle est par suicide, car les réponses à tes questions sont alors inexistantes.

Le néant t’envahit, comme la peine.

Parce qu’on va se le dire, ce n’est pas un simple accident de voiture, ce n’est pas une question de hasard ou de circonstances poches, ce n’est pas une longue bataille contre le maudit cancer ou toute autre maladie. C’est un choix. Un choix dur à comprendre pour ceux qui restent.

C’est un choix que la personne a elle-même fait, inévitablement sans savoir les dommages collatéraux qu’elle causerait autour, sans imaginer l’explosion nucléaire qu’elle allait créer pour tous ceux qui l’aimaient. Elle ne voyait que sa douleur et sa détresse.

Tu dois te rappeler que comme n’importe quelle décision dans la vie, les décisions des autres ne nous appartiennent pas, donc que le fardeau qui s’y rattache non plus.

La décision appartient à celui ou celle qui l’a prise.

Tu n’as et n’auras jamais aucun contrôle sur la souffrance et la peine des autres. Tu peux aider les gens à traverser une passe difficile, mais tu n’as en aucun cas la capacité de choisir pour eux la lumière ou la noirceur.

Tu n’y es pour rien face à cette décision, chacun détermine le chemin qu’il veut prendre.

Mais j’entends, je vois, oh oui!  je la sens ta souffrance, chère épouse, quand tu regarde ton fils et ta fille grandir sans leur papa qui a décidé de quitter cette vie, je la vois, chère mère, la tristesse et la douleur perceptibles dans tes yeux quand tu croises un jeune qui aurait le même âge que ton fils dans la rue.

Tu n’arriveras peut-être jamais à oublier, mais je te confirme que tu arriveras à faire la paix avec cette étape de ta vie, à pardonner à celui ou celle qui t’a privé de moments avec elle ou lui; peut-être n’arriveras-tu jamais à accepter cette décision, ce choix, peut-être que oui, mais tu apprivoiseras assurément un peu plus à chaque jour la douleur de la perte, l’incompréhension et la peine qui l’accompagnent.

Chacun a ses combats.

Et à toi qui penses à ça, qui penses au suicide, tu ne mesures pas l’ampleur des conséquences de ton choix sur tes proches; il existe des solutions, il existe des ressources. Demande de l’aide, pour toi en premier, et pour ceux qui t’aiment autour.

Le suicide n’est pas une option et tu es définitivement important pour nous.

 

Josiane Francoeur
JOSIANE FRANCOEUR

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