Les angoisses de ta naissance, ma fille

depressed mother with baby

Le jour où j’ai su que j’avais un petit humain dans ma bedaine, je savais que ma vie allait changer pour toujours. Je savais aussi que j’allais t’aimer plus que tout ce que j’ai le plus aimé. J’ai su qu’à partir de ce moment, j’allais passer en deuxième dans ma vie. Mes amis et ma famille me disaient que le jour de notre rencontre serait le plus beau jour de ma vie et qu’à ce moment-là seulement, je comprendrais réellement ce que c’était l’amour… Et le moment tant attendu est arrivé, tu es née et le médecin t’a collée contre ma poitrine. Je ressentais de l’amour, bien sûr, mais l’amour tant espéré faisait plutôt mine basse devant la grande vague d’angoisse qui m’envahissait.

Je te regardais, toi, ma petite fille si fragile qui venait tout juste d’atterrir dans ce monde de fou. Comment allais-je faire pour te protéger? Dans ma tête, toutes sortes d’images de film d’horreur faisaient surface : les guerres, l’intimidation, les peines d’amour. Je voulais tant te protéger contre tout le négatif que l’humanité pouvait apporter que j’en oubliais les trésors que chaque être humain possède au fond du cœur. Et puis, j’ai pleuré et encore pleuré! Je n’ai pas eu envie de voir personne pendant des jours. Pourquoi avais-je mis au monde un enfant dans ce monde de fou? Soudainement, la tâche était devenue beaucoup trop lourde pour moi. Je venais d’avoir une magnifique petite fille, mais je ne me sentais pas prête à affronter la maternité. À toutes ces peurs, s’ajoutait la pire, celle de ne pas être à la hauteur. Celle d’être la mère trop sévère, ou la mère trop permissive, la mère qui est pointée du doigt, celle qui ne comprend pas les pleurs de son enfant, celle qu’on juge, bref, la mère qui n’est pas digne de toi, ma fille.

Toutes ces angoisses ont duré dix bonnes semaines. Elles étaient si importantes et prenaient tant de place dans ma tête et dans mon cœur que l’amour avait du mal à se frayer un chemin… Il était là certes, je t’aimais, mais si à ce moment-là j’avais pu reculer le temps avant ta naissance, je l’aurais fait… J’ai honte en écrivant ces lignes, mais c’est bien les dix premières semaines les plus angoissantes que j’ai vécues de toute ma vie. Le verdict était donc tombé : je n’étais pas à la hauteur.

Dans mon cas, ma fille, le début de la maternité ne fut pas du tout magique, mais j’ai eu la chance de tomber sur toi; une petite fille merveilleuse qui fait fondre mon cœur à chaque sourire et à chaque nouvelle étape. J’ai versé une larme quand tes premières dents ont poussé, quand tu t’es tenue assise pour la première fois et quand je t’ai vue ramper pour la première fois. Tu as désamorcé la bombe d’angoisse qui siégeait dans mon cœur pour réellement faire éclore l’amour dont tous me parlaient.

Maintenant, tu as un an et l’amour est partout, tu es ma plus grande fierté, mon rayon de soleil et l’amour que je ressens pour toi est si grand que parfois mon cœur veut exploser. Ma fille, tu as changé ma vie et tout ce que tu y apportes, c’est du bonheur. L’angoisse sera toujours un peu là je suppose, mais l’apprentissage de maman se fait un petit peu à tous les jours. Je suis fière d’être une maman, je suis fière d’être ta maman.

Merci d’avoir changé ma vie, je t’aime.

Stéfany Vanier Legault
STÉFANY VANIER LEGAULT

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