Ta relation amour-haine avec ton allaitement

mother breastfeeding baby

Tu rêvais d’allaiter. Ou pas pantoute. T’étais peut-être incertaine. Tu verrais bien dans le temps comme dans le temps. Puis après un travail digne d’un marathon, on a déposé ton nouveau-né encore tout gluant sur ta bedaine soudainement pas mal plus molle, tes yeux ont plongé dans les siens, pis tu n’as pas pu résister à sa petite bouche en cœur qui commençait déjà à chercher ton sein. C’est à ce moment précis que ta relation amour-haine avec ton allaitement a commencé.

Ton bébé avait beau téter tout le temps, il ne prenait pas assez de poids. Tu te demandais à chaque boire s’il avait assez bu et tu maudissais ton allaitement de te faire vivre un stress constant t’empêchant de profiter de chaque moment. Tu allais tellement souvent le faire peser au CLSC que l’infirmière et toi, vous étiez presque devenues des copines ! Tu rêvais la nuit à des grammes sur une balance au point d’en faire des cauchemars… Mais quand les chiffres augmentaient, quand les grammes devenaient des livres, puis des kilos, tu étais tellement fière de ce pouvoir magique que tu possédais; celui de faire grandir ton bébé avec ton bon lait. Tu remerciais la vie de t’offrir cette belle continuation : après l’avoir fait grandir en toi, tu le faisais maintenant grandir dans tes bras.

Tes seins étaient vraiment magiques. Ils étaient capables d’arrêter instantanément tous les pleurs, toutes les crises. Ils consolaient tous les chagrins et arrivaient à endormir ton joli poupon en moins de deux.  Tu bénissais le ciel de ce remède magique à tous les maux. Tu as commencé à trouver ça moins drôle quand ton adorable chérubin a décidé qu’il n’aimait pas les biberons, ni les suces et que tu allais être sa seule source de nourriture et de réconfort. The One. Ça peut avoir l’air super valorisant vite de même, mais toi tu te sentais un peu prise en otage dans ton rôle de suce humaine et de pinte de lait sur deux pattes. Surtout quand ta petite sangsue te réclamait aux quarante-cinq minutes toute la nuit et que partir deux heures sans elle n’était pas une option réaliste. Tu enviais alors les mamans qui donnaient le biberon en te disant que t’en avais vraiment assez d’être l’esclave de ton bébé.

Ton bébé prenait mal le sein et te faisait mal. Tu avais des crevasses, des gerçures et du muguet. Ton bébé buvait longtemps et lentement. Tu trouvais ça pénible d’allaiter dix heures par jour à regarder le temps passer avec cette impression de passer à côté de ta journée. Pis comme tu n’as jamais été une véritable fan de Candy Crush, tu savais pas trop quoi faire de ta peau pendant que tu remplissais l’estomac de ton mini piranha. Tu n’as jamais vraiment compris de quoi parlaient ces autres mamans quand elles s’extasiaient sur le bonheur d’allaiter. Puis un jour, ton petit a commencé à te flatter en buvant, se décrochant tout sourire et laissant échapper sa dernière gorgée de ton précieux or blanc. Tes jambes devenaient molles tellement tu le trouvais cute et t’avais l’impression que ton cœur allait exploser tant il débordait d’amour. T’as un peu compris ce qu’elles voulaient dire, pis tu aurais voulu que ces moments-là durent toute la vie.

Tu aimes ça allaiter. Ou tu n’aimes pas ça. Tu ne le sais pas vraiment au fond. Et ça tend à te faire sentir coupable. Coupable de pas tripper comme tu devrais quand il boit, coupable de te dire « encore ?», bien découragée, quand il réclame pour la énième fois ton sein dans la journée. Et de l’autre côté, tu ne comprends pas trop ce que tu veux vraiment quand tu as donc hâte qu’il se réveille après une rare sieste qui dépasse deux heures pour pouvoir le coller et lui offrir la proximité que seul ton sein peut lui donner. Tu te mets à douter de ta santé mentale. Coudonc, aurais-tu un petit trouble de bipolarité par rapport à ton allaitement ? Dans ce temps-là, rappelle-toi qu’il n’y a rien de tout noir et de tout blanc et que ton allaitement est aussi coloré que ta vie et c’est ça qui lui donne toute sa beauté ! L’important, belle maman, c’est que tu l’aimes ton petit bébé. Et ça, y’a pas de doute que c’est le cas !

Maryka
MARYKA

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