En avoir un deuxième

pregnant woman with son

J’ai toujours voulu plusieurs enfants. Trois au minimum. Je voyais grand. Je rêvais d’une maison où résonneraient les rires. Je me voyais cajoler toute une ribambelle d’enfants le soir avant le dodo. Je m’imaginais cuisiner des lasagnes gigantesques pour toute la marmaille. Je rêvais de la famille parfaite, moi qui n’en avais comme modèle que ce que j’avais lu dans les livres. Je me voyais presque devenir maman à temps plein, mes enfants, encore imaginaires, étant déjà le centre de mon univers.

Mais, on ne peut jamais prévoir ce que la vie nous réserve et mes projets de maternité se sont effacés peu à peu, jusqu’à disparaître complètement de ce que j’imaginais pour le futur devant tous les imprévus qui se sont présentés sur ma route. Malgré tout, mon conjoint en voulait encore. Moi aussi, ça me travaillait et ça me travaille toujours. Moi aussi, j’ai envie d’un autre petit être à accompagner dans la vie. Moi aussi, j’ai encore de l’amour à donner.

Mais.

Me rembarquer dans les couches, les purées et les nuits blanches, au moment même où ma fille gagne en maturité et en indépendance. Gérer la routine avec un enfant de plus. Avoir beaucoup moins de temps à consacrer à ma plus vieille. Accepter qu’elle devra partager sa maman avec un nouveau venu. En ressentir une culpabilité qui, je le sais, ne me quittera pas avant plusieurs années, si elle vient à me quitter un jour.

Mais.

Choisir un prénom. Préparer une chambre. Plier un lot de petits pyjamas en flattant ma bedaine. Aller à sa rencontre. Sentir cette petite boule d’amour contre moi. L’odeur des cheveux de bébé. Se bercer dans la nuit calme. Le regarder dormir, insouciant du monde qui l’entoure. M’émerveiller devant les premiers rires, les premiers pas, les premiers mots. Lui faire découvrir le monde et ses beautés. Voir la fierté dans les yeux de ma plus vieille, elle qui voudrait tellement être une grande sœur. Ce sentiment de guider un enfant vers l’indépendance, de l’aider à se construire en tant qu’humain.

Et l’entendre m’appeler maman pour la première fois.

Pour une dernière fois.

Maude Tweddell
MAUDE TWEDDELL

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