À toi, la mère de famille ben à boutte de Noël

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À toi, la mère de famille ben à boutte de Noël,

Je t’entends te plaindre que les fêtes te puent au nez depuis le premier novembre comme si tu n’étais qu’une pauvre victime du règne du gros bonhomme rouge et de sa trâlée de lutins et que tu devais obéir à un dégât de lois non écrites sous peine de te faire trancher la tête par Mère Noël. Dans les faits, le temps des fêtes ressemble dangereusement à la maternité; c’est toi qui décides de te pourrir la vie avec des niaiseries et une pression qui t’empêchent de profiter d’un moment qui passe et qui ne reviendra pas.

À toi, la mère à boutte des décorations de Noël, pourquoi est-ce que tu t’entêtes à décorer si ça te fait suer à grosses gouttes ? Au lieu de sacrer dans tes joues en ploguant tes lumières extérieures, pourquoi tu ne te contentes pas d’un sapin en plastique de trois pieds au milieu de ton salon ? Je te confirme que tes p’tits n’ont pas fondamentalement besoin qu’un gros bonhomme de neige gonflable les accueille devant la porte de chez vous le soir et que tes voisins ne te garrocheront pas une douzaine d’œufs par la tête quand tu vas sortir de chez vous parce que tu ne t’es pas procuré le nouveau stroboscope qui chante Jingo Bell pour éclairer ton entrée.

À toi, la mère à boutte du maudit lutin, pourquoi est-ce que tu le fais entrer chez vous année après année si tu le détestes à ce point-là ? Oui, les amis de ton p’tit en ont peut-être tous un, mais ils ont possiblement aussi une piscine creusée, une jeep qui marche à batterie, un iPhone 7 et un Golden Retriever. Comptes-tu te procurer tout ça aussi ?

À toi, la mère à boutte qui déteste cuisiner à l’infini pour les quarante-douze soupers de famille qui s’en viennent, pourquoi est-ce que tu passes autant de temps devant tes fourneaux si ça te déprime rien que d’y penser ? Entre toi pis moi, tout le monde s’en sacre que ton pâté à la viande vienne de chez St-Hubert et que ta bûche sorte tout droit de la Shop Vachon et si matante Aline a le goût de s’en formaliser, elle a rien qu’à rester chez elle le 25 décembre au soir.

À toi, la mère à boutte de courir entre les brunchs pis les réveillons, pourquoi tu n’as pas refusé une couple d’invitations ? Je sais ben que tu ne peux pas toutes les éviter, mais c’est ton droit le plus absolu de dire « non » une fois de temps en temps pour préserver deux ou trois jours de vacances des partys de famille qui finissent plus. Tu n’oses pas le faire parce que mononcle Gaétan ne sera pas content ? Crois-moi sur parole, si tu tiens ton bout cette année, d’ici deux ou trois ans tout le monde aura compris le message et arrêtera de te faire sentir comme de la bouette parce que t’as le goût de rester en mou avec tes p’tits.

À toi, la mère à boutte de te ruiner à acheter une trâlée de cadeaux hors de prix pis d’emballer ça pendant des heures, pourquoi est-ce que tu ne te contentes pas de donner un cadeau à tes p’tits et de laisser tomber le creusage de méninges à l’infini pour en trouver trente-douze autres aussi insignifiants qu’inutiles à offrir à tes grands-oncles pis ton grand-père ? Il me semble avoir entendu quelque part que Noël, c’était une fête pour passer du bon temps en famille, pas pour faire vivre l’économie de la nation pour l’année à venir au grand complet en achetant des cochonneries dont personne ne veut réellement.

À toi, la mère à boutte de Noël, je peine à croire que t’as pas le goût de passer un moment de qualité avec tes p’tits et de voir la magie briller dans leurs yeux le 25 au matin. Ça fait qu’arrête de vivre pour ce que les autres vont penser pis commence donc à enjoyer le moment comme ça te chante. Je te promets que la magie des fêtes va revenir au grand galop pis le Père Noël n’aura clairement rien à voir là-dedans.

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