La bipolarité de tes émotions maternelles

mother crying with baby

Depuis que tu as enfanté pour la première fois (ou peut-être depuis plus longtemps que ça aussi, c’est selon), tu es assaillie par une montagne d’émotions fortes et contradictoires que tu ne peux toi-même expliquer la plupart du temps. Bien qu’il puisse exister une foule de raisons susceptibles de les justifier en passant par les hormones, les SPM ou la gastro de ton plus jeune, sache que ton titre de maman en est peut-être la cause principale, après tout. Si tu te reconnais dans les énoncés qui suivent, c’est que tu as peut-être les émotions maternelles bipolaires toi aussi.

  • Avoir hâte que tes enfants soient couchés pour prendre enfin un peu de temps pour toi. Finalement te retrouver à regarder des photos d’eux sur ton téléphone une fois qu’ils dorment parce que tu t’ennuies.
  • Être fébrile et excitée à l’idée de passer un 24 heures en amoureux, mais avoir le cœur gros et retenir tes larmes en fermant la porte de chez mamie et papi après y avoir laissé tes enfants qui eux, vivent probablement le plus beau jour de leur vie.
  • Être sincèrement fâchée en chicanant ta grande tannante pour finalement éclater de rire devant une mimique ou une remarque candide de sa part.
  • Vivre un bonheur intense et égocentrique en allant magasiner pour toi et toi seule tout un avant-midi. Revenir à la maison avec des sacs de linge pour enfant seulement en te sentant un peu déçue, mais surtout excitée à l’idée de faire essayer son nouveau kit à ton petit loup.
  • Désespérer devant une crise de colère de ton deux-ans, puis danser de joie en ayant le cœur gonflé de fierté deux minutes plus tard devant son premier caca dans le petit pot.
  • Jubiler à l’idée de passer une journée seule avec toi-même. Te laisser ronger par la culpabilité en pensant à tes cocos qui sont à la garderie une fois ladite journée enfin arrivée.
  • Rêver pendant des mois à la première nuit complète que te fera ton bébé. Te réveiller en sursaut à chaque heure de cette fameuse nuit et te précipiter dans sa chambre le cœur battant pour le trouver profondément endormi.
  • Espérer parfois que tes enfants grandissent plus vite pour gagner en autonomie, mais pleurer en cachette en faisant le ménage dans leur linge désormais trop petit.
  • Affirmer haut et fort que ta famille est F-I-N-I-E après une dure journée avec ta marmaille, mais ressentir un vide angoissant en te couchant le soir à l’idée de ne plus jamais être enceinte.
  • Aimer ces petits êtres d’un amour si puissant que ça te fait mal en dedans. Et ressentir à la fois une peur incontrôlable à l’idée qu’il puisse leur arriver malheur.

Oh oui, un cœur de maman peut ressentir tout ça à la fois, et plus encore. Alors à toi, la maman qui vit intensément ses émotions et qui ne se comprend pas toujours, continue d’être fière des petites réussites de tes enfants, de pleurer parce qu’ils te manquent cruellement et de rire aux larmes devant leurs pitreries. Ce sont ces émotions-là qui donnent de la couleur aux souvenirs que tu te construis avec eux.

Et même si ton chum roule souvent les yeux en te voyant essuyer discrètement une larme, console-toi, nous l’aurions toutes versé cette larme, nous aussi.

Anne-Marie Proulx
ANNE-MARIE PROULX

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