Non, nous ne te visiterons pas quarante-deux fois dans le temps des fêtes, matante Aline

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Matante Aline (pis toutes les autres),

Avant toute chose, sache que je t’aime bien. Même si nos intérêts communs sont limités, j’aime ça, jaser avec toi, et je te suis très reconnaissante pour tout ce que tu fais pour moi, mon homme pis les p’tits toute l’année durant.

Ceci étant, ce n’est pas parce que ta présence est plaisante et que tu nous donnes un coup de main de temps en temps que je vais plier devant ton insistance qui n’en finit plus quand tu nous demandes de venir souper chez vous les 25, 28 pis le 31 décembre prochains.

En temps normal, on se voit une fois par mois pis ça fait bien parce que ça nous permet de nous mettre à jour sans qu’il y ait trop de blancs pis de malaises pour nous rappeler que toi pis moi, on a pas grand-chose qui se ressemble ni qui s’assemble. Ça fait que se voir trois fois en dedans d’une même semaine, ça me semble un brin excessif; il te vient d’où, le besoin viscéral de nous voir une journée sur deux en l’espace de sept jours ?

C’est là que tu me dis qu’on est en vacances pis qu’on peut ben débrayer « un peu » de temps pour toi. C’est ben vrai, mais entre toi pis moi, il me semble qu’on court assez à l’année longue pour avoir le droit de prendre deux-trois jours off avec les enfants sans s’embarquer dans des soupers qui finissent à minuit pis des brunchs qui s’étirent jusqu’à sept heures le soir.

Pis là, graye-toi de ton armure, ça va faire mal.

Quand tu me dis que le temps des fêtes, c’est le temps de se retrouver en famille, je pourrais difficilement être plus d’accord avec toi. Mais moi, c’est à ma famille immédiate à laquelle je pense. À mon homme, à mes p’tits. T’sais, les p’tits que je presse toute l’année et à qui je passe mon temps à dire que non, j’ai pas le temps de jouer, parce que c’est le temps de préparer le souper ? Pendant les fêtes, j’ai le goût de leur dire oui pis si je veux faire ça, à un moment donné, en quelque part, c’est à toi que j’ai pas le choix de dire non.

Pis quand je dis non, merci d’accepter que c’est rien que non. Ne reviens pas à la charge trois jours plus tard, ne me sors pas la carte de la culpabilité pour que je m’en veuille de ne pas venir passer la veillée avec toi le 28 décembre et laisse faire ta face longue.

Ça fait que matante Aline, on est contents de fêter Noël avec toi pis la balance de la famille élargie le 26 au soir, mais par la suite, ce sera silence radio et je te remercie de le respecter.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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