Ce qui a changé depuis toi

woman with teddy bear

Il y deux ans jour pour jour, j’aurais dû te mettre au monde. Une petite fille toute rose qui hurlerait à la vie et qu’on aurait déposée sur mon ventre après je ne sais combien d’heures de douleurs incomparables. Tu aurais été ma plus belle blind date.

Comme les choses se passent rarement comme prévu, je n’ai pas pu célébrer tes deux ans cette fin de semaine. Tu n’es pas là et tu ne le seras jamais. Je ne t’ai pas fait de gros gâteau et tu n’as pas soufflé tes deux chandelles. Tes petites mains collantes n’ont pas déballé de cadeaux de petite fille.

Deux ans, c’est beaucoup de temps. J’espère que tu serais heureuse de savoir que je vais mieux. Que j’ai recommencé à écouter de la musique parce qu’elle ne m’agresse plus, elle ne me fait plus pleurer et ne me fait plus sentir coupable de chanter à tue-tête. J’ai recommencé à me trouver belle comme femme et non comme maman déchue.

J’ai recommencé à rire fort, à sortir et à socialiser avec des gens qui n’en n’ont aucune idée. Des gens qui ne savent pas comme j’aurais aimé leur montrer la photo d’une petite peste aux cheveux blonds sur mon fond d’écran; ma petite peste à moi. Ils ne sauront probablement jamais que tu as pris la moitié de mon cœur et que je t’ai laissé partir avec.

730 jours, c’est beaucoup de dodos pour calmer une grosse peine. C’est assez de temps pour faire d’autres erreurs. Je ne sais pas si tu me vois d’où tu es. Je ne sais pas si tu sais à quel point tu as changé ma perception de l’amour, de la maternité et de la beauté de la vie.

Parfois, je rêve éveillée. Je m’imagine te bercer, doucement au beau milieu de la nuit. Je m’imagine t’inclure dans ma routine, t’amener à la garderie, essuyer ta bouche sale après le souper, te donner ton bain. J’arrive presque à entendre ta voix, celle que je t’ai inventée.

Deux ans ont passé mon bébé depuis ton départ. Et c’est avec certitude que je peux désormais affirmer que tu m’as sauvé la vie. Pas une seule journée ne passe sans que je sois reconnaissante de ton passage, rapide comme le battement d’un petit cœur, une page qui se tourne ou le jour qui se lève.

F.
F.

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