À la recherche du piton MUTE

mother with girl mute

Dire que t’avais hâte d’entendre son premier mot.

Un bébé, tout le monde le sait, ça pleure pour s’exprimer.  Les petits gazouillis, c’était bien cute, mais rien ne t’avait préparée pour la suite. T’en avais assez de devoir interpréter les pleurs et autres bruits qui sortaient de son petit corps, mais là, t’aimerais que ça cesse, juste deux minutes. Y’est où le piton MUTE sur ce modèle-là ?

Le moment où tu as entendu le premier mamamaman, tu allais t’en souvenir longtemps que tu disais.  C’est parce que tu n’avais pas pensé au fait que maintenant qu’il le connaissait, ton p’tit allait le répéter à l’infini pour de bonnes ou de mauvaises raisons et pour parfois aucune raison.

Au début, c’est un maman empreint d’amour inconditionnel.  Avec le temps, il se transforme en maman de détresse lorsque tu t’éloignes un peu trop. Ensuite vient le maman d’exaspération, quand tu ne comprends pas ou que tu entres dans sa chambre sans avoir cogné.  Après, il y a le maman pour se faire consoler d’une peine d’amour, d’une vacherie lancée par un soi-disant ami.

Un autre bruit que tu n’avais pas nécessairement envisagé, ce sont les bruits en mangeant.  Le nombre de fois où tu répètes à tes enfants de fermer leur bouche en mangeant excède tout ce que tu peux imaginer.  Une si petite personne, une si jolie bouche, mais tellement de bruit.  Y’a aussi la variante du bruit en buvant dans un verre ou avec une paille (tu vois bien qu’y’en reste plus, ARRÊTE!); le bruit de bébé tétant son biberon est définitivement un doux ronronnement comparé à tout ça.

Pis qui dit enfant dit jeux.  Tu vas maintenant comprendre le regard désemparé de ta belle-sœur quand tu as offert à ton neveu un beau petit jouet avec des pitons qui font de la lumière et qui diffuse une « douce mélodie ».  Aujourd’hui, en tant que bonne mère de famille, tu apprends à faire disparaître les piles et tu espères que ton chérubin ne trouvera pas trop vite le piton on/off, question que tu puisses passer quelques minutes loin de ces petits bruits agressants.  Il y aura aussi la période où tes enfants jouent;  Fiston va t’en faire des bruits de mitraillettes et ta fille va te chanter le répertoire de la vedette du moment jusqu’à ce que tu le connaisses par cœur.  Et là, on ne parle pas de la télé et des petits bonhommes abrutissants qu’ils regardent encore et encore et encore.

Tu vas aussi devoir apprendre à dealer avec les cris, le chialage et l’argumentation incessante.  Peu importe la situation.  Même si tu as raison.  Même pour aucune raison.  Même si tu dis oui à leurs demandes.  Ou si tu dis non.  Parfois ce sont des cris de joie qui te font pogner les nerfs, parce que les réactions sont un peu excessives!  N’essaie pas de comprendre, y’a pas de solution à ça (by the way si tu la trouves, fille, je t’invite à la breveter et à partager sur les réseaux sociaux, tu vas devenir richissime).

Finalement, il y a aussi les bruits qui te fendent le cœur (ou te lèvent le cœur, c’est selon) : ton bébé qui tousse creux, le reniflage perpétuel, qui vomit, les pleurs de grosse tristesse (parfois causés par toi).

Mais parmi les plus beaux sons du monde, il y a le premier Je t’aime de ton enfant, ainsi que tous ceux qui suivront… et le bruit de sa respiration quand il dort paisiblement.

Sophie Métivier
SOPHIE MÉTIVIER

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