Moi, la mère au foyer qui a des enfants d’âge scolaire

pensive woman with coffee

Ça fait que c’est ça. Mon plus jeune a commencé l’école en septembre. Déjà. Ça passe si vite. Il me semble que c’était hier que ma plus vieille venait au monde, et où, après mûre réflexion, mon conjoint et moi décidions que je resterais à la maison avec eux jusqu’à leur entrée à l’école. C’était en 2010. Me voilà donc, sept ans plus tard, par un petit après-midi de semaine, seule à la maison.

Moi qui n’ai jamais senti de jugement de la part de quiconque par rapport à cette décision, je dois dire que depuis quelques mois je ressens une différence dans l’approche des gens autour de moi. Tout à coup, tout le monde est donc préoccupé de savoir ce que je peux bien faire de mes journées. Tout le monde est si curieux de savoir quels sont mes projets, quelle est la prochaine étape. Vraiment, what’s next?

En toute franchise, moi aussi je me le demande.

Je pensais bien que j’étais prête. J’avais un plan bien tracé dans ma tête. Enfants à l’école = retour au travail. Ça allait de soi, je ne voyais même pas ce que j’aurais à faire à la maison à partir de ce moment. Mais sais-tu quoi? En fin de compte, ce n’est pas si simple. Car cette vie sans stress et avec si peu de tracas, il se trouve qu’on y prend goût.  Parce que même s’ils vont à l’école, je peux encore être présente +++ pour mes enfants. Ils peuvent se lever plus tard, ils viennent dîner à la maison, nous jouons dehors en attendant l’autobus chaque midi, ils rentrent directement à 15h30. On a le temps de faire les devoirs ET d’aller au parc avant le souper. TOUS. LES. JOURS. Je ne sais pas si j’ai envie de renoncer à ça. Et en même temps, je suis consciente que peu d’emplois ’’traditionnels’’ me permettront de conserver ces privilèges.

Je pensais que je m’ennuierais, quand ils seraient partis pour l’école. Eh bien non. Pas pantoute. Je continue à faire mes tâches, mon bénévolat, etc. Je prends du temps pour moi. Ça, c’est mal vu hein? Je pense que c’est le pire tabou! Une mère au foyer? Pas de trouble, tant qu’elle a mille projets et de la broue dans l’toupet, ça va sans problème! Mais si elle peut se permettre d’écouter la télé, lire ou dormir, ouille, là on frôle la paresse et ça, c’est inacceptable.

Si au moins j’avais un mari qui me pressait de reprendre ma carrière, ça m’aiderait! Mais non, comme d’habitude, Chéri est bien compréhensif et très à l’aise avec peu importe ce que je déciderai. On a vécu sept ans avec son seul salaire, sans être dans la misère, alors il n’y a ni nécessité ni urgence que je renfloue les coffres familiaux. Ben coudon.

Au fond, je suis chanceuse. J’ai TOUTES les options. Demeurer à la maison, démarrer une entreprise, prendre des contrats à la pige, trouver un job de 9 à 5, travailler douze heures semaine, de jour ou de nuit, retourner aux études : toutes ces possibilités, et bien d’autres, sont envisageables.

Finalement, c’est peut-être ce que mes sept années de mère au foyer m’auront apporté de plus précieux : aujourd’hui, j’ai le loisir, et le temps, de choisir le parcours professionnel qui conviendra à notre famille. Et non l’inverse.

Que le marché du travail se tienne prêt; j’arrive. Mais comme ça me tente,

Mélissa Brassard
MÉLISSA BRASSARD

Une réflexion sur “Moi, la mère au foyer qui a des enfants d’âge scolaire

  1. Rich Répondre

    Bel article. C’est vrai que les gens ont le jugement facile. En temps que père au foyer (eh oui, c’est ma femme qui fait vivre la famille) je peux vous dire que ce n’est pas évident (pour les autres) et que les gens ont beaucoup de chose à dire sur la question.

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