Lettre à ma fille : toi et ton TDAH

concentration trouble little girl

Ma belle fille,

Aujourd’hui, je comprends mieux. Ça a pris du temps, mais je comprends. Maintenant nous devons apprendre à vivre avec cette nouvelle bibitte. Celle qui a pour nom le TDAH.

L’an dernier, ça n’a pas été facile pour toi. Tu étais tellement fière de débuter ta première année, d’apprendre des choses nouvelles, de te mettre au défi, de te faire de nouveaux amis. Tu es arrivée avec ton plus beau sourire dans ta salle de classe. Tu croyais que la transition depuis la maternelle serait facile. Mais petit à petit, ton sourire a disparu.

Tu accumulais les échecs de la vie scolaire un après l’autre. Difficulté à enchaîner les lettres, à comprendre les sons, à mettre en application les consignes qui semblaient simples. Peu importe ce que tu faisais, tu ne savais pas comment arriver au résultat. Ta confiance en toi en a pris tout un coup. Et ça, ma fille, tu n’as aucune idée à quel point c’était difficile pour moi. J’en ai pleuré toute une shot parce que je ne voulais pas que tu échoues. Parce que je ne voulais pas que tu perdes foi en tes capacités. J’avais peur que tu ne veuilles plus être toi.

Malgré toutes les mesures d’aide mises en place, tu n’y es pas arrivée. Vers la fin de l’année, le téléphone a sonné. La directrice m’a expliqué que le choix nous revenait. Nous pouvions faire en sorte que tu passes en deuxième année ou que tu reprennes ta première année. Ta confiance en toi étant déjà au plus bas, je ne pouvais pas concevoir la détruire plus. Tu as donc repris ta première année.

Nous avons procédé par étapes. Optométriste, orthopédagogue, orthophoniste, psychologue, travailleuse sociale. Pour en arriver à la conclusion qu’il y a une petite bibitte qui t’habite. Le fameux TDAH. À l’annonce du verdict, chez moi le soir après t’avoir bordée, j’ai pleuré ma vie. J’ai pleuré parce que par bout, je me suis trouvée rough avec toi. Je ne percevais pas pourquoi tu ne comprenais pas. C’était si évident pour moi ce que tu devais faire. Mais malgré tout, j’ai perdu patience envers toi parfois. J’ai pleuré parce que je ne voulais pas en arriver à la médication. Pleuré parce que quand on est mère, on a toujours tendance à s’en mettre plus sur les épaules et à se blâmer pour tout. Je me suis blâmée parce que je l’ai senti comme un échec. Parce que je n’étais pas capable de t’aider.  Pleuré de joie aussi. Parce qu’enfin je comprenais que ce n’était pas de ta faute. Pas de ta faute parce que tu n’étais pas capable de verbaliser ton incompréhension et ta frustration.

Aujourd’hui tu travailles fort. Et moi aussi d’ailleurs. On travaille ensemble pour t’aider à verbaliser ce qui te met en colère et ce que tu ne comprends pas. Les pleurs refont parfois surface quand nous faisons tes devoirs et leçons le soir et que tu fonds en larmes parce que tu ne comprends pas. Parce que tu en as assez. Parce que c’est difficile.

Je me suis faite à l’idée que la médication va t’aider. Tu la prends comme une championne, et avec le sourire en plus. Tu me montres une force incroyable. Tu sais que tu fais un pas en avant et tu en es si fière.

Cette année, ton sourire est revenu. Tu te fais de nouveaux amis et ta confiance a repris le dessus. C’est beaucoup de travail mais tu es forte, ma fille. Aujourd’hui, on pleure ensemble quand on ne comprend pas et on finit par en rire et aller chercher de l’aide pour pouvoir avancer. T’sais, ma fille, moi aussi je dois apprendre à la comprendre ta petite bibitte.


Une réflexion sur “Lettre à ma fille : toi et ton TDAH

  1. Geneviève Kirouac Répondre

    Merci pour ce texte et tous les autres. C’est mon quotidien depuis plus longtemps même que le diagnostique, maintenant elle est au secondaire, il y a moins de pleurs et beaucoup plus de bonheur.

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