Merci de prendre un break, les mères indignées

upset woman

On dit qu’on est à l’ère de la liberté d’expression. Que tout le monde a le droit de donner son avis sur le contenu de son choix dans le contenant qu’il juge approprié. Le problème, c’est que le jugement vient souvent en option quand on se sent trop étroitement concerné par un débat et particulièrement quand on se met à croire qu’on est attaqué en tant qu’individu là où on ne l’est pas du tout. Ça fait qu’aujourd’hui, merci de bien vouloir lâcher du lousse, les indignés.

Quand je dis que mon p’tit me mène la vie dure et que je le mettrais en vente sur Kijiji, c’est une blague et j’aime à croire, un peu naïvement, que n’importe qui de sensé est en mesure de la saisir. Ce n’est pas parce que je suis tombée enceinte rapidement (ou pas, qui peut réellement le savoir au fait à part moi ?) que je n’ai pas le droit de me plaindre que la maternité n’est pas rose tous les jours parce qu’il y a des femmes qui tentent d’avoir un enfant mais qui n’y arrivent pas. Merci de ne pas mêler les cartes. Je peux à la fois en avoir mon quota de ma journée avec mon p’tit, reconnaître la chance que j’ai d’avoir un enfant en santé et avoir beaucoup de sympathie pour tous les couples infertiles de la planète. Je suis polyvalente de même.

Quand je dis que c’est mon chum qui allume le barbecue et qui passe la tondeuse, c’est un fait. Loin de moi l’idée de prétendre qu’une femme ne peut pas flipper des boulettes ou s’adonner à la tonte de sa pelouse avec sa tondeuse à gaz mais moi, je ne le fais pas. Non pas parce que je ne me soucie pas du sort de la femme et de son évolution dans la société ni parce que je vis dans le passé, mais bien parce que moi, allumer le barbecue, ça me fait peur et passer la tondeuse, ça me fait suer, alors que mon chum, lui, y ‘a pas de problème avec ça même si c’est pas un fan du coupe-bordures. Alors merci d’arrêter de croire que j’entretiens une quelconque forme de sexisme dans les tâches ménagères parce que je ne cuisine pas sur le grill.

Quand je dis que les animaux sont à mes yeux un paquet de troubles ambulant, c’est que je le pense vraiment. Je déteste le poil, les litières et toutes les odeurs s’apparentant au fumier de vache de près ou de loin. Ceci étant, je ne suis pas en train de dire que les gens qui ont des chiens sont des imbéciles ni qu’il faudrait éradiquer tous les animaux domestiques de la planète. Du calme.

Quand je dis que j’aurais aimé avoir une fille pour jouer à la poupée avec elle et lui mettre des petites robes roses, c’est la plus stricte vérité; je ne me l’ai jamais imaginée toute de bleu vêtue en train de jouer aux petits chars. Qu’on se comprenne bien, toutes les filles qui le souhaitent peuvent se vêtir de la couleur qui leur plaît, mais je n’entretiens pas de double-standard en souhaitant habiller celle que je n’aurai jamais en rose. Le rose n’est pas une couleur qu’on doit systématiquement associer aux filles, OK, mais elle n’est pas non plus devenue interdite. Les nerfs.

Quand je dis que mon chum n’est pas un kingpin du lavage et qu’il se débrouille comme un coup de pelle dans une quiche dans une cuisine, je ne suis pas en train de le traiter de bon à rien. Je suis en train de faire part de quelques-unes de ses faiblesses. T’sais, les faiblesses, ces  choses dont nous disposons tous et qui ne font pas des épais de nous pour autant. Pis t’inquiète pas, je n’ai pas non plus de problème à parler des miennes.

Quand je dis que j’ai déjà pratiqué le 5-10-15, que je n’ai pas voulu allaiter mon p’tit, que je lui ai donné du solide à trois mois et que j’ai pris un verre de vin en neuf mois de grossesse, merci de ne pas me traiter comme si j’avais balancé mon bébé en bas du quatrième étage. Peut-être que ces pratiques-là ne font pas ton affaire mais elles ne font pas de moi une criminelle ni une mère qui n’a pas à coeur les besoins de ses enfants. Ça se peut, des individus qui ne pensent pas pareil. Essaie de te le rentrer dans la tête une bonne fois pour toute au lieu de perdre ton temps à me tomber sur la tomate en prétendant que toi, tu as clairement la science infuse.

Quand je dis que la maternité c’est pas toujours facile, que c’est souvent bien loin de ce que je me figurais pis que rien n’est aussi pénible que d’être privée de sommeil, le temps que le p’tit fasse ses nuits, tout ce que je veux, c’est expliquer aux gens qu’être mère, c’est pas rien que gambader dans un champ de ballounes roses au printemps. Je ne cherche pas à décourager la planète entière de procréer. Ben non. Je pense que le monde est assez intelligent pour se faire leur propre opinion quant à la difficulté d’être parent.

Ça fait que merci de bien vouloir respirer par le nez. Le monde n’est pas complètement noir et il n’est pas complètement blanc. Il est quelque part entre les deux, dans un endroit où l’on peut penser ben des affaires sans grimper dans les rideaux pis faire un show de boucane là où il n’y a clairement jamais eu de feu.

Ça fait que merci de prendre un break, les mères indignées.

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9 thoughts on “Merci de prendre un break, les mères indignées

  1. Cat Répondre

    C’est vrai que les animaux c’est un trouble de plus, très d’accord avec toi. Mais les miens même si sa me tente pas faire les litières je les aimes. Par contre pas un de plus, rien même pas un poisson. 😄

    Oui chaque mère fait comme bon lui semble mais y’en a toujours pour critiquer PEUT IMPORTE le choix qu’on fait… Bin plate ca.

  2. Sophie Répondre

    Quand on a des opinions bien tranchées, avec un humour cinglant, il faut avoir ce qui va avec!Si tu trouves qu’il est pertinent de partager un sujet, qu’il est suffisamment important pour être écrit, tu devrais l’assumer entièrement. Connais -tu les passoires de Socrate?

    Une grande femme m’a fait un grand cadeau un jour, elle m’a appris que tout ne mérite pas d’être dit et pourtant cette femme était journaliste, féministe, activiste pour la paix. Elle en a dit des choses mais elle n’a jamais parlé d’elle ou de ses choix personnels : non mariée , mère de 3 enfants, séparée, végétarienne, non baptisée et tout ceci dans les années 1930 à 2000….. Elle avait appris que de vivre selon ses convictions exigeait parfois de se taire , tout simplement. Je sais que parfois la critique est sévère, que les gens jugent vite et sont souvent cruels surtout dans l’anonymat, mais tu le sais qu’ils sont ainsi, ne demande pas la tolérance, soit celle qui est la tolérance . Tu as de l’humour, une bonne plume, tu pourrais aussi écrire des choses que tu auras réellement envie de défendre et sous un angle que tu seras capable de défendre envers tous.

    Personnellement , ma mère disait des choses avec cynisme tel que : j’aurais donc du être une soeur. Enfant, je ne comprenais pas le second degré, je comprenais surtout qu’elle ne voulait pas d’enfant et cela a affecté ma personnalité. Donc j’espère que tes enfants n’apprendront pas à lire avant que leurs personnalités soient bien formées. Car on peut demander aux adultes de se calmer le pompom mais on ne peut pas demander à un enfant de se détacher des paroles de sa maman. Seras-tu capable de défendre tes paroles vis à vis eux ?

    1. sunday Répondre

      Tu vois c ce genre de jugement qui n’est pas apprécier lol. Tu peux ne pas être d’accord avec son point sans attaquer la personne directement c la la différence. De dire que tu espere que ses enfants ne s’auront pas lire avant de comprendre c moche un peu. Tu sais mes enfants je leur fait de cynisme depuis qu’ils sont tout petit et je leur explique suffisamment souvent que je les aimes plus que tout au monde pour qu’ils sache que même si maman lâche des « j’aurais préférer être bonne-soeur » ils comprennent que maman AUJOURD’HUI elle en a son quotas. Il ne faut pas non plus comparer son vécu et l’appliquer à tous. Ce texte ne te rejoins pas d’accord, mais ne tattaque pas à cette personne sans connaître rien d’elle c moche et c exactement ce qu’elle dit dans son texte. Ton attaque est pt pas aussi intense que celle que je vois passer parfois, mais elle peut-être blessante. Même si elle a décidé de partager ses peines et ses joies cela ne donne aucunement le droit au gens de s’attaquer à elle directement ou de s’attaquer à une généralité. Je n’ai jamais lu un texte qui attaquais les gens alors pourquoi le faire? Demande toi si ce que tu dis pourrait être pris et vue selon chaque personne et si il y a un soupçon de « elle se sentirai mal » Ben abstient toi :). Voilà

      1. Sophie

        Bonjour Sunday,
        Ils ont quel âge tes enfants? Comment sais tu qu’ils ont compris?

        Je n’avais pas attaqué la personne dans mon commentaire précédent, c’est pourquoi, je crois, qu’il a été publié, car je pense que la modération aurait intercepté un message qui aurait attaqué l’intégrité d’une personne sans rien apporter en retour.

        Les mamans d’aujourd’hui en ont beaucoup moins à faire que les mamans d’hier en avaient ! On ne lave plus notre linge à la main et on a beaucoup moins d’enfants …. Mais la maman d’aujourd’hui se plaint juste beaucoup plus et moi je suis inquiète des conséquences sur les individus à long terme.

    2. Mel Répondre

      Je ne crois pas qu’un seul texte parle de regret d’avoir eu des enfants…mais plutôt de dire tout haut, avec humour ce que beaucoup de mamans pensent tout bas. Moi aussi ça m’a affecté que ma mère me raconte qu’elle a bien voulu me foutre dehors quand j’avais 4 ans et que je faisais juste pleurer. En étant maman à mon tour…je comprends ce qu’elle vivait et ce qu’elle voulait dire. Il y a 2 termes qui s’appliquent ici… HUMOUR – FAIRE LA PART DES CHOSES… my god les mères aujourd’hui sont aussi coincées qu’une autoroute à l’heure de pointe….relaxe la mère indignée!

      1. Sophie

        Tu as bien compris l’essence de mon commentaire: les mères y pensent tout bas, est-il nécessaire de la dire tout haut?

        L’humour a sa place, mais si on ressent le besoin de faire un texte pour dire aux gens de ne plus intervenir c’est qu’on assume pas ce que nous avons écrit donc on ne devrait pas l’écrire. Ceci me semble une évidence !

        Si un jour je ne dis plus ce que je pense quand je suis indignée, je pense que ce sera parce que j’aurais abandonné. Si tu avais une petite idée de se que j’ai accompli dans ma vie , ce que j’ai changé dans la société par mes paroles et mes actions quand je suis indignée , tu ne me dirais pas de relaxer. Pour l’humour, tu as raison j’en ai pas et j’ai pourtant une belle vie 😀

    3. Sunday Répondre

      Mes enfants comprennent très bien ce que je tente de leur faire comprendre ne t’inquiète pas avec ça. Comment je le sais? Ce son mes enfants et je les connais parce que c moi qui les à tricoter. Dans la vie tu apprend de tes erreurs et de celle des autres aussi, personne n’est parfaite et si ce que ta mère ta dit ta affecter, cela a du quand même t’apporter dans ton futur. Nous sommes fait d’erreur et de bon coup. Là où je n’était pas d’accord avec ton opinion c lorsque tu lui dit que tu espere que ses enfants n’apprendrons pas à lire avant de savoir comprendre. Comme si sont texte allait les detruire. Chaque personne réagit différemment à une chose. Son point était qu’il faut cesser de s’en vouloir. Qu’un enfant réagira à une action et un autre réagira d’une autre façon. Il n’y a personne sur la terre qui peux se prétendre parfait. Dire des choses comme telle c se prétendre parfaire. Je crois que c une grande fille et qu’elle n’a pas besoin de se faire faire la morale tk

  3. Mel Répondre

    Sophie…Oui, c’est nécessaire de le dire tout haut dans la mesure où ça fait du bien de ne pas ce sentir seule parfois.

    J’ose te faire un parrallèle entre les mamans d’avant et les mères d’aujourd’hui. Tu prétend que nous en avons moins à faire aujourd’hui qu’avant qu’on on se plaint? Lol Oui elles lavaient leurs linges à la main et avait 45 enfants…mais n’avaient pas la pression sociale d’aujourd’hui. Les enfants restaient à la maison…pas de courouillage à la garderie, rarement une femme se retrouvait seule avec sa batch de mini moi etc etc etc…a liste peut être immensément longue. La vie n’était pas la même . Elles ont eu leurs lots de défis et on a les nôtres…Elles, elles avaient juste moins de moyen pour exprimer leur écoeurement et je suis sur qu’en avoir eu la chance…elles l’auraient faites.

    Je me fou un peu de ce que tu as changé avec ton indignation…tu n’as certainement pas changé mon opinion à ton égard de tout simplement aller lire le rider’s digest si tu n’aimes pas lire les textes de mères qui ont juste envie d’échanger sur leur réalité

    Peux-être que tu as une belle vie (peut-être aussi que tu devrais te partir une page de la « parfaite maman » tout cour… et nous laissé rire en paix. 😁

    1. Sophie Répondre

      Mel ,

      la pression sociale dont tu parles c’est toi qui te la mets. Tu peux rire et a aucun moment j’ai dis de ne pas le faire. Mais si tu n’assumes pas ce que tu écris , tu te tais et c’est tout. Si tu remarques l’auteur du texte à compris l’idée de mon texte car elle a eu la seule réponse possible : ne pas répondre.

      La parfaite maman dont tu parles ça semble être toi , vu que tu sembles me prendre de haut ! Mais moi , j’ai aucune pression sociale donc tes paroles me semblent seulement inutiles. J’aimerais que tu ajoute à ta pression sociale que tes enfants n’ont pas a subir tes paroles d’écœurement, que tu as choisi de les avoir, tu choisis au quotidien comment tu les éduques, tu choisies à quelle garderie tu les envois , tu choisies si tu restes avec eux à la maison. Donc soit tu assumes tes choix et tu te tais ou soit tu fais d’autres choix.

      Les nouvelles mamans ont appris à communiquer , elles ont appris tous leurs droits mais elles n’ont pas apprises à se taire … et franchement ça manque à l’occasion . Pas facile pour une enfant roi de faire des enfants… Mais l’adulte c’est toi !

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