Mon bébé, je ne m’habituerai jamais à ton absence

sad woman alone

Ça fait déjà plusieurs années que tu vis dans tes deux maisons différentes. Quelques jours par mois chez maman, quelques jours par mois chez papa. Pourtant mon bébé, je n’ai toujours pas su m’y habituer. J’en viens souvent même à me demander, si un jour j’y arriverai.

Parce que mon bébé, quand tu pars chez papa, mon cœur est lourd. Chaque matin où tu quittes pour ton autre maison, je t’aide à t’habiller, à déjeuner et à préparer ta petite valise avec un pincement dans le fond de mon cœur. Je sais que dans moins d’une heure, je te déposerai devant la porte de l’école sans pouvoir te dire « à ce soir ». Je sais que ton câlin d’au revoir ne me sera assurément pas assez long. Je sais aussi que mes pieds sembleront fixés au sol par l’envie irrésistible de rester avec toi au moins pour une dernière journée. Et je tente tant bien que mal de le cacher.

Parce que mon bébé, quand tu pars chez papa, la maison est vide. Il y manque de la vie, des cris, du bonheur. Notre bonheur. Aussitôt rentrée, je ramasse les derniers jouets qui sont restés sur le plancher, suite à tes scénarios de jeux endiablés. Je tire ensuite la porte de ta chambre, à mon goût beaucoup trop propre et bien rangée. J’ai rapidement compris que cette habitude si simple m’évite d’y être constamment confrontée. Il y a aussi les soirées sans toi. Celles qui me paraissent trop calmes, trop simples. Ces soirées-là, j’ai l’impression qu’elles tournent en rond. J’ai l’impression que je cherche de quelle manière compenser ce silence. De quelle manière compenser le fait que durant les prochains jours, je n’aurai pas à m’occuper de ton petit être.

Parce que mon bébé, quand tu pars chez papa, j’ai peur de ne plus jamais te revoir. Au dernier moment où je te serre dans mes bras, au dernier regard affectueux que l’on s’échange, au dernier sourire que l’on partage, j’ai peur que tout s’arrête. Sur le chemin du travail, je ne peux m’empêcher de penser. Avons-nous passé du bon temps? Ai-je été trop dure, trop absente ? Et si par malheur nos dernières minutes ensemble se sont avérées plus négatives, j’ai le cœur gros. Le cœur plein de regrets. Ce n’est pas rationnel, je sais, mais j’ai peur de ce qui peut se passer par la suite. Et s’il arrivait un accident ? Et si nous n’avions pas su profiter de nos derniers instants, faute de temps  et de routine trop précipitée. Et si tu partais sans que j’ai pu te dire que je t’aime. Et si j’avais oublié de te le dire encore une fois. Non, ça je ne l’oublierais jamais.

Parce que mon bébé, quand tu pars chez papa, je ne décroche jamais totalement. Ce sont mes journées pour décompresser, pour  me changer les idées et pour penser à moi. Le temps de sortir, de voir mon entourage et de m’amuser comme dans le bon vieux temps. J’en retire toujours plein de plaisir, mais au fond tu es toujours là. Tu es là, bien ancré dans le fond de mes pensées. Ces soirées-là, j’aimerais pouvoir être totalement disponible mentalement. J’aimerais redevenir jeune et insouciante. J’aimerais sentir que je peux fuir mes responsabilités, l’espace d’une soirée. Mais au final, je suis libre sans être totalement disponible. Et malgré le bien que peuvent me faire ces journées rien que pour moi, j’ai hâte  de te retrouver.

La vérité mon bébé, c’est que ça fait plusieurs années que tu vis entre tes deux maisons. Plusieurs années que je dois te partager avec papa. Et malgré tout mon bon vouloir d’y parvenir, je ne me suis jamais faite à cette idée. Peut-être qu’un jour je pourrai y arriver. Parce que mon bébé, quand tu pars chez papa, tu es constamment en train de me manquer.

Catherine Vignola
CATHERINE VIGNOLA

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