Toi pis le maudit commérage

shocking secrets

Je ne sais pas trop si c’est  moi qui vieillis, mais le commérage, je ne suis plus capable.  Les potins, les «y paraît» pis les «ç’a d’l’air que» ne me donnent plus le goût de poursuivre la conversation.  Je décroche, littéralement.  Bon, avant de me dire que tu ne fais pas ça toi, fais ce petit examen de conscience avec moi…

Tu sais là, quand tu regardes Facebook ou Instagram et que tu fouines sur le profil de ta chum à qui tu n’as pas parlé depuis six mois pour savoir si elle est en couple avec Untel?  Ou quand tu t’empresses d’aller voir le profil Facebook de ton voisin pour voir s’il n’y aurait pas des nouvelles photos révélatrices parce que tu l’as croisé en ville avec l’ex de ton meilleur ami ? Ben ça, c’est un départ parfait pour le commérage.  Parlant tout bas, en mettant la main devant ta bouche pour que ta chum écoute attentivement ton potinage empêcher le monde d’entendre, tu y vas de tes meilleures potins observations : «Oui oui, je te le dis, Julie, là ben elle a laissé son chum pour le beau Mathieu, mais lui il était en couple avec Nadine, fait que là… psss psss psss».  Avoue, tu l’as déjà fait…  Je l’admets, moi aussi.

L’affaire que tu ne sais pas, c’est que Facebook ou autres réseaux sociaux ne te donnent qu’une partie bien restreinte du portrait.  Qui te dit que le fameux Mathieu a vraiment quitté Nadine pour Julie ? Ah oui, une photo, bien évidemment… Une image a beau valoir mille mots, elle ne vaut rien comme la version des deux personnes concernées qui te le disent en vrai, tu me suis?  Autrement dit, à moins que tu demandes face à face à la personne l’objet du potin que tu as entendu ta question pour prendre de ses nouvelles, tu ne sais pas la vérité.   Pis tu sais quoi, ben pire que ça, malgré le fait que tu sois sa meilleure amie depuis toujours, sa cousine préférée, ben si la personne décide de ne pas tout te dire, va falloir que tu vives avec.  Tu auras beau te péter tous les cartoons du monde pis potiner faire part de tes observations avec la moitié de la ville, les seules personnes qui sont concernées et que ça regarde ont le droit de faire ce qu’elles veulent.

Ah toi, tu ne potines pas?  Toi, tu veux sawoir, tu es curieuse, tu es inquiète du sort de la personne?  Alors, va droit au but, va voir ta chum, demande-lui comment elle va, si elle a besoin de se confier.  Tu veux savoir pour ton voisin, va droit au but.  Tant que tu restes dans le «y paraît», tu restes dans le potinage et le commérage pur.  Tant que tu n’as pas la version de ou des parties concernées, tu juges, tu ne t’inquiètes pas, tu n’aides personne d’autre que ton ego.  Tu émets ton opinion, tu donnes ta vision comme étant la vérité absolue.

Le pire, c’est que ton «ç’a d’l’air que», pour toi tout à fait anodin, blesse aussi, trop souvent.  T’es-tu déjà fait aborder par un pur inconnu qui a dit : «ah oui, c’est pas toi la fille qui couche avec tout ce qui bouge…» ?  T’es-tu déjà fait dire, en pleine épicerie par l’amie d’une de tes amies pis que tu as vu deux fois dans ta vie : «Heille, y paraît que t’es séparée, pis que là ton ex là ben il est parti avec la fille là…»?  Plaisant non comme façon de se faire aborder par les gens?  Si tu n’as jamais eu à vivre ça, je te l’annonce : c’est l’horreur.  L’horreur de voir que de parfaits étrangers, qui ne te connaissent pas et ne connaissent pas la moitié de l’histoire, te jugent et t’étiquettent.

Toi, dans ta belle vie avec ton monde parfait et ta vie parfaite qui juges et regardes de haut t’inquiètes pour le sort de la planète, réalises-tu que ça ne te regarde aucunement ce que ton voisin ou ta chum fait?  Réalises-tu que si tu étais réellement inquiète pour ta chum ou pour le sort de ton voisin, tu irais leur offrir du soutien en cas de crise au lieu de parler de leur sort dans leur dos?  Réalises-tu que le bonheur de ton voisin et avec qui ta chum couche, ça ne te regarde d’aucune façon?  Réalises-tu que quand tu lances un «y paraît», tes mots sont comme des roches que tu lances sur quelqu’un?  Toi qui commences souvent ton discours par «y paraît», apprends à te la fermer… Parce que «y paraît» que quand tu craches en l’air, ça te revient sur le nez…

La p'tite mère
LA P'TITE MÈRE

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