Je n’en peux plus

depressed woman

Je n’en peux plus. Je n’en peux plus de me lever chaque matin. Je n’en peux plus de remplir le paquet de responsabilités qui m’incombent. Je n’en peux plus de répondre aux besoins de l’un et aux demandes de l’autre. Celles des enfants. Celles de mon boss. Celles de mon chum. J’en ai par-dessus la tête d’être stressée et d’avoir le cerveau qui roule en permanence sans jamais faire de pause, pas même la nuit.

La seule chose à laquelle je rêve depuis un bon moment est de disparaître sur une île déserte loin du monde, de leurs attentes et de leurs besoins pour une période indéfinie. Le temps de mesurer toute la richesse du doux son du silence. Le temps de me rencentrer, de me rappeler que j’existe sous cet amas de tâches et de devoirs qui m’étouffent. Le temps de me rappeler que j’ai le droit d’avoir des émotions, des besoins et des limites.

J’adore ma famille autant que mon travail mais alors que tout semblait sous contrôle et que j’étais loin de l’avoir venu venir, j’ai l’impression d’avoir été submergée par un raz-de-marée et de devoir maintenant lutter en permanence pour rester à la surface sans jamais me laisser couler, ne serait-ce que l’espace de quelques minutes, parce que je dois être forte. Au nom de la maternité. Au nom de mon couple. Au nom de ma carrière. Alors que tout ce que j’aurais envie de faire est de lâcher prise et de laisser mon corps sombrer dans les profondeurs, le temps d’en respirer le calme. Le temps d’admettre que je suis vulnérable. Le temps d’admettre qu’il m’arrive de ne pas y arriver toute seule. Le temps d’accepter que personne n’est infaillible. Même pas moi.

Mais je reste là. Fière. Droite. Avec ma face de plâtre, mon sourire et toute cette belle confiance que je transpire faussement à des kilomètres à la ronde alors que je croule sous la pression de l’insécurité, de la fatigue et ce besoin viscéral que le temps s’arrête. Un peu.

Je voudrais craquer et me déverser de toutes ces larmes qui bloquent ma gorge et brouillent ma vue mais je n’y arrive pas et je maintiens le cap. Sans jamais fléchir. Sans mettre le genou à terre. Sans lever le drapeau blanc.

Et je n’en peux plus.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

10 thoughts on “Je n’en peux plus

  1. Kathleen brunelle Répondre

    J ai lâcher prise….oui oui moi la fille forte!! Et tu sais quoi? Il était temps…Je fonctionnais a l adrénaline! Je suis en arrêt depuis 4 mois le temps de reprendre des forces!! Mais j apprend…j apprend a ne plus faire les mêmes erreurs, a restructurer ma vie autant familiale que professionnelle!! Lâche prise ma grande..min en sort plus forte encore!!

  2. Véro Répondre

    C’est comme si j’avais ecrit ce texte! Il y a un cote rassurant de constater qu’on est pas la seule a vivre cela…

  3. Josee Répondre

    OMG !! Tellement et quand, à cela, s’ajoute la maladie que l’on doit cacher et combattre chaque jour, la tâche devient vraiment ardue. Avoir besoin d’aide est si difficile à accepter, à demander pour certaines d’entre nous.
    Merci pour ces mots…

  4. Valérie Tanguay Répondre

    Tu n’est pas seule dans tout cela, va te chercher de l’aide, et parles en à ton entourage. Il n’y a pas de honte à ne pas être Wonder Maman, Wonder woman,etc. Ton texte est beau. Lâche pas.

  5. YEDH EUREKA NICOLAS Répondre

    OMG !!! C’est moi. Maintenant. J’ai l’impression de me lire tellement c’est criant de vérité. Personne n’est en mesure de comprendre ce que je vis. J’ai juste envie de disparaître, mais pour aller où ?? Mes enfants ont besoin de moi, mon mari a besoin de moi, ma famille aussi… Mais personne pense à moi. 🙁

  6. Julie Répondre

    Tellement, tellement vrai!!! Je vis la même chose… Je suis là pour tout le monde, mais personne ne comprend ce que je vis chaque jour… Merci pour ce beau texte!
    On devrait se partir un groupe de soutien, comme les AA!

  7. stephanie matteau Répondre

    bravo pour le courage de l’admettre car du courage faut en avoir pour faire les constations que tu as fait. je suis passée par la , mais mon courage je l’ai trouver trop tard, mon corps et mon cerveau on décidée que c’était assez… j’ai été en arrêt de travail 2 ans, très dur moment a passer mais au combien nécessaire…. j’ai appris a me connaitre , les limites que je dois m’imposer , les droits que j’ai et aussi les besoins… parle a des personnes de confiances , et va te chercher de l’aide , tu en sera plus forte et tu sera un excellent exemple pour tes enfants (si tu as besoin d’une raison pour ne pas te sentir coupable ), . bonne chance , continue d’avancée a ton rythme tu en vaux vraiment la peine . bizou

  8. Véro Répondre

    Merci! C’est aussi ce que je vis. Je suis soulagé de voir que je ne suis pas seule. Moi j’ai frappé mon mur, après plus de 1 an de stress intense a devoir être forte pour mon conjoint malade et mes enfants, je dois réapprendre a ne pas vivre en état d’urgence. On est toute des wonders womens, il faut juste pouvoir rechargé nos batteries parfois! 😉

  9. Louise Bilodeau Répondre

    S’il te plaît d’essayer de prendre soin de Toi en prenant un temps pour toi tu es si importante pour beaucoup de gens autour de Toi. Si je peu t’aider en quoi que ce soit, laisses le moi savoir s’il te plaît.

  10. Myriam Répondre

    Le lâcher prise… Si difficile à faire mais salutaire. N’attends pas de craquer, laisse le conjoint et les enfants faire leur part Personne ne t’oblige à en prendre autant sur tes épaules, Wonder Woman est un personnage de fiction, on n’est pas obligé de l’être. Après 20 ans de vie commune, 3 enfants en 3 ans et un mari qui n’aidait pas, je suis partie sur mon île déserte. Les enfants y viennent 2 semaines par mois . C’est petit mais j’y suis la reine et j’ai retrouvé le bonheur, mon sourire et ma joie de vivre.

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