Entre mères

women fight

Elle est passée où la belle solidarité entre mamans?

Bon, je sais ben que depuis que le monde est monde que les mamans se jugent, mais je pense que nous venons d’atteindre un triste sommet en termes d’intolérance et de critiques à la gâchette rapide.

La simple mention de tout ce qui touche de près ou de loin la maternité déclenche un tollé de commentaires disgracieux.  Tu doutes?  Regarde ben ça, mais avant, laisse-moi m’enfermer à double tour dans mon bunker parce que je vais lancer pas une, mais plein de bombes mamanatomiques

LAIT MATERNISÉ.  ALLAITEMENT.  COUCHES JETABLES. COUCHES LAVABLES. BÉBÉ QU’ON LAISSE PLEURER UN PEU OU PAS.  CODODO. (Ouf, bon ok ça suffit, il y en a plein d’autres, mais si je continue je vais devoir demander un changement d’identité au FBI et ça fait deux fois qu’ils me sauvent la peau.)

Bon là avant de partir toutes les deux sur nos petites dérapes de «oui, mais ça n’a pas de sens, quelle mère épouvantable tu es» en s’accusant à qui mieux mieux d’être une mère nonchalante ou une mère trop protectrice, regardons les faits.  Tu es maman, je suis maman.  Ton enfant est le plus adorable et le plus mignon et devine quoi, mon enfant est aussi le plus adorable et le plus mignon.  Même rôle dans la société : faire de notre petit, un enfant épanoui et éventuellement un adulte épanoui.  Ne nous le cachons pas, nous faisons quand même une maudite bonne job.  Combien de couches avons-nous changées, toi et moi, chacune de notre bord, vivant le même quotidien de maman?

Perdues toutes les deux dans nos montagnes de lavage, cernées de ne pas avoir dormi parce que Bébé fait ses dents, assises au travers des jouets éparpillés dans notre salon, nous étions unies par la cause : faire pousser un petit être humain pour en faire un adulte de demain.

Où s’est perdue notre belle solidarité maternelle, chère collègue? Pourquoi devons-nous nous méfier l’une de l’autre?  Pourquoi avons-nous le besoin d’imposer notre vérité à l’autre?  Tu aimes le vert, j’aime le bleu, ma voisine aime le jaune, ta cousine aime le rouge, la mienne aime le jaune et si au lieu d’en faire un mélange brun merde d’insultes, on en faisait un arc-en-ciel de soutien?

Pourquoi sentons-nous le besoin de porter un jugement à partir d’une photo, d’un mot, d’une situation?  Depuis quand sommes-nous devenues des gardiennes de la Vérité maternelle?  Depuis quand avons-nous senti le besoin de nous crier une et l’autre que nous étions en train de ruiner la vie de nos enfants parce que nous ne partagions pas la même approche?  Depuis quand une mère qui regarde son cell ou qui lit son livre au parc pendant que ses enfants s’amusent est devenue la-pire-des-mères-insouciantes-du-danger-de-kidnapping-qui-guette-son-enfant?  Depuis quand une mère qui console son bébé qui pleure est devenue une freek-qui-accourt-trop-vite-à-son-bébé-et-qui-veut-jouer-à-la-maman-parfaite?

Merde fille, nous nous sommes perdues de vue solide là…  Sérieusement, nous sommes d’excellentes mères, des fois totalement opposées dans nos approches, mais unies dans un même but : que nos enfants soient épanouis.  Unissons nos forces (le peu qu’il nous reste après des mois, voire des années de sommeil déficient) au lieu de se battre une contre l’autre pour savoir qui détient la vérité.

La job de mère (bon ok je sais c’est pas une job, j’ai juste pas d’autre mot, ne me lance pas de roche), donc je disais le métier de maman, c’est la plus belle job du monde, c’est aussi le plus difficile parfois parce que nous doutons, nous souffrons, nous aimons, nous rions, nous consolons, nous nous jugeons nous-mêmes (t’sais, la belle auto-flagellation d’avoir pas fait, pas assez fait ceci ou cela…) Pourquoi nous nous mettons autant de pression?

Nous allons donc nous promettre une chose toi et moi, sœur dans la maternité : la prochaine fois que nous allons nous voir, au lieu de se lancer des regards assassins et accusateurs de maltraitance infantile, nous allons nous encourager.  Oui oui, notre défi, à toi et à moi, c’est de dire quelque chose de gentil (et sincère) à quelqu’un qui n’agit pas exactement comme nous aurions agi (je ne te parle pas d’enfant battu, ça, appelle la police pis oui tu peux même intervenir drette-là!).  Lançons des fleurs à une maman différente de nous, juste pour voir si nous pouvons renverser la vapeur…

Je me lance : toi qui cododotes, je te lève bien haut mon chapeau, tu as une patience d’ange pour dormir avec de petits pieds gigoteurs à tes côtés.

La p'tite mère
LA P'TITE MÈRE

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