J’ai eu mon enfant jeune, ouin pis ?

young mother back with baby

Je fais partie de celles ayant connu le monde de la maternité rapidement. Lorsque j’ai eu mon premier enfant, je ne correspondais pas aux normes dites normales de la société. Celle stipulant que l’âge moyen pour commencer à enfanter tourne autour des trente ans. En dérogeant de cette normalité, on est évidemment confrontées à plusieurs questions et commentaires douteux. Commentaires que je juge, tout comme plusieurs autres jeunes mamans, nécessaire de clarifier dès aujourd’hui.

Est-ce que c’était un accident ?

Ici, je me suis souvent demandé si le terme accident est à prendre au sens propre ou au sens figuré. C’est sûr que t’as le droit de trouver que de faire trois-quatre tonneaux à 140km/heure sur l’autoroute se rapproche étrangement d’un ovule fécondé par un spermatozoïde. Chacun a droit à sa propre vision des choses, dans le fond. Mais je me demande tout de même pourquoi, lorsqu’une femme tombe enceinte tôt, ça doit inévitablement être un accident. Il se peut que certains facteurs entrent en ligne de compte et fassent en sorte que cette grossesse soit amplement désirée. Par exemple, l’envie d’avoir un enfant.

Tu n’as pas pu profiter de ta jeunesse !

Profiter de sa jeunesse. Qu’est-ce que c’est censé être ? Si par là, tu sous-entends l’importance de sortir dans les bars jusqu’aux petites heures du matin et d’en revenir d’un pas chancelant parce que l’alcool a eu raison de toi. Si par là, tu sous-entends de te coucher tard le soir et dormir jusqu’au dîner le lendemain suivant. Si pars là, tu sous-entends de rencontrer de beaux garçons qui permettent de découvrir la différence entre l’amour et la sexualité. Alors oui, j’ai pu profiter de ma jeunesse. Peut-être même que, malgré mon rôle de maman, il m’arrive encore d’en profiter aujourd’hui. La différence est que tout est une question de priorités et que le temps de mes trips de jeunesse n’a pas été ce que j’ai considéré comme étant le plus essentiel à mon bonheur. Dans le fond, profiter de sa jeunesse, c’est propre à chacun.

Tu ne pourras jamais finir tes études !

Comment on dit ça déjà ? Ah oui ! Quand on veut, on peut. J’ai repris les études quelque temps après la naissance de mon enfant. Imagine-toi donc que j’étais même entourée de plusieurs mamans et papas de ma génération. Certes j’ai travaillé d’arrache-pied, j’ai carburé au café et manqué de sommeil plusieurs années d’affilée. Il m’est même arrivé de pleurer parce que je ne pensais pas en venir à bout, mais j’y suis arrivée. J’ai pris en considération le fait que mon enfant, ma priorité, ne devait manquer de rien. Que je devais être pour lui un modèle de persévérance. Et avec ce retour aux études, j’ai même eu la chance de semer inconsciemment en lui, l’importance et le goût d’apprendre et d’étudier.

Tu n’es sûrement plus avec le père?

Ben non, je ne suis plus avec le père de mon enfant. Non pas parce que j’ai été une jeune mère insouciante, mais parce que l’amour entre nous deux s’est éteint et que nous avons préféré continuer sur des chemins différents plutôt que d’infliger à notre enfant nos disputes et notre relation amoureuse désormais malheureuse. Nous ne sommes peut-être plus un couple, mais nous sommes encore une famille, qui communique et qui avance ensemble pour le bien de notre enfant. Que tu aies vingt ans ou trente , existe-t-il vraiment une famille à l’abri d’une séparation?

Tu n’aurais pas dû pas attendre d’être plus à l’aise financièrement ?

Je ne veux pas être plate, mais si tout le monde attendait d’être aisé financièrement pour faire des enfants, la race humaine serait aujourd’hui en voie d’extinction. Ben oui, ça coûte cher un enfant. Tu ne peux pas (à ta grande déception) le nourrir de Kraft Dinner à chaque repas ou lui mettre la même paire de bottes chaque hiver, au risque d’y voir les orteils dépasser. Mais quand on y pense, ailleurs dans le monde ou dans le temps de nos grands-parents, est-ce l’argent qui permet d’élever et d’aimer ses enfants ? Dans la société de finances dans laquelle nous vivons aujourd’hui, au travers des dettes et des  dépenses excessives, ça sous-entendrait pratiquement que personne ne devrait faire d’enfant avant sa retraite. Et encore là…

Dans le fond, avoir ses enfants jeune ne devrait pas être jugé négativement. Je pense qu’une jeune femme qui choisit volontairement de devenir maman possède simplement un grand don de soi et une envie de devenir mère, peu importe les embûches qu’elle pourra rencontrer. Pis, dans le fond, que l’on ait vingt, trente ou quarante ans, l’âge définit-il réellement les compétences d’une bonne maman ?

Catherine Vignola
CATHERINE VIGNOLA

Une réflexion sur “J’ai eu mon enfant jeune, ouin pis ?

  1. Sophie Répondre

    J’ai adorée ! Je suis maman de 4 enfants et j’ai eue ma fille a 19 ans. Elle est aujourd’hui agé de 18 ans et mon petit dernier de 6 ans. Je n’ai pas de grosse job, ni d’aisance financière même si on se débrouille très bien malgré tout. Je popote beaucoup voilà tout. Je me suis fait longtemps regarder de travers mais je suis fière de ma petite tribu. Mes enfants manque de rien, réussisent bien a l’école, j’ai de bon enfant j’ai beaucoup de chance. Pour ma part je suis toujours avec leur père depuis maintenant 20 ans…. nous nous sommes d’ailleur mariés cette été ! Comme quoi les préjugées sont très souvent infondé !!!

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