Je vieillis, je le sais

mother with kid playing outside

Je vieillis, je le sais. Les ridules se multiplient autour de mes yeux à la même vitesse que mes cheveux blancs, m’obligeant à renforcer les liens avec ma coiffeuse. Je ne peux plus fêter sans le regretter de lendemain matin. J’ai commencé à avoir froid en plein été, j’aime les doudous et quand je reste assise trop longtemps par terre avec les enfants, le lever est parfois pénible.

Je vieillis parce que je m’endors sur mes émissions et  je bois des affaires de grands comme le thérapeutique verre de vin du jeudi soir ou le tonifiant café pour survivre aux matins où mes yeux ne peuvent tolérer le soleil.

Je vieillis parce que je ne pense plus autant aux cinq à sept, mais de plus en plus à coller mon homme devant un feuilleton. J’achète du matériel scolaire et ma voiture ressemble à celle de ma mère.

Je vieillis parce que j’espère toujours pouvoir faire une sieste et je m’habille en mou autant que faire se peut. Je croule sous les rendez-vous que je peine à me rappeler et quand je vais magasiner pour moi je reviens presque toujours exclusivement avec des choses pour les enfants.

Mon corps et ma tête n’entretiennent plus les mêmes rêves de grandeur, mais lorsque mon regard se pose sur mes enfants, les étoiles qui semblaient avoir quitté mes yeux se mettent à briller à nouveau, mon sourire s’élargit et tout mon être se tend vers ces petits bonheurs sur deux pattes.

Je n’ai qu’à les entendre rire pour que mon cœur se réchauffe. Je n’ai qu’à entendre leurs cris d’émerveillement pour qu’en moi vibre à nouveau l’enfant. Je n’ai besoin que d’eux pour me reconnecter avec cette partie éternellement jeune qui brûle en moi depuis qu’ils font partie de ma vie.

Je vieillis, mais mon âme et mon cœur, au contact de mes enfants, subissent la contagion et profitent d’une cure de jouvence et je me sens éternelle, même quand j’arrache un cheveu blanc ou maquille mes ridules.

Mon coeur ne perd rien de sa force malgré le temps qui file;  il bat la mesure au son mélodieux de leur existence.

Je vieillis et je m’en fous, parce qu’ils sont là et même s’ils vieillissent peu à peu à leur tour, je savoure la vie avec eux comme si rien ne finissait jamais. Comme si nous avions l’éternité devant nous.

Un jour, ma vie arrivera au bout de son fil et ce jour-là, je serai encore, et jusqu’au dernier souffle, béate et émerveillée par ces petites créations qui sont au fond un peu moi. Mon corps abandonnera, mais mon cœur ,accroché au leur, lui, sera immortel.

 

Cyntia Dubé
CYNTIA DUBÉ

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