Lettre à toi, la maman qui court

stressed mother cooking with baby and phone

Je te vois aller, toi la maman qui court, pis j’ai eu envie de t’écrire.

Je te vois te lever tous les matins, souvent trop tôt, pour préparer la marmaille pour la garderie ou l’école. Je te vois brosser tes dents en même temps que tu fais une lulu sur la tête de la plus jeune. Je te vois préparer les lunchs avec soin, en faisant bien attention de leur mettre un repas équilibré, une collation santé pis un dessert pas-trop-sucré. Je te vois ensuite pitcher un vieux restant d’il y a trois jours dans ta propre boîte à lunch; ça va faire la job.

Je te vois négocier, motiver, lever le ton une p’tite affaire pour que tout ce beau monde-là s’enfile dans l’auto au plus vite parce que vous prenez du retard sur l’horaire. Je te vois attacher tout le monde dans son siège d’auto — même ta deuzans qui-est-capable-toute-seule et que tu aides sans même sourciller un peu. Je te vois prendre un grand respire avant d’ouvrir la portière du côté conducteur et de t’asseoir enfin au volant, en te disant qu’il est bien tôt encore pour être déjà brûlée.

Je te vois courir en fou toute la journée au bureau. Je te vois te fendre en quatre pour ton boss, pour ta job, pour être reconnue pour autre chose que tes capacités parentales. Pis tu réussis plutôt bien! Tu te permets un petit break pour dîner, où là tu redeviens un peu la maman de tes p’tits en racontant leurs dernières prouesses à tes collègues de travail pendant l’heure de lunch.

Je te vois te dépêcher de tout fermer à 5h00, parce que la garderie ferme à 5h30 pis qu’encore une fois, ton enfant sera le dernier parti. T’arrives à 5h29, la broue dans le toupet encore, avec l’éducatrice qui te fait un petit sourire mi-compatissant, mi-réprobateur. Je te vois refaire la même routine que le matin : embarque, attache, soupire, rembarque.

Je te vois courir toute la journée, pour satisfaire tout le monde; pour te satisfaire toi aussi, au fond. Parce que tu veux tout : la famille, la job, la vie sociale, les loisirs. Pis ça ben, ça vient avec un rush, une obligation de tout faire rouler à spin si tu veux rentabiliser autant que possible les vingt-quatre heures de ta journée!

Mais ce que je vois, c’est que oui, tu soupires des fois, pis oui, t’es cernée un peu aussi. Mais je te vois surtout être contente d’accomplir tout ça, même si c’est pas parfait, même si des fois tu pognes les nerfs ou que tu pleures un peu. T’es fière de mener tout ça à bout de bras, pis tu le fais parce que c’est ce que t’as choisi de faire.

Donc sache que je te vois, toi la maman qui court; je les vois, moi, tous les efforts que du déploies.

Pis je te lève mon chapeau bien haut.

 

Audrey Gauthier
AUDREY GAUTHIER

3 thoughts on “Lettre à toi, la maman qui court

  1. Sophie Répondre

    Merci pour ce beau texte

  2. Lysiane Répondre

    Ça ne ressemble, merci xx

  3. Lysiane Répondre

    *ME 😉

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