À toi, la maman pessimiste

upset woman

Ma chère maman,

Je te connais : tu vois tout le temps le verre à moitié vide. Tu es persuadée que l’herbe est plus verte chez le voisin. Tu ne peux pas t’empêcher de voir le négatif au lieu du positif. Tu te plains ouvertement (lire ici « chialer ») quand il y a quelque chose qui te déplaît ou qui est difficile. Y’a pas à dire, malgré les apparences, c’est épuisant, être pessimiste.

Tu te décourages facilement. Tu ne peux t’empêcher de voir ou d’imaginer tous les obstacles qui risquent de se présenter sur ton chemin lorsque tu dois faire face à une nouvelle situation. Tu te sens plus ou moins à la hauteur et tu as besoin d’une petite claque dans le dos pour t’encourager à poursuivre ta route.

Tu as en horreur les dictons du genre : « Quand la vie t’envoie des citrons, fais-en de la limonade » ou encore le très classique : « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Parce que tu crois dur comme fer que tu es victime de la vie et que tu n’as que peu de contrôle sur les événements. Alors tu vis avec une peur constante au ventre qu’un malheur arrive.

Parfois, tu gardes tes craintes et tes frustrations bien enfouies au fond de toi. Le temps d’arriver à la maison. Alors malheureusement, ce sont les personnes que tu aimes le plus qui écopent : ta famille. Ils t’entendent déverser ton trop-plein d’amertume sur eux. Tu es impatiente, tu racontes ton horrible journée dans les moindres détails. Étrangement, tu te sens mieux par après, comme si le fait d’avoir vidé ton sac t’aide à extérioriser tes émotions négatives.

Malgré le fait que tu adores tes enfants, tu trouves la maternité très difficile. En te préoccupant davantage du négatif plutôt que du positif, tu ne profites aucunement du moment présent avec tes enfants. La route de la parentalité t’apparaît comme un chemin interminable, entrecoupé de disputes entre frères et sœurs, de nuits sans sommeil et de maladies de toutes sortes. Tu ne réalises pas que le temps passe et que bientôt tes enfants voleront de leurs propres ailes. Le temps passé à se plaindre ne peut pas être récupéré.

N’ayons pas peur des mots : parfois, tu me tapes sur les nerfs, et royalement. Par contre, je sais bien que pour toi aussi, ce n’est pas évident. Derrière ta façade pessimiste se cache un cœur qui bat au même rythme que celui de tes enfants. Tu aimes ta famille de tout ton cœur et tu te dévoues sans compter pour eux. Verbaliser tes émotions te donne la force d’avancer. Et malgré tout, ça fait du bien de se plaindre une fois de temps en temps. Je le sais : je suis aussi une pessimiste.

Mélina Morin
MÉLINA MORIN

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