À toi, la mère qui aime l’automne

mother and kid play outside fall

Toi, la fille qui aime l’automne, on te malmène souvent parce que ta saison préférée, c’est celle qui arrive juste après l’été pis l’été, quand tu vis au Québec, c’est pas long, c’est attendu de pied ferme depuis au moins le mois de mars qui le précède; ça fait que c’est plus qu’apprécié et la majorité de tes concitoyens ne veulent pas le voir partir! Ça fait qu’en plein mois d’août, quand tu dis à tes chums que toi, t’en as fait le tour de l’été pis que t’as hâte que l’automne arrive ben, ta cote de popularité se voit grandement compromise, voire diminuée.

Mais qu’est-ce que tu veux bien que je te dise, t’aimes ça l’automne toi, tu trouves ça beau, pis ça sent bon.  L’odeur de la terre mouillée mélangée à celle du feu et des feuilles mortes ben, toi ça te fait ben de l’effet, tu capotes là-dessus!  Habituellement, tu commences à rêvasser de feuilles rouges et de ces odeurs rassurantes vers la mi ou la fin août, période durant laquelle l’humain moyen, lui, braille sa vie en voyant la fin des beaux jours où la grosse boule jaune nous gratifie de sa chaleureuse présence arriver! Tu auras beau lui dire qu’il y a de superbes journées ensoleillées en octobre et que ça peut être sympa de se balader dans les bois avec une p’tite laine pis un café chaud (dans une thermos bien entendu), rien n’y fait, tu as assurément l’air de la folle marginale que rebute la joie parce que oui, dans la tête d’à peu près tout le monde, été va de pair avec joie et automne avec pluie et par association, tristesse et déprime saisonnière.

Mais toi, ma belle folle de l’automne, tu adores ça le mois d’octobre; t’es même prête à extensionner ton amour à novembre aussi (t’as un grand coeur, t’sais), ce pauvre novembre tout gris et souvent bien mal compris.  Toi, tu y vois la chaleur que t’offre ta maison douillette en rentrant le soir ou après une ride en forêt pis que tu as le petit bout du nez froid.  Une grande vague de chaleur et de confort s’empare de toi quand, à peine rentrée dans ton logis, tu mets tes gros bas chauds pis l’épais tricot que ta tante Jocelyne t’a offert au dernier Noël. Cette maison sombre que tu éclaires avec des bougies (ok, des lumières aussi là, on est pu en 1830, t’sais) qui rendent la pièce chaleureuse, joyeuse même.  Cette maison qui abrite tes petits humains ainsi que tes proches et qui les protège des vents qui soufflent dehors.  Les deux pieds accotés sur ton pouf, tu regardes ton feu de foyer danser tranquillement et, ton verre de vin en main, tu te sens bien, enveloppée et en sécurité.

T’aimes ça toi, t’installer à 16h30 dans ton salon avec tes petits sous une immense et lourde couverture et pas avoir le goût de te lever pour faire le souper tellement t’es bien.  T’aurais envie de rester là à regarder les magnifiques feuilles aux couleurs de feu tomber doucement dehors, mais ça c’est évidement dans ta tête parce que les enfants, que toi pis ta douce moitié avez eus, te ramènent rapidement à la réalité, la vie étant ainsi faite.  Toi, ma belle folle de l’automne, t’adores prendre de grandes respirations dans le cou et les joues de tes petits qui rentrent de l’extérieur.  Leurs petites joues froides qui sentent légèrement le feu te donnent assurément un sentiment du devoir accompli. C’est comme ça, ils ont respiré du bon air, ont joué dehors et maintenant, tu les réchauffes… c’est-tu pas assez fantastique ça pour un coeur de maman?! Oui, non…?!  C’est que toi, vois-tu, les odeurs de l’automne te rassurent, te réconfortent et, oui, mes amis trippeux de l’été, te rendent joyeuse!

Pis toi, ma belle fille d’automne, malgré que tu feignes un peu le contraire devant tes pairs, c’est pas un supplice pour toi d’aller aux pommes; t’aimes ça aller cueillir des belles pommes croquantes et regarder tes enfants en manger presque autant qu’ils en mettent dans leur sac.  Tu prends, chaque année, au grand désespoir de ton homme, et probablement, non, certainement, aussi de tes enfants, quatorze mille photos parce que, comment je t’expliquerais ben ça… toi, un verger ben, tu trouves ça ben ben beau, en fait, presque aussi beau que ta nouvelle sacoche Coach… Ok peut-être pas quand même là, faudrait pas virer fous non plus, mais, au moins aussi beau qu’une plage dans le sud, t’sais!

Mais en attendant de ranger définitivement tes vêtement d’été pour faire place à ton stock de p’tites laines, ben console-toi en te disant que toutes les saisons sont bonnes pour créer de la chaleur et des rapprochements avec ceux que tu aimes et que de toute façon, il va sûrement faire cinq ou six degrés en quelque part dans les prochaines semaines, parce que c’est aussi ça, vivre au Québec.

Isabel Lepage
ISABEL LEPAGE

Une réflexion sur “À toi, la mère qui aime l’automne

  1. melanie vaillancourt Répondre

    Juste un mot tellement moi

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