J’ai l’humeur bipolaire depuis que je suis mère

overwhelmed mother

Mes chers enfants,

Depuis que vous faites partie de ma vie, je passe par des montagnes russes d’émotions. Pis moi qui suis pas trop trop du type manège-de-haute-voltige, ben disons que j’ai le haut-le-cœur facile depuis que j’ai mis bas. Ne vous y méprenez pas, mes bébés, maman vous aime plus que tout au  monde. Par contre, à plusieurs certains moments, je vendrais mon âme pour me retrouver toute seule, loin de vous, mes chéris. C’est simple : j’ai l’humeur bipolaire depuis que je suis mère.

Quand je pense aux doux moments de vos naissances, à ces minutes de plénitude où vos regards ont croisé le mien pour la toute première fois, mon cœur s’emplit d’un bonheur si immense que je ne peux imaginer ma vie sans vous. Lorsque votre fragilité a rencontré ma vulnérabilité de nouvelle maman, j’ai eu le coup de foudre pour vos petits êtres en devenir. Dès les premières secondes, je ne pouvais plus imaginer mon existence sans la vôtre. Ce fut un sentiment profond et magnifique.

Par contre, aujourd’hui, lorsque je croise vos regards narquois, à la fois moqueurs et machiavéliques, j’aimerais pouvoir plier bagages et tourner la poignée de porte sans regarder derrière. Quand vous manigancez vos tours pendables, quand vous vous chamaillez et que vous criez comme si votre vie en dépendait (surtout à 6h00 du matin),  votre maman a souvent le goût de démissionner, de faire ses valises et d’acheter un billet one-way pour une destination lointaine et sereine.

Quand je songe à vos petites victoires, que ce soit vos premiers sourires, vos premiers pas, vos œuvres d’art parfois abstraites, chaque étape franchie me remplit d’une fierté immense. Chacune de vos réussites, aussi petites soient-elles, sont en quelque sorte ma paye pour mon travail de maman. La grande joie qui remplit votre petit cœur, cette vague de chaleur qui transcende votre corps, je la ressens autant (sinon plus!) que vous. Vous êtes, mes enfants chéris, ma plus grande fierté.

Par contre, lorsque j’ai passé une demi-éternité à vous concocter le meilleur repas du monde, que j’y ai mis toute mon énergie et mon amour, que j’anticipe votre bouille reconnaissante… et que tout ce que je récolte sont des faces de carême et des protestations de déception, j’ai envie de fermer les fourneaux pour la prochaine décennie. Lorsque nous nous immisçons dans la société, avec ses belles manières et sa faible tolérance envers autrui, que je m’attends à de belles démonstrations de savoir-vivre de votre part… et que tout ce qui s’offre à moi sont des enfants du Neandertal allergiques aux mercis et aux s’il vous plaît, qui ne semblent pas reconnaître les ustensiles mis à leur disposition et dont les fesses ont développé une allergie soudaine aux chaises…c’est  plutôt la honte qui m’envahit. Dans ces moments-là, j’aimerais me cacher sous la table. Pour toujours.

Quand nous sommes séparés, ne serait-ce que quelques jours ou même une seule soirée, vous ne quittez jamais mes pensées. Je tente de me recentrer, de vivre mes passions et mes propres intérêts à plein mais je n’y peux rien. Tout me ramène à vous, mes chers enfants. À un moment ou à un autre il y aura une fleur, une couleur, un chant d’oiseau, qui me rappelle un p’tit bonheur vécu avec vous. La vérité est que vous êtes le centre de mon univers, mes bébés.

Et malgré les montagnes russes d’émotions que vous me faites vivre au quotidien, je n’échangerais pas ma job de mère pour n’importe quelle autre.

Jamais.

Votre maman qui vous aime

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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