5 phrases que les vieilles-jeunes mères ne sont plus capables d’entendre

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T’as eu tes enfants « tard » (on ne s’entendra pas sur la définition de tard… ça semble être bien relatif à chacun… Y’en a pour qui quarante c’est tard, d’autres pour qui vingt-cinq l’est…) et, bien malgré toi, tu as droit à ton lot de commentaires de tout un chacun. Voici donc les cinq phrases que les vieilles-jeunes mères ne sont plus capables d’entendre.

#1  « Ben là, t’aurais pas pu les avoir avant ? On dirait que c’est la mode les avoir tard. »

Sûrement. Peut-être. Je ne sais pas. Je ne pense pas. Si j’ai eu mes enfants tard, c’est probablement parce que je n’étais pas prête avant. Parce que les éléments de la vie ne me le permettaient pas. Pis je doute que ce soit une mode. Informe-toi un peu. On finit ses études plus tard, on se met en couple plus tard, on se sépare et on rencontre la perle rare plus tard. Possible aussi qu’on veuille profiter de sa jeunesse plus qu’avant. Y’a personne qui choisit d’avoir des enfants tard pour le fun… Et pour la petite histoire, ma grand-mère a eu son dernier enfant à trente-huit ans en 1952… Fait que si je me fie à ton raisonnement, c’est une mode qui dure depuis soixante-cinq ans au moins.

#2  « Cool, tu vas pouvoir passer du temps avec eux quand tu vas être à la retraite! » 

Ouais. C’est sûr. Quand je vais avoir cinquante-cinq ans, je vais avoir des enfants qui commenceront leurs études supérieures (ou qui débuteront tout juste à être sur le marché du travail). Dans un cas comme dans l’autre, je vais vouloir leur donner un coup de pouce, être là pour eux… Fait que liberté cinquante-cinq, on oublie ça. Je vais passer du temps avec eux, mais je n’attendrai pas la retraite pour ça.  Pis ça devrait s’appliquer à tous ça. Passer du temps avec tes enfants, c’est comme la base… que tu les aies à vingt-deux ou quarante ans.

#3  « Es-tu consciente qu’ils vont être jeunes quand tu vas mourir? »

Pour vrai ? Ah ben. J’avais pas fait le calcul, t’sais.  J’y pense souvent. TOUS LES JOURS. Oui, je le sais. Pis quand je les regarde grouillants de santé et d’énergie, ça me fait peur. Je ne veux pas partir trop vite. Je ne veux pas que la présence de leur maman leur manque. Je veux les voir grandir. Je veux être là quand ils auront besoin de moi. Quand ils seront fiers d’eux. Quand ils auront de la peine. Quand ils auront leurs enfants. Fait que tu sais quoi ? C’est grâce à cette peur viscérale que je prends soin de moi. Que je fais de l’exercice. Que je mange bien. Je veux être là pour eux. Le plus longtemps possible.

#4  « Ça va te faire quelqu’un pour s’occuper de toi quand tu vas être vieille. »

Ben oui. Ça sert à ça des enfants d’abord. Et en passant, je les aurais eus à vingt-cinq ans que tu aurais pu me dire exactement la même chose. Si tu veux quelqu’un qui prenne soin de toi quand tu es vieux, tu te mets de l’argent de côté pis tu engages quelqu’un. Tu ne fais pas des enfants.

#5  « Y’a rien là, trente-huit, c’est le nouveau vingt-huit! »

Euh non. Pas du tout. Niet. À vingt-huit ans, j’étais capable de sortir avec mes amies, de boire, de dormir trois heures et d’aller travailler fraîche et dispose le lendemain matin. À trente-huit, j’ai de la misère à me lever quand mes bébés se sont réveillés la nuit. Mon corps est plus usé. Mon rythme est plus lent. Boire du café n’est plus une option, c’est une obligation. Trente-huit ans, c’est dix ans de plus que vingt-huit. Trente-huit ans, c’est proche de quarante. À trente-huit ans, j’ai deux bébés de moins de quinze mois pis oui, je me trouve vieille. Oui, par bouts j’ai la chienne. Oui, je me pose des questions que je ne me serais pas posées à vingt-huit. Mais à vingt-huit ans, je revenais à la maison pis j’étais accueillie par un divan pis un set de cuisine. À trente-huit, je reviens et j’ai droit à des sourires, des bisous, des câlins et des éclats de rire.

Y’a rien pour remplacer ça.

Édith Deschambault
ÉDITH DESCHAMBAULT

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